Pyongyang suspend ses essais nucléaires

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La Corée du Nord va suspendre à compter de ce samedi ses essais nucléaires et de missiles balistiques et démanteler un site à partir duquel elle procédait à ses tests d'armes atomiques, a annoncé l'agence de presse officielle de Pyongyang, KCNA.

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La Corée du Nord va suspendre à compter de ce samedi ses essais nucléaires et de missiles balistiques et démanteler un site à partir duquel elle procédait à ses tests d'armes atomiques, a annoncé l'agence de presse officielle de Pyongyang, KCNA.

SEOUL (Reuters) - La Corée du Nord va suspendre à compter de ce samedi ses essais nucléaires et de missiles balistiques et démanteler un site à partir duquel elle procédait à ses tests d'armes atomiques, a annoncé l'agence de presse officielle de Pyongyang, KCNA.

Cette annonce, qui s'inscrit dans un contexte de détente entre le régime de Kim Jong-un, son voisin du Sud et les Etats-Unis, a immédiatement été saluée par le président américain, Donald Trump, qui s'est dit impatient de rencontrer le dirigeant nord-coréen.

La Corée du Sud a quant à elle parlé d'une décision "significative" en direction de la dénucléarisation de la péninsule et a annoncé qu'elle contribuerait à créer les conditions favorables au bon déroulement des réunions entre Kim Jong-un et Donald Trump.

La Chine, principale alliée de Pyongyang, a salué la décision nord-coréenne, qui va permettre d'apaiser les tensions dans la péninsule coréenne et de promouvoir la dénucléarisation.

"La Chine pense que la décision de la Corée du Nord va améliorer la situation dans la péninsule", peut-on lire dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Selon KCNA, Kim Jong-un considère que son pays n'a plus besoin de recourir aux essais nucléaires et aux tests de missiles balistiques dans la mesure où les objectifs de ces programmes ont été atteints.

"Pour garantir dans la transparence la suspension des essais nucléaires, le site nucléaire du nord de la République sera démantelé", rapporte KCNA dans la foulée de la première assemblée plénière du Parti des travailleurs de Corée de cette année.

"Les projets principaux du parti et du pays seront iront dans le sens de la construction d'une économie socialiste et tous nos efforts iront dans ce sens", indique KCNA.

 

TRUMP "IMPATIENT" DE RENCONTRER KIM

Le régime nord-coréen annonce en outre qu'il entend engager des discussions avec la communauté internationale. Kim Jong-un doit rencontrer la semaine prochaine le président sud-coréen Moon Jae-in avant un sommet, fin mai ou début juin, avec Donald Trump.

Ce dernier n'a pas manqué de saluer immédiatement les informations en provenance de Pyongyang et exprimé son impatience de rencontrer Kim Jong-un.

"La Corée du Nord a accepté de suspendre tous les essais nucléaires et de démanteler un site de première importance. C'est une bonne nouvelle pour la Corée du Nord et pour le monde - Quel progrès ! Je suis impatient de me rendre à ce sommet", a-t-il écrit.

La Corée du Nord conduit depuis des années son programme d'essais nucléaires et de missiles balistiques, défiant son voisin du Sud et son allié américain, mais également la communauté internationale qui l'a assaillie de sanctions.

Le Conseil de sécurité de l'Onu a ainsi voté en décembre dernier son dixième train de sanctions contre la Corée du Nord depuis 2006. Pyongyang a aujourd'hui interdiction d'exporter charbon, fer, plomb, textiles ou fruits de mer et ses importations de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés sont drastiquement limitées.

Mais les relations entre les différentes parties ont pris une nouvelle direction depuis le début de l'année.

Les deux Corées, qui sont techniquement toujours en conflit depuis la fin de la guerre en 1953, ont expérimenté une détente importante dans leurs relations depuis les J.O. de Pyeongchang où les délégations des deux pays ont défilé sous un drapeau unifié à la cérémonie d'ouverture.

 

DÉNUCLÉARISATION "VÉRIFIABLE"

Cette détente, qui s'est traduite par un certain nombre d'échanges, a permis de fixer une date pour le premier sommet entre les deux pays depuis plus de dix ans. Il aura lieu vendredi.

Pays à portée de missile nord-coréen, le Japon a lui aussi salué la décision de Pyongyang tout disant souhaiter que ces annonces soient suivies d'effets tangibles.

"Cette annonce est un véritable bond en avant que j'entends saluer", a déclaré le Premier ministre japonais à des journalistes.

"Mais ce qui est important, c'est que cela se traduise par une dénucléarisation complète et vérifiable. Je tiens à le souligner", a-t-il déclaré.

Les grandes capitales européennes, Berlin, Londres ou Bruxelles, sont allées dans le même sens, saluant une "évolution positive" qui témoigne selon elles de la volonté de Pyongyang de négocier "de bonne foi", mais disant dans le même temps espérer qu'elle aboutira à une dénucléarisation "totale, vérifiable et irréversible" de la péninsule coréenne.

"Avant d'entamer un processus politique sérieux en vue de la dénucléarisation complète de la Corée du Nord, il appartient à Pyongyang de respecter des étapes précises et de fournir des informations vérifiables sur ses programmes nucléaire et balistique", a souligné le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

Le ministère russe des Affaires étrangères a pour sa part invité les Etats-Unis et la Corée du Sud à créer les conditions d'une solution négociée en "réduisant leur activité militaire dans la région".

Les manoeuvres militaires conjointes américano-coréennes ont souvent été présentées par la Corée du Nord comme une menace pour sa sécurité justifiant la poursuite de ses programmes d'armement.

 

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