Le rôle des combattants d’Asie centrale et du Caucase dans le «djihad mondial»

Par

Le 28 juin 2016, des djihadistes originaires d’Asie centrale attaquent l’aéroport d’Istanbul, faisant quarante-quatre morts. Parmi les dizaines d’arrestations liées à l’attentat on retrouve des Ouzbeks, des Kirghizes, des Tchétchènes, des Daghestanais, des Russes. Le 1er janvier 2017, un certain Abdulkadir Masharipov, lui aussi originaire d’Asie centrale, commet la tuerie de la discothèque Reina à Istanbul. Quelles sont les sources et les ressources de ce phénomène djihadiste en ex-URSS et pourquoi vise-t-il la Turquie ?

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Le djihad a fait une entrée fracassante dans l’histoire contemporaine et le vocabulaire occidental après les attentats du 11 septembre 2001. Pour ceux qui s’enrôlaient alors sur le terrain d’expérimentation qu’était l’Afghanistan, le djihad était cette impulsion pro-occidentale de résistance aux côtés des Afghans contre les envahisseurs soviétiques. Le djihad était un combat reconnu et soutenu en Occident. À l’époque, les moudjahidines afghans étaient reçus sous les ors de la République française autant qu’à la Maison Blanche1. Mais après l’effondrement de l’Union soviétique, il change de cible et de camp, s’en prenant désormais aux valeurs occidentales. D’allié, il devient l’ennemi ; de résistant, il devient terroriste.