Kosovo, un trou noir dans l'Europe (1) : sur la piste de trafics d'organes

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Le Kosovo vit au rythme des procès. Procès d’anciens commandants de l’UÇK, la guérilla albanaise de la guerre de 1998-1999. Et procès de la clinique Medicus, théâtre d’un trafic d’organes entre 2002 et 2008… Ce trafic a pu prendre le relais de celui qu'aurait pratiqué la guérilla sur des prisonniers de guerre. Or l’ombre des services secrets occidentaux, tuteurs de l’UÇK, n’est jamais bien loin. Premier volet de notre enquête.

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En décembre 2010, Dick Marty présentait un fracassant rapport devant le Conseil de l’Europe, dans lequel il dénonçait un trafic d’organes pratiqué durant la guerre du Kosovo par la guérilla albanaise. Et il citait nommément l’actuel premier ministre du Kosovo Hashim Thaçi, qui allait démentir sur tous les tons (lire ici un précédent article de Mediapart à ce sujet). La mission européenne Eulex a été chargée d’enquêter sur ce trafic. Mais aujourd’hui, les regards se concentrent sur un étrange procès, qui se tient depuis des mois à Pristina, la capitale du Kosovo. Ouvert en octobre 2011, il s’agit du procès de la clinique Medicus devant un tribunal où siègent des juges locaux et un juge international de la mission Eulex.