Valls en Espagne, une tournée financée par des entreprises

Par et Begoña P. Ramírez

Un lobby patronal espagnol a sollicité des entreprises de l’IBEX 35, l’équivalent du CAC 40 en Espagne, pour couvrir les frais des conférences que l’ex-premier ministre français Manuel Valls a données cette semaine en Espagne, et dans lesquelles il dénonce les risques posés par l’indépendantisme catalan.

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Le Cercle des entrepreneurs, un lobby patronal espagnol, a sollicité plusieurs entreprises membres de l’IBEX 35 (l’équivalent du CAC 40 en Espagne) pour couvrir les frais des conférences que l’ex-premier ministre français Manuel Valls a données tout au long de cette semaine, à Madrid et à Barcelone, et dans lesquelles il s’est montré très critique envers l’indépendantisme catalan.

Le journal en ligne catalan Elnacional.cat, qui a publié l’information mercredi, assure détenir la copie d’un courrier électronique que Jesús Sainz Muñoz, secrétaire général du lobby patronal, a envoyé, mi-novembre, aux responsables de grandes entreprises espagnoles. Dans ce courrier, Sainz Muñoz fait valoir « l’importance extraordinaire » qu’il y a, à ses yeux, à ce que « les citoyens espagnols, et en particulier les Catalans, à l’approche des élections du 21 décembre, connaissent l’opinion [de Manuel Valls] sur l’avenir d’une Catalogne devant faire partie intégrante de l’Espagne ».

L’intéressé en profite pour demander une aide financière visant à couvrir « les coûts du voyage, du dîner du dimanche 10 en compagnie des sponsors et d’un nombre réduit d’invités, ainsi que d’un déjeuner […] au casino de Madrid le lundi 11 ». D’après Elnacional.cat, ces coûts se sont établis à 40 000 euros. Joint par InfoLibre, le Cercle des entrepreneurs s’est refusé à confirmer ou démentir ces informations, comme à préciser quelles entreprises en particulier ont financé la tournée de l’ex-premier ministre.

« Nous avons l’intention de profiter du séjour de Manuel Valls […] pour que ses déclarations connaissent un large écho dans les médias, en particulier en Catalogne », insiste Jesús Sainz Muñoz, dans le même courrier électronique. L’ancien socialiste français, né à Barcelone, a des positions bien arrêtées sur la crise catalane : il condamne l’indépendantisme, qu’il perçoit comme un risque pour l’avenir de l’Europe, et il en appelle également à « un nouveau patriotisme en Espagne » (voir, par exemple, ses entretiens vidéo avec El País et La Vanguardia, ci-dessous).