Aubry et Hollande parlent (enfin) de la crise de l'euro

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Deux poids lourds des candidats à la primaire socialiste sont montés au créneau, en cette fin de semaine, pour évoquer la crise de la zone euro.

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Deux poids lourds parmi les candidats à la primaire socialiste sont montés au créneau, en cette fin de semaine, pour évoquer la crise de la zone euro. François Hollande a accordé deux entretiens sur le sujet, l'un au Monde du 17 juillet, l'autre au Journal du dimanche. Quant à Martine Aubry, elle a évoqué le dossier lors de son passage au festival d'Avignon samedi.
Ces deux sorties très médiatisées tranchent avec l'indifférence dont fait preuve la grande majorité de classe politique française sur ces questions depuis le déclenchement, au printemps 2010, de la crise de la dette en Europe.
Martine Aubry, qui s'est inquiétée d'un «risque d'explosion de la zone euro», continue de jouer la carte européenne: elle a tenu samedi matin une conférence de presse téléphonique avec 12 autres leaders du parti socialiste européen (PSE), afin de fixer une position officielle avant le sommet européen de jeudi, censé finaliser le deuxième paquet d'aide à la Grèce. Il s'agit aussi de «montrer notre solidarité avec George Papandréou qui affronte les difficultés avec un immense courage», a-t-elle dit.
La stratégie de Martine Aubry se dessine: alors que l'Union européenne est dans l'impasse, en raison, notamment, des désaccords persistants entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, la socialiste met en avant la «solidarité» au sein de sa famille politique en Europe. Manière de faire comprendre que la crise en cours est d'abord politique, et que les chefs d'Etat en poste en sont directement responsables. Elle s'était déjà rendue à Turin, début juillet, pour rencontrer le parti démocrate italien (lire notre article), et avait mis en scène fin juin son rapprochement avec les socio-démocrates allemands du SPD (lire notre article).
Quant à François Hollande, il estime que les chefs d'Etat, en faisant traîner la résolution du dossier grec jusqu'à septembre, «ont ouvert la boîte de Pandore». Comme Martine Aubry, il dit redouter l'explosion de la zone euro, et dénonce l'«attentisme» de Paris, et l'«égoïsme» de Berlin, dans ce dossier. Dans le JDD, il écrit: «Ce qui peut faire éclater l'euro, ce n'est pas le 'défaut' d'un pays de la zone, en l'occurrence la Grèce, mais le 'défaut' de direction de l'Europe».
Quant au fond des propositions avancées par les deux candidats socialistes, rien de neuf à l'horizon - des euro-obligations, une taxe sur les transactions financières, ou encore un gouvernement économique européen, mais pas de condamnation franche des politiques d'austérité. François Hollande propose par ailleurs de fusionner le poste de président du Conseil européen avec celui de président de la Commission européenne.