A New York, la marche pour le climat crée la surprise

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La « People’s climate march », marche des peuples pour le climat, a réuni plus de 300 000 personnes à New York ce dimanche, du jamais vu. Cet immense défilé visait à montrer que le changement climatique intéresse le grand public, et par ricochet à faire pression sur les décideurs politiques se réunissant à l'ONU à partir de mardi. Le premier objectif est atteint : la mobilisation fut impressionnante.

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New York, correspondance.   De mémoire de New-Yorkais, on n’avait jamais vu de manifestation aussi grande. La People’s climate march new-yorkaise a tout bonnement épaté par l’ampleur de la mobilisation. Selon les estimations des organisateurs, plus de 300 000 personnes se sont rassemblées à Manhattan, défilant sur quatre kilomètres sous la surveillance renforcée des forces de police new-yorkaises (n’étant, au passage, pas réputées pour leur tolérance à l’égard des manifestants).

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Pour mieux cerner l’événement, il faut donc imaginer un immense défilé dans une ville qui n’aime pas trop le désordre. Ce fut un peu statique par la force des choses : les derniers arrivés ont attendu près de deux heures avant de commencer à marcher. Il faut aussi se figurer une foule joyeuse, mêlant des familles avec enfants, des étudiants, des associations écologistes, des scientifiques, des groupes de défense des immigrants, pour la justice sociale, des syndicats, des groupes religieux, ou encore des militants pacifistes ne ratant pas une manifestation depuis la lutte contre la guerre du Viêtnam.

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Il faut encore imaginer une marche festive et bariolée, où les déguisements étaient appréciés (le costume d’ours polaire faisait fureur) et où se mêlaient des pancartes aux messages divers. De très nombreuses déclarations d’amour à la planète Terre, des attaques contre les grandes compagnies pétrolières, des dénonciations des errements du néolibéralisme, des appels à l’action politique, à l’instauration d’une taxe carbone, au boycott du fracking, à l’abandon du projet d’oléoduc Keystone XL devant acheminer du pétrole canadien vers les raffineries du Texas…

« Obama, quel sera ton héritage ? », « Le changement climatique est une crise sanitaire », « Nous avons les solutions », lit-on dans le cortège.

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La « marche des peuples pour le climat » a atteint l’un de ses objectifs : être un rendez-vous populaire et grand public, afin de montrer que le dérèglement climatique est un sujet qui sensibilise de plus en plus, et tenter de faire pression sur les dirigeants politiques. La date n’avait bien sûr pas été choisie au hasard : un sommet sur le changement climatique s’ouvre mardi au siège de l’ONU à New York, réunissant 140 chefs d’État, devant préparer le terrain à un éventuel accord international lors de la conférence onusienne qui se tiendra à Paris en décembre 2015. Certains politiques se sont donc montrés au défilé, du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon à l’ancien vice-président démocrate Al Gore, en passant par Laurent Fabius du côté français.

Pour parvenir à une manifestation de cette taille, les organisateurs n’ont pas lésiné sur les moyens, notamment l’association écologique américaine 350.org fondée par Bill McKibben et le mouvement citoyen sur internet Avaaz (à l’origine d’une pétition ayant recueilli plus de 2 millions de signatures afin de demander aux responsables politiques d’agir contre le dérèglement climatique). Leur stratégie fut de rassembler au-delà des réseaux écologistes classiques. Au bout du compte, des centaines d’associations se sont coordonnées, mobilisant leur base depuis des mois via emails, au téléphone, appelant à manifester pour « la justice environnementale ». Un mot d’ordre délibérément flou pour attirer le plus grand nombre (comme Jade Lindgaard l’expliquait ici).

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« Je me suis beaucoup interrogé sur le sens de cette action, ce qu’on pouvait véritablement en attendre… J’ai au moins une certitude : cela permet de recharger les batteries, de garder l’envie de se battre malgré la dose de mauvaises nouvelles quotidiennes », témoigne Walker, artiste new-yorkais entouré d’artistes de la région. À ses côtés, Aislinn, venue de Philadelphie, ajoute : « En étant si nombreux, on montre que ce sujet touche tout le monde, qu’il n’y a rien de bien extrémiste à vouloir agir pour protéger l’environnement. » Un refrain entonné par tous ceux que l’on interroge. Ils se disent inquiets face à l’état du débat aux États-Unis, et ont même un peu honte. « Le pays va donner de grandes leçons aux pays en développement, mais se montre incapable de voter des lois efficaces », résume Judy, venue manifester en famille.

Pas de mobilisation sans confiance
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