Yémen: Les belligérants s'accusent de violer la trêve à Hodeïda

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Les forces yéménites et les rebelles houthis se sont mutuellement accusés mercredi d'avoir violé la trêve conclue à Hodeïda sous l'égide des Nations unies.
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ADEN (Reuters) - Les forces yéménites et les rebelles houthis se sont mutuellement accusés mercredi d'avoir violé la trêve conclue à Hodeïda sous l'égide des Nations unies.

Selon des habitants, six explosions de missiles ont été entendues dans le quartier du 7-Juillet sans que l'on puisse en attribuer la responsabilité à l'un des belligérants.

Mardi, des explosions ont été entendues pendant près d'une heure dans les faubourgs sud et est du grand port yéménite, au premier jour d'un cessez-le-feu dont le principe a été entériné par les deux camps la semaine dernière en Suède.

Si des observateurs internationaux ne sont pas déployés rapidement, l'accord risque de voler en éclats, a-t-on averti de source proche de la coalition sous commandement saoudien qui appuie les forces gouvernementales.

La chaîne de télévision Al Massirah, contrôlée par les Houthis, a accusé les troupes du président Abd-Rabbo Mansour Hadi d'avoir bombardé plusieurs sites parmi lesquels des zones situées à l'est de l'aéroport local.

L'agence de presse des Emirats arabes unis, WAM, a rapporté de son côté que les Houthis avaient tiré plusieurs roquettes et obus de mortier en direction de l'hôpital du 22-Mai, situé à la périphérie est de Hodeïda.

"Nous allons continuer à accorder aux Houthis le bénéfice du doute et faire preuve de retenue, mais les premiers signaux ne sont pas prometteurs", a déploré un responsable de la coalition.

"Si les Nations unies (...) mettent trop de temps à entrer dans la partie, (...) l'accord de Stockholm restera lettre morte."

BOMBARDEMENTS À SANAA

L'Onu doit organiser dans la journée des discussions par visioconférence entre les belligérants afin de fixer les modalités de retrait des troupes présentes dans la ville, comme le prévoit l'accord conclu en Suède.

Ces troupes doivent être remplacées par des forces de sécurité locales et des couloirs de sécurité humanitaire doivent être établis. Le retrait doit s'effectuer dans un délai de 21 jours à compter de l'entrée en vigueur de la trêve.

Une "commission de coordination du redéploiement" a été mise en place pour superviser le processus. Présidée par le général néerlandais à la retraite Patrick Cammaert, elle comprend trois représentants de l'armée et de la sécurité des deux camps.

Les miliciens houthis contrôlent la majeure partie des agglomérations yéménites, dont Hodeïda et Sanaa, la capitale, dont ils ont chassé le gouvernement en 2014.

Selon trois habitants de Sanaa, des avions de la coalition saoudienne ont bombardé mercredi la base aérienne d'Al Doulaïmi, voisine de l'aéroport. Le cessez-le-feu ne concerne qu'Hodeïda, grand port sur la mer Rouge qui est vital pour l'acheminement de l'aide humanitaire à destination d'une population au bord de la famine après quatre années de guerre.

Outre le déploiement d'observateurs internationaux et le retrait des belligérants, l'accord conclu en Suède prévoit un échange de prisonniers.

Dans un premier temps, les deux parties ont échangé des listes où figurent les noms de 16.000 personnes supposées être détenues, a annoncé mercredi un membre de la Croix-Rouge.

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