Le grand bond en arrière de l’Egypte

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L'annonce de la libération conditionnelle de Moubarak est l'ultime symbole du retour des militaires aux commandes de l'Égypte. L'éradication des Frères musulmans, la faiblesse des autres forces politiques et l'impuissance occidentale augurent mal de l'avenir du pays.

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Des trois pays qui avaient renversé leurs dirigeants lors du « printemps arabe » de 2011, le cas de l’Égypte, comparé à la Tunisie et la Libye, s’était toujours annoncé comme le plus problématique. Non seulement, cette nation est la plus peuplée du monde arabe (85 millions d’habitants), avec une population relativement pauvre et peu éduquée, mais la chute d’Hosni Moubarak était autant due aux manifestants réclamant la démocratie qu’à l’armée qui avait simplement décidé de changer de cheval. Dès le départ, la « révolution égyptienne » n’en était pas vraiment une, malgré des élections présidentielles relativement libres qui avaient conduit à la victoire du candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi, en juin 2012.