Syrie : « La société tient bon face à l’Etat de barbarie »

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Professeur à Sciences-Po et familier de la Syrie depuis plus de trente ans, Jean-Pierre Filiu revient sur la nature du régime Assad, l’aveuglement persistant de la communauté internationale qui considère le système Assad comme un Etat et non « une mafia identifiée à un clan et un homme », et la nouvelle construction nationale produite par le processus révolutionnaire. Entretien.

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Le régime de Bachar El-Assad paraît désormais résister autour de son noyau dur : le clan Assad, l’appareil militaro-sécuritaire alaouite et ses milices. Aussi spectaculaires soient-elles, les récentes défections ne concernent que la communauté sunnite au sein de l’élite politique et militaire. De plus, le pouvoir met en avant ses capacités de nuisance, à l’intérieur de ses frontières en jouant la carte de la partition territoriale et communautaire ; à l’extérieur en tentant de déstabiliser le Liban et en brandissant la menace d’armes chimiques et le danger jihadiste à l’attention de l’Occident et d'Israël. Cette politique de la terre brûlée pourrait s’accentuer à mesure que le clan Assad perd du terrain.  Mais ces capacités de déstabilisation sont bien moindres qu’il ne le laisse entendre alors qu'en face, la société syrienne continue de s'organiser et de se réapproprier son pays.