Pourquoi l’ancien président du Brésil a été condamné

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Incarcéré le 7 avril, l’ancien président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva continue de mobiliser ses soutiens malgré les charges accumulées par les juges anticorruption. L’affaire du triplex dont il a été le propriétaire fantôme dévoile son implication directe dans un vaste système de prévarication.

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« Si l’appartement est à moi, occupez-le ! », a lancé, le 24 janvier, l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva. Incarcéré le 7 avril, après sa condamnation en appel à 12 ans et un mois de prison pour « corruption passive et blanchiment d’argent » dans l’affaire d’un « triplex » octroyé par un groupe de BTP, Lula a été entendu. Répondant à son appel, des sympathisants, militants du Mouvement des travailleurs sans toit (MTST), ont envahi, lundi, l’immeuble Solaris, à Guarujá (État de São Paulo), et se sont engouffrés dans l’un des triplex du dernier étage. « Si le triplex est celui de Lula, on peut rester ! », a déclaré l’un d’eux. « Sinon, pourquoi est-il en prison ? »

L’ancien président du Parti des travailleurs (PT), deux fois président de la République, n’en démord pas. Il a été condamné, en première instance et en appel, « pour un appartement qui ne lui appartient pas ». Et il semble convaincre ses sympathisants en ce sens : bien qu’incarcéré, et poursuivi dans six autres dossiers par les juges brésiliens, Lula da Silva se maintient à la première place dans les intentions de vote de la prochaine présidentielle.

Luiz Inácio Lula da Silva, deux jours avant son incarcération, le 5 avril. © Reuters / Paulo Whitaker Luiz Inácio Lula da Silva, deux jours avant son incarcération, le 5 avril. © Reuters / Paulo Whitaker

L’affaire du triplex « qui ne lui appartient pas » est pourtant la démonstration implacable par les juges de l’implication personnelle de l’icône de la gauche brésilienne dans le vaste système de corruption dévoilé par l’opération « Lava Jato » – « Lavage sous pression ». Lula da Silva, il est vrai, n’a pas eu le temps de s’installer dans le triplex, dont les travaux s’achevaient à l’automne 2014. Le groupe de construction OAS lui a secrètement « réservé » cet appartement en lieu et place d’une surface plus petite qu’il avait achetée sur plans, neuf ans plus tôt dans le même immeuble. Et cela sans aucun surcoût, ni pour la surface, ni pour le réaménagement. Selon les juges, l’entreprise a servi « d’écran » au « vrai titulaire » du triplex, Luiz Inácio Lula da Silva.

OAS intervenait par ailleurs, simultanément, aux côtés du groupe Odebrecht, leader d'un cartel d’entreprises, dans les travaux effectués sur la propriété Santa Bárbara dans une zone boisée d’Atibaia (État de São Paulo), une résidence elle aussi cachée, dont l’enquête a montré qu’elle était occupée par Lula et sa femme.

Au total, les juges ont évalué à 900 000 euros les sommes déboursées par OAS en faveur de Lula. Ce montant aurait été déduit d’un des « comptes courants » ouverts par le cartel au Parti des travailleurs (PT). L’opération « Lava Jato », partie du démantèlement d’un réseau de blanchiment adossé à un réseau de stations-service, a révélé la corruption du géant pétrolier Petrobras et des principaux groupes de travaux publics, provoquant, selon un récent bilan du ministère public fédéral (voir ci-dessous), l’émission de 953 mandats d’arrêt, de 395 demandes d’entraide judiciaire internationales et, déjà, le prononcé de 188 condamnations pour 123 personnes, dont Lula da Silva…

L’ancien président est mis en cause pour avoir « sollicité, accepté et reçu, directement et indirectement, des avantages indus offerts et promis par les cadres des groupes Odebrecht et OAS » à travers une trésorerie occulte gérée en coordination étroite avec le PT. D’autres partis sont mis en cause, notamment le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) de l’actuel président Michel Temer, dont plusieurs proches ont été arrêtés fin mars.

Une infographie du ministère public fédéral résumant le 4 avril 2018 les actions judiciaires dans le cadre du Lava Jato. © DR Une infographie du ministère public fédéral résumant le 4 avril 2018 les actions judiciaires dans le cadre du Lava Jato. © DR
Le rôle « central » de Lula découle, selon les juges, « de sa fonction » de président et de sa responsabilité dans « la nomination et le maintien des dirigeants de Petrobras », la plus importante société d’État du pays. Les marchés, notamment de construction de raffineries, étaient accordés au cartel moyennant « la promesse et le paiement d’avantages indus correspondant à au moins 3 % du contrat initial ». Selon l'ancien ministre du budget (PT) Antonio Palocci, aujourd’hui détenu, Emilio Alves Odebrecht, l’actuel patriarche du groupe, avait conclu « une sorte de pacte de sang », et d’argent, avec Lula en 2010.

Le patron de la dynastie a « dit au président Lula qu’il avait, à sa disposition, pour la prochaine période, pour ses activités politiques, 300 millions de reais [71 millions d’euros – ndlr] ». Avec Marcelo Odebrecht, fils d’Emilio, Palocci tenait la comptabilité secrète du parti de Lula avec le groupe Odebrecht. Marcelo Odebrecht a avoué qu’il avait « combiné » avec Palocci de verser, après l’élection de Dilma Rousseff, un « solde » de 40 millions de reais (9 millions d’euros) sur un compte « amigo », désignant Lula, « pour répondre aux demandes de Lula ».

Selon l’accusation, le groupe OAS aurait de son côté dépensé 20,7 millions d’euros pour l’obtention des marchés de deux raffineries – Nordeste Abreu e Lima RNEST et Presidente Getúlio Vargas REPAR –, soit 3 % du contrat, et versé sur cette somme quatre millions d’euros au Parti des travailleurs. En couvrant les « frais » engagés pour l’ancien président…

L’affaire du triplex de Lula a discrètement démarré dans la presse en mars 2010, dans les colonnes du quotidien O Globo. « Le président Luiz Inácio Lula da Silva et son épouse, Marisa Letícia, possèdent un penthouse sur la plage des Asturias, à Guarujá », révèle le journal qui précise que le couple attend ce bien immobilier acheté sur plans depuis cinq ans.

Le constructeur OAS a repris l’opération initiée par une coopérative en difficulté – Bancoop – et l’immeuble est à l’état d’abandon, sans portes, ni fenêtres, mais d’ici à deux ans, la famille Lula da Silva devrait occuper « un triplex, surplombant la mer ». À l’époque, le président brésilien ne conteste pas l’information, mais la confirme. O Globo précise en outre que le bien a été inscrit dans sa déclaration de patrimoine préalable à sa candidature à la présidentielle de 2006.

« J’ai réalisé que cet appartement était pratiquement inutilisable pour moi », déclare Lula

Le triplex passe aux oubliettes, jusqu’au « Lava Jato ». En décembre 2014, alors que les dirigeants d’OAS sont interpellés ainsi que les autres acteurs du cartel, le quotidien O Globo rappelle que le groupe de BTP a commercialisé les logements de l’immeuble de Guarujá, où l’ancien président dispose d’un triplex qu’OAS a rénové face à la mer. Il « peut maintenant passer le réveillon plage des Astúrias, à Guarujá », note O Globo.

Cette fois, l’institut Lula réagit au quart de tour par une « Note sur l'appartement présumé de Lula à Guarujá ». Il dément. L’institut précise que Marisa Letícia a acheté « une participation de Bancoop relative à un appartement », mais que compte tenu de la déconfiture de Bancoop, et de la reprise du programme, elle a encore « le choix » entre un remboursement et l’achat d’un appartement disponible dans le nouveau programme. Les enquêteurs qui vont s’intéresser au sujet découvrent assez vite que le communiqué de l’institut Lula est fallacieux.

L'immeuble Solaris, à Guarujá (État de São Paulo), où se trouve le fameux triplex, est le cinquième en partant de la gauche. © DR L'immeuble Solaris, à Guarujá (État de São Paulo), où se trouve le fameux triplex, est le cinquième en partant de la gauche. © DR

Si le couple Lula da Silva a bien acheté un appartement sur plans, en 2005, le transfert de l’opération immobilière ne lui laissait qu’un mois, en octobre 2009, pour exercer comme les autres acheteurs « son option de retrait ». Ils restaient donc propriétaires, puisqu’ils avaient déboursé 42 500 euros. À ceci près que l’appartement no 131-A qu’ils avaient acheté avait été revendu. Ils étaient donc propriétaires fantômes… Certains documents retrouvés lors de perquisitions les faisaient apparaître comme acquéreurs d’un triplex – no 174 puis 164-A – mais ils n’étaient pas signés. Selon l’enquête, le triplex no 164-A n’a pas été proposé à la vente par le nouveau promoteur OAS. Il apparaissait comme « réservé ». Mais sans propriétaire pour autant.

Les enquêteurs découvrent en outre que des travaux ont été entrepris dans le triplex durant l’automne 2014. Un ascenseur privé est installé, ainsi qu’une cuisine équipée, des placards, une mezzanine. Une chambre est réaménagée ainsi que la terrasse, et les abords de la petite piscine. Il y en a pour 270 000 euros environ. Sur les téléphones portables des dirigeants d’OAS saisis lors des opérations policières de novembre 2014 apparaissent des messages qui se rapportent à ces travaux. « Le projet de cuisine du Chef est prêt », signale un cadre qui demande un rendez-vous avec « Madame » au patron d’OAS, José Pinheiro Adelmário Filho, dit Leo Pinheiro. Ils échangent au sujet de la propriété d’Atibaia. « Ce serait bien de voir si Guarujá est prêt », ajoute Pinheiro. « Guarujá est prêt aussi », répond le cadre.

Dans un autre échange, du 26 février 2014, il apparaît que « la Dame » a « approuvé les projets de Guarujá comme du site ». Une cuisine est choisie. Les cadres d’OAS racontent qu’ils ont ouvert « deux postes de coûts », l’un pour « la plage », l’autre pour « le site ». « Des personnes de confiance » composent l’équipe choisie pour ces travaux. Plus tard, un déplacement est organisé, et les cadres s’échangent le numéro de Fábio Lula da Silva, le fils de l’ancien président. Des photos prises par un voisin (voir ci-dessous) montrent Lula lors d'une visite de l'appartement.

Les photos de Lula dans le triplex en compagnie des responsables d'OAS. © TVGLOBO Les photos de Lula dans le triplex en compagnie des responsables d'OAS. © TVGLOBO
Questionné par le juge Sérgio Moro le 10 mai 2017, Lula nie avoir eu l’intention de s’installer dans le triplex. Et il a fait mine de découvrir que le délai de remboursement de l’achat de leur premier appartement était dépassé depuis 2009… « Mme Marisa n’a peut-être pas reçu l’invitation à assister à la réunion », a-t-il avancé. L’ancien président a reconnu être allé voir le triplex en février 2014, à l’invitation de Leo Pinheiro, le patron d’OAS. « Leo essayait de vendre l’appartement », assure-t-il. Mais le triplex lui a déplu.

« Quand j’y suis allé, j’ai réalisé que cet appartement était pratiquement inutilisable pour moi », a-t-il dit. Le fait qu’il soit « un personnage public » rendait compliquées ses visites à la plage. « En second lieu, l’appartement était trop petit pour une famille de cinq enfants, huit petits-enfants et un arrière-petite-fille maintenant, a-t-il ajouté. J’ai dit à Leo que le bâtiment était inadéquat. C’est inapproprié, pour un vieil homme comme moi. » Ce triplex de 215 mètres carrés était finalement modeste et avait de « nombreux défauts ». « J’ai pris la décision de ne pas garder l’appartement », assure-t-il. Son épouse Marisa – décédée en février 2017 – « avait encore des doutes », selon Lula. Elle est d’ailleurs revenue en août. « Elle a dit qu’elle n’aimait pas l’appartement de nouveau, et je pense qu’elle a pris la décision de ne pas acheter », commente encore Lula.

En dépit de ces « doutes » ou de ces prétendues « décisions », les travaux de rénovation se sont poursuivis, et l’ascenseur privatif a été installé en octobre 2014. Des employés chargés de travaux confirment que les travaux réalisés dans le triplex étaient « personnalisés » pour l’ancien président et sa femme. Il y avait d’ailleurs huit triplex dans le bâtiment et seul le no 164-A avait fait l’objet d’attentions. Les témoins de la visite de l’épouse de Lula se souviennent qu’elle semblait satisfaite. Que la question des coûts n’a pas été évoquée. Pour le personnel de l’immeuble et les voisins, c’était clair : « C’est l’appartement Lula », ou « l’appartement du président Lula ». Certaines agences immobilières utilisaient d’ailleurs l’argument pour redorer l’image du quartier.

« Si vous avez des traces de paiements, détruisez-les », a ordonné Lula

Leo Pinheiro, le patron du groupe OAS de 2001 à 2014, va clarifier l’affaire devant le juge Moro en détaillant l’activité du cartel des constructeurs. Au sein du Parti des travailleurs, il avait pour interlocuteur João Vaccari Neto, son trésorier, qui suivait les paiements des pourcentages dus au parti. Or ce dernier n’était autre que le président de Bancoop, l’établissement en faillite grâce auquel le couple Lula avait investi dans l’immeuble de Guarujá… C’est donc à travers le trésorier du PT que le groupe OAS a repris l’investissement immobilier incertain du président brésilien et de sa femme.

En 2009, Pinheiro est contacté par M. João Vaccari, qui lui explique « la situation de faillite de Bancoop » et lui propose sept ou huit affaires immobilières à céder. Et il y a Guarujá. Pinheiro n’est pas intéressé a priori, son groupe préférant les grandes villes, Rio de Janeiro, São Paulo, Brasília et Porto Alegre… Mais Vaccari l’interpelle : à Guarujá, c’est « quelque chose de différent » : « il y a un projet de la famille du président Lula ». Il invoque alors sa « relation avec le président » et « le degré de confiance » qu’il lui accorde. Le patron d’OAS répond que, dans ce cas, il peut faire quelque chose et envoyer sa filiale immobilière.

Leo Pinheiro, patron du groupe OAS de 2001 à 2014. © DR Leo Pinheiro, patron du groupe OAS de 2001 à 2014. © DR

Consulté, l’un des amis de Lula, Paulo Okamotto, explique aussi à Pinheiro leurs liens forts avec Bancoop et la « confiance » qu’ils lui accordent, compte tenu de la présence d’« un appartement du président » dans cette affaire : le fameux triplex. OAS reprend donc l’opération. Et Pinheiro est autorisé à vendre le premier appartement acheté par le couple. « À aucun moment, il n’a été informé que le président Luiz Inácio Lula da Silva paierait la différence de prix entre l’appartement simple et l’appartement triplex », relèvent les juges. En 2010, la publication d’O Globo inquiète l’homme d’affaires. Mais les consignes de l’équipe Lula sont claires : « L’appartement ne peut pas être commercialisé, il continue au nom d’OAS et ensuite nous verrons comment faire pour effectuer le transfert ou autre chose. »

Plus tard, en janvier 2014, l’ancien président souhaite finalement visiter l’appartement avec sa femme. La visite dure une heure et demie, deux heures. Selon Pinheiro, l’épouse de Lula fait part des changements qu’elle juge nécessaires : « besoin d’une autre pièce ici au premier étage », parce que « la logistique familiale aurait besoin d’une autre pièce » ; des modifications à apporter à la cuisine ; l’escalier n’était pas commode, un ascenseur serait mieux ; la position de la piscine est modifiée ; les idées de décoration sont avancées. L’entrepreneur et le couple décident alors de « commencer tout de suite », et ensuite de revenir « voir si tout allait bien ». Selon Pinheiro, Marisa Letícia Lula da Silva l’informe qu’elle aimerait passer les vacances de fin d’année dans l’appartement et elle demande que l’appartement soit prêt pour l’occasion.

En juin 2014, l’enquête « Lava Jato » vient de débuter et les premiers dirigeants de Petrobras sont tombés. Lula demande au patron d’OAS s’il a effectué des paiements à João Vaccari à l’étranger et comment il paye le PT. Il s’agit d’espèces, transmises à João Vaccari, répond Pinheiro. « Si vous avez des traces de paiements, détruisez-les », a ordonné Lula.

Mais l’ancien président semble oublier que l’entrepreneur qu’il a devant lui s’active encore à son service. Les enquêteurs vont d’ailleurs trouver les frais de rénovation du triplex inscrits dans un résumé des rétrocessions du groupe OAS en faveur du Parti des travailleurs. En juillet 2017, dans les attendus de son jugement condamnant Lula à neuf ans de prison en première instance, le juge Sérgio Moro a tenu à souligner que « la personne condamnée a bénéficié d’un avantage indu en raison de ses fonctions de président de la République ». « La responsabilité d’un président de la République est énorme, sa culpabilité l’est aussi lorsqu’il commet des crimes », avait conclu le juge, l’an dernier.

Leo Pinheiro a été condamné, de son côté, pour « corruption » à dix ans et huit mois de prison par le juge Moro, qui a estimé que sa collaboration avait été trop « tardive » pour lui bénéficier. Mais sa peine a été réduite en appel à trois ans et six mois d'incarcération. L'ancien patron d'OAS est toutefois sous le coup d'autres poursuites. Il a été en particulier condamné en appel à vingt-six ans de prison dans l'un des volets du « Lava Jato » en septembre 2017.

L’incarcération récente de Lula après sa condamnation en appel, validée par le Tribunal suprême fédéral (TSF), fait l’objet d’une requête en annulation devant cette même instance, à l’initiative d’un collectif d’avocats. Cette requête vise à contester un arrêt du TSF qui, en 2016, a autorisé l’incarcération des mis en cause après la confirmation de leur condamnation en appel, et avant que ne soient épuisés tous les recours. « Supprimer la menace d’une incarcération après un premier appel éliminerait la meilleure arme utilisée contre la corruption, a commenté l’ancien procureur général Rodrigo Janot. Ce serait un coup dur. Nous en reviendrions à un système qui accorde l’impunité et des reports sans fin. » « J’espère fortement que le Tribunal suprême ne reviendra pas sur cette décision, a déclaré le juge Moro. Il est impossible de faire dire à la Constitution brésilienne, avec ses normes élevées de liberté, d’égalité et de démocratie, qu’elle vise à garantir l’impunité des puissants, même quand leurs crimes ont été démontrés. »

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Actualisation: des précisions ont été apportées au sujet des condamnations de l'ancien patron d'OAS, Leo Pinheiro.