"Enquête russe": Manafort connaîtra sa peine en février

Par
Un juge américain a fixé vendredi au 8 février prochain la date de l'audience qui déterminera la peine infligée à Paul Manafort pour fraudes fiscale et bancaire.
Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

ALEXANDRIA, Virginie (Reuters) - Un juge américain a fixé vendredi au 8 février prochain la date de l'audience qui déterminera la peine infligée à Paul Manafort pour fraudes fiscale et bancaire.

L'ex-directeur de campagne de Donald Trump, aujourd'hui âgé de 69 ans, est apparu en fauteuil roulant devant le tribunal d'Alexandria, en Virginie, et connaîtrait des problèmes de santé.

Pour fixer une date de prononcé de la peine, le juge de district T.S. Ellis a annulé d'autres chefs d'accusation sur lesquels un jury s'est montré pour l'instant incapable de trancher. Parmi ces chefs figurent notamment celui de non-déclaration d'un compte bancaire à l'étranger et de conspiration en vue de commettre une fraude bancaire.

Les procureurs ont accepté cette décision, alors qu'ils étaient jusqu'ici favorables à ce que Paul Manafort finisse de coopérer avec le procureur spécial Robert Mueller dans l'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016 avant de reprendre l'examen de ces dix autres charges et de décider s'il fallait rejuger l'ancien conseiller de Trump.

Mais le juge de district T.S. Ellis a refusé d'attendre "éternellement". "Je n'ai entendu de la part du gouvernement aucune estimation du temps qu'il faudra pour achever cette coopération", a expliqué le magistrat.

La décision du juge Ellis signifie que Manafort pourrait écoper d'une peine de prison relativement lourde, que les procureurs pourraient ensuite proposer de réduire en fonction de son degré de coopération avec le procureur Mueller.

Selon plusieurs experts judiciaires, Manafort pourrait être condamné à une dizaine d'années de prison pour les huit chefs d'accusation pour lesquels il a été reconnu coupable.

Le dossier porte sur les millions de dollars qu'il a gagnés pour son travail de consultant politique auprès de politiciens pro-russes en Ukraine, dont l'ex-président Viktor Ianoukovitch qu'il a conseillé lors de sa campagne électorale victorieuse en 2010. D'après les procureurs, Manafort a dissimulé plus de 16 millions de dollars au fisc et a obtenu frauduleusement 20 millions de prêts bancaires.

Après des mois de refus, Paul Manafort a finalement accepté en septembre dernier de coopérer à "l'enquête russe" dans le cadre d'un accord de plaider coupable négocié avec le procureur Mueller.

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale