Les fracassants débuts du nouvel ambassadeur de France en Tunisie

Par et
Un millier de Tunisiens se sont rassemblés samedi devant l'ambassade de France à Tunis pour exiger une nouvelle fois le départ de l'ambassadeur, en poste depuis quatre jours.
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Il voulait ouvrir une «nouvelle page»: pour ses débuts devant la presse,le nouvel ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, a surtout choqué nombre de Tunisiens, en s'en prenant à deux journalistes qui ont osé évoquer les errements de la diplomatie française dans le pays.

Le coup de sang de l'ambassadeur de France en Tunisie © Mediapart

La scène se déroule jeudi, à la résidence de l'ambassadeur de France dans la banlieue huppée de Tunis, à La Marsa. Arrivé mercredi 16 février à Tunis, Boris Boillon reçoit à déjeuner une dizaine de journalistes.

Arabophone, il rend d'abord hommage aux «martyrs» de la révolution, avant de marteler son message sur les nouvelles relations à construire entre les deux pays.Il affirme aussi que la France n'est pas là pour donner des leçons à la Tunisie et qu'elle serait mal placée pour le faire. «La journaliste de l'AFP lui a alors demandé ce qu'il entend par là», raconte un témoin de la scène.

La phrase provoque l'agacement de l'ambassadeur. «N'essayez pas de me faire tomber sur des trucs débiles franchement... vous croyez que j'ai ce niveau là? Vous croyez que moi je suis dans la petite phrase débile?Moi je suis là pour exposer une philosophie», s'emporte-t-il. Personne ne moufte, la conversation reprend.

Jusqu'à la fin de la rencontre. Wassil, une jeune présentatrice de la radio tunisienne Mosaïque FM, prend l'ambassadeur à part pour lui poser quelques questions. «Je lui ai parlé de sa proximité avec Nicolas Sarkozy, de son prédécesseur Pierre Ménat qui n'avait pas vu venir la révolution, et lui ai exprimé les craintes des Tunisiens. Je lui aialors demandé ce qu'il pouvait répondre par rapport à ces craintes. La question ne lui a pas plu, et ça a dérapé.»

Comme le montre la vidéo,Boris Boillon repousse le micro, se lève et coupe court à l'entretien.«Il s'est levé, a dit que mes questions étaient nulles. J'ai été étonnée de sa réaction, d'autant que ma question n'était pas vraiment sensible.» Un quart d'heure après, l'ambassadeur a même rappelé la jeune journaliste.«Il m'a dit qu'il avait été un peu trop agressif», raconte-t-elle. «Ça ne vaut pas la peine d'en faire une histoire, c'était juste une mauvaise interprétation de la question», relativise l'ambassade.

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