Au procès de R. Kelly, une parole que l’Amérique ne voulait pas entendre

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La star de R’n’B, auteur du tube mondial « I Believe I Can Fly », est jugée à New York pour « exploitation sexuelle de mineurs », « kidnapping » et « travail forcé ». À la barre, les témoins racontent un « système » de « prédation » qui aurait bénéficié, pendant des décennies, d’une totale impunité.

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New York (États-Unis).– Au début des années 2000, Sonja* a 21 ans. Elle est stagiaire dans une petite radio à Salt Lake City dans l’Utah, lorsqu’elle croise dans un centre commercial la super star R. Kelly. Une interview de l’auteur de I Believe I Can Fly, mélodie douce au succès planétaire, donnerait un « coup d’accélérateur » à sa carrière, c’est sûr. Sonja y va au culot. Quelques minutes plus tard, quelqu’un lui glisse un bout de papier avec le numéro de téléphone de la vedette. Bingo. Après plusieurs semaines de négociations, Sonja croit avoir décroché son interview. Elle s’envole peu après avec son enregistreur pour Chicago, où l’attend son hôte.