Affaire DSK: comment travaille la Sex Crimes Unit

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Dominique Strauss-Kahn doit faire face à New York à une équipe de juristes spécialisés dans les crimes sexuels. Attachée au parquet, la Sex Crimes Unit développe des techniques particulières d'enquête. Cette équipe a été filmée il y a quelques mois. En résulte un documentaire inédit diffusé ce lundi 20 juin sur HBO.

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Dans la procédure judiciaire qui l'oppose à une femme de chambre à New York, Dominique Strauss-Kahn a face à lui un aréopage de juristes spécialisés dans les crimes sexuels. Armé de ses avocats Benjamin Brafman et William Taylor, connus pour déstabiliser les plaignants en fouillant les moindres détails de leur vie, l'ancien patron du FMI n'est pas seul. Mais les procureurs de la Sex Crimes Unit chargés d'accompagner et de crédibiliser le témoignage de la victime présumée ont fait leurs preuves.

Réputés, ils connaissent la singularité de ce genre d'enquêtes, des techniques pour réunir le plus d'indices possible à la mise en confiance de la personne s'estimant agressée, en passant par le décryptage et l'anticipation des automatismes de la défense.

Un documentaire diffusé ce lundi 20 juin sur la chaîne américaine HBO retrace le fonctionnement de cette section du parquet d'une quarantaine de personnes sous la responsabilité du procureur de la ville, le district attorney Cyrus R. Vance. Aucune télévision française n'en a encore acheté les droits. Surprenant, alors que le film offre une plongée inédite dans l'un des services les plus impliqués dans l'affaire DSK. Celui-là même qui a rassemblé les premières «preuves», faisant dire au procureur que les accusations étaient d'une «extrême gravité».

Sex Crimes Unit: A Documentary Film - Trailer © Sonnet Media

Le quotidien défile dans ces bureaux du One Hogan Place, room 666, situés à l'arrière de la cour de justice criminelle au sud de Manhattan. L'empathie pour les victimes présumées et l'implication professionnelle transparaissent immédiatement. Les salaires, ici, n'atteignent pas les sommets des avocats de la défense. La gratification est ailleurs: les membres de la Sex Crimes Unit, dirigée par Lisa Friel, adjointe au procureur, se vivent comme des justiciers engagés en faveur du bien. L'accent est mis sur quelques-uns des 300 dossiers en cours ainsi que sur une histoire aujourd'hui résolue, un cold case emblématique de l'activité du service pour la ténacité qu'il a supposée.

On suit à la trace trois ou quatre substituts au procureur. Parmi eux: Artie McConnell, qui assurait la permanence dans la nuit de samedi 14 mai 2011, après l'interpellation de Dominique Strauss-Kahn à l'aéroport de JFK à bord d'un avion en partance pour Paris.

Dans le documentaire réalisé par Lisa F. Jackson, il est chargé du cas d'une strip-teaseuse et délivre, lors d'un case review, les premiers éléments à sa disposition: un enregistrement explicite d'un appel à 911, police secours aux États-Unis, où la victime, sous le choc, raconte qu'elle vient d'être violée. En larmes, elle indique le numéro de la plaque d'immatriculation de son agresseur qu'elle a eu le temps de noter. Autre élément en sa possession: les premiers résultats de l'examen médical témoignant de «marques vaginales rouges», «signes assez typiques d'une pénétration forcée», le viol ayant été perpétré par un chauffeur de taxi à l'arrière de son véhicule.

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