Comment Anis le Tunisien de Lampedusa sillonne Paris

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Depuis trois mois qu'ils sont arrivés à Paris, les migrants tunisiens se sont approprié l'espace public, à leur manière. Ils vont et viennent, marchent beaucoup et circulent en métro à la recherche de petits boulots. Ils se retrouvent autour de l'axe Stalingrad-Couronnes. À la Porte de la Villette, des repas leur sont servis chaque soir. Passage en revue des lieux les plus traversés avec Anis Hlel, qui se replie, la nuit tombée, dans le parc de Belleville. Deuxième volet de notre enquête.

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Élancé, casquette tête de mort vissée sur la tête, jeans, baskets, Anis Hlel quadrille Paris de long en large depuis qu'il est arrivé en France il y a trois mois après avoir traversé la Méditerranée. Ce Tunisien de 25 ans est volontaire pour retracer longuement son parcours. Ce n'est pas si courant. Son état, il le décrit en trois mots: «fatigué», «stressé», «dégoûté». Mais, signe qu'il n'a pas renoncé, il continue de penser que la parole peut infléchir le cours des choses. Et a même une idée de titre pour cet article: «Pourquoi une France comme ça?»