Yémen: Projet de résolution sur la supervision de la trêve à Hodeïda

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Le Conseil de sécurité des Nations unies étudie actuellement un projet de résolution qui demande au secrétaire général, Antonio Guterres, de faire d'ici la fin du mois des propositions sur les moyens de contrôler la trêve conclue entre belligérants yéménites dans la ville portuaire de Hodeïda, ont déclaré lundi des diplomates.
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NATIONS UNIES (Reuters) - Le Conseil de sécurité des Nations unies étudie actuellement un projet de résolution qui demande au secrétaire général, Antonio Guterres, de faire d'ici la fin du mois des propositions sur les moyens de contrôler la trêve conclue entre belligérants yéménites dans la ville portuaire de Hodeïda, ont déclaré lundi des diplomates.

Les miliciens houthis, alignés sur l'Iran, et le gouvernement yéménite du président Abd-Rabbo Mansour Hadi, soutenu par une coalition de pays arabes sunnites, sont convenus jeudi dernier, au terme d'une semaine de pourparlers de paix sous l'égide de l'Onu en Suède, de cesser le feu à Hodeïda et d'en retirer leurs combattants.

Cette trêve entre en vigueur ce mardi dans cette ville.

La Grande-Bretagne a fait circuler le projet de résolution lundi aux Nations unies, mais l'on ignore quand il sera mis aux voix. Pour qu'elle soit adoptée, une résolution doit recueillir au moins neuf voix sur 15 en sa faveur, et ne se heurter à aucun veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Le projet de résolution, consulté par Reuters, invite Antonio Guterres à remettre des propositions sur "la manière dont les Nations unies soutiendront l'accord de Stockholm, comme le demandent les parties, notamment - sans que cela se limite à cela - en surveillant les opérations de cessez-le-feu et de redéploiement des forces hors de la ville de Hodeïda et des ports de Hodeïda, Salif et Ras Issa".

UN GÉNÉRAL NÉERLANDAIS

Le projet de résolution demande d'autre part comment les Nations unies joueront un rôle de premier plan pour aider la société des ports yéménites de la mer Rouge à gérer et à inspecter les ports de Hodeïda, de Salif et de Ras Issa, et comment les Nations unies renforceront leur présence dans ces points.

Les Houthis contrôlent la majeure partie des villes du Yémen, dont Hodeïda et la capitale Sanaa, d'où ils ont chassé le gouvernement du président Hadi en 2014, ce qui a poussé la coalition arabe sunnite à intervenir militairement à partir de mars 2015 contre les miliciens chiites. Le gouvernement de Hadi, reconnu par la communauté internationale, est basé désormais dans la ville portuaire d'Aden, dans le sud du pays.

L'émissaire des Nations unies pour le Yémen, Martin Griffiths, a déclaré vendredi au Conseil de sécurité qu'il fallait d'urgence mettre en place un système solide de contrôle de la trêve à Hodeïda. Le général néerlandais en retraite Patrick Cammaert supervisera les opérations de contrôle, a-t-il dit.

Plus de 80% des importations du Yémen transitaient naguère par Hodeïda, mais le commerce a été réduit à la portion congrue par les combats. L'aide humanitaire transite elle aussi pour l'essentiel par cette ville portuaire.

Le projet de résolution "demande aux parties présentes du conflit de prendre de nouvelles mesures pour faciliter l'afflux sans entrave de fournitures commerciales et humanitaires, dont des vivres, du carburant, des médicaments et autres importations de première nécessité, ainsi que la venue du personnel humanitaire et ses déplacements à l'intérieur du pays."

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