Afghanistan: la guerre oubliée de la France

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  • 16/03/2008 13:43
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Article précis ,bien documenté et très explicite.Cela correspond tout à fait à ce que j'attends de médiapart.Bravo
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  • 16/03/2008 14:24
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Il est effectivement triste pour notre démocratie de voir que ni la majorité ni l'opposition ne souhaitent aborder ce sujet en public, aussi délicat soit-il.
D'autant plus triste, que ce débat serait pourtant intéressant puisqu'il nous permettrait de comprendre un peu mieux la situation dans laquelle les Etats-Unis se trouvent en Irak.
Enfin, de manière plus générale, l'annonce d'une nouvelle participation active de la France dans ce conflit est à mettre en relation avec la volonté affichée, depuis décembre dernier par Nicolas Sarkozy, de réintégration dans l'OTAN.
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  • 16/03/2008 16:04
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A quoi sert l'armée française en Afghanistan ? Tout simplement à éviter le retour des Talibans. Alors, contrairement aux affirmations du gouvernement avant l'élection de Sarkozy, il est nécessaire de renforcer les troupes.
Merci pour cet article car effectivement le thème de l'Afghanistan n'est jamais évoqué sur le fond dans les média. Le peu d'information sur ce sujet ne permet pas de prendre parti pour ou contre, seule une info régulière permettrait peut être à chacun d'entre nous de se déterminer sur la question, de prendre conscience des enjeux mondiaux et de la position de la France dans ce jeu international. Par contre le fait que le sujet soit si peu traité montre assez bien le conformisme de la presse d'aujourd'hui. Partout sont traités les mêmes sujets, d'autres sont absents. C'est ainsi que se construit un opinion publique et une pensée collective uniforme. Ce qui n'est jamais évoqué n'existe pas !!!donc "passez il n'y a rien à voir". Les français sont invités à ne pas avoir d'opinion sur le sujet. A nouveau merci d'aborder ces questions internationales oubliées qui font aussi partie du débat démocratique... continuez !
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  • 17/03/2008 10:57
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Très bon article qui sort de l'oubli une guerre ignorée des média classiques.
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  • 18/03/2008 04:15
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Merci de bien vouloir nous rappeler que la France est en guerre en (contre ?) Afghanistan. Cela ne dure-t-il pas depuis 30 ans ? Ce qui est pratique avec un pays aussi pauvre et éloigné que celui-ci, c'est qu'on peut y faire la guerre sans s'en préoccuper outre mesure ; comme au Tchad, Centrafrique, Côte d'Ivoire, ... Ces théâtres d'opérations étant particulièrement déglingués et dangereux, la peau d'un journaliste n'y valant pas grand-chose, les conditions d'enquête particulièrement inconfortables, l'indifférence au sort de ces peuples aussi répandue et entretenue dans la population française, notre confort présent et futur dépendant de ces aventures néo-coloniales (le vilain mot !), nos grands reporters de guerre ne se bousculent pas au portillon. Mediapart se propose-t-il d'aller y voir de plus près, d'y rendre compte du chaos moralement insupportable à nos idéologies bien pensantes ? En a-t-il les moyens ? Il peut peut-être sous-traiter cela avec des journalistes des pays concernés, suffisamment pauvres pour s'adapter au terrain et moins hypocritement impliqués par les enjeux. Ou bien va-t-on entretenir l'insincérité ambiante, la posture cagote qui se refuse à vouloir reconnaître les responsabilités et intérêts que l'Occident a eu, a et aura dans ces zones géostratégiques ? Il y a eu dernièrement à "Envoyé spécial" des images d'Afghanistan où notre ambassadeur y affirmait qu' "il s'y jouait là la paix du monde" ! Et donc si peu d'informations en provenance du front ! 4 soldats français tués dans l'anonymat. Mais combien d'Afghans tués par notre corps expéditionnaire, bombardés par nos Rafales guidés par nos forces spéciales ? Dommages collatéraux ? Question incongrue ? Il y a pourtant un peuple, une culture millénaire, un hospitalité légendaire en voie d'extinction ! Détail de l'histoire ? Ou alors le "Big Game" y est-il aussi peu avouable en regard des "valeurs" prônées dans nos enceintes bourgeoises, comme à l'époque des oreilles coupées dans le bon vieux Congo de papa Léopold ? J'espère donc que Mediapart saura "mouiller sa chemise" et s'impliquer politiquement pour nous aider à démêler ces nœuds embrouillés et nous éviter de nouvelles "gueules de bois idéologiques" comme, par exemple au lendemain des "événements d'Algérie". Inch'Allah !
Cher Djamo, Mediapart a bien l'intention de "mouiller sa chemise" et d'aller en Afghanistan dès que possible. N'héstez pas à nous le rappeler si nous temporisons trop !
Merci pour cet article. L'important est de comprendre pourquoi les responsables politiques de notre pays de droite (et de gauche ?) estiment nécéssaire de participer aux opérations militaires en Afghanistan depuis 6 ans. Le plus simple serait de poser la question à Hubert Védrine, Alain Jupé et à Bernard Kouchner qui doivent bien avoir un avis sur la question. Des soldats français participent au conflit tchadien depuis 40 ans ( combien sont morts ?) sans que les gouvernements succéssifs ne donnent de justification particulière à notre présence.
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  • 19/03/2008 02:29
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Faut-il rappeler que les américains, faute d'accord avec les talibans sur le passage d'un oléoduc ou du moins de l'attribution de sa construction et de son exploitation taxes prélevables comprises devant leurs revenir, les avaient prévenus qu'en cas de choix d'un concurrent-et ils nétaient pas les mieux disants- qu'ils étaient prêts à aller jusqu'à la guerre, celà dans l'année qui précéda le 11 Septembre? Faut-il rappeler que la stratégie américaine a consisté a placé ses bases systématiquement sur le trajet russie-chine de la route du pétrole, les chinois les tenant au collet de par leurs détentions d'obligations américaines pouvant faire écrouler leur économie du jour au lendemain? Faut-il croire que celà n'a rien à voir avec la tentative de création du couloir eurasien d'acheminement du pétrole alors que la Russie tenatait de contrer ces tentatives par une alliance avec l'Iran? Faut-il rappeler que le refus de compromis en matière économique et donc de contrôle de territoires est toujours à l'origine des guerres? Faut-il préciser que l'afghanistan a des frontières avec le Pakistan, l'Iran, le Turkménistan, le Tadjikistan ainsi que l'Ouzbékistan, ces trois derniers pays étant devenus indépendants après la chute de l'Union soviétique? Qu'à présent celui qui a la suprématie est celui non seulement qui détient les routes du pétrole et du gaz mais aussi et surtout celui qui les contrôlent? Alors vous pourrez faire autant de voyages que vous voulez en Afghanistan, ceux-ci n'éclaireront aucunement la compréhension des enjeux qui se cachent derrière les propagandes. La couverture médiatique du conflit permet à la télévision française de parler deux fois en un mois du rôle civilisateur et sécuritaire de la France au travers d'images de nos bons soldats français pacifiant cette région du monde contre les méchants terroristes sans jamais parler des enjeux géostratégiques. La question de la couverture ou pas des media de l'immédiateté est par définition une fausse question, car les réponses ne se trouvent qu'en dehors de cette immédiateté.
Bien sûr que les enjeux primordiaux qui justifient l'envoi prochain de 1000 soldats français supplémentaires dans l'est de l'Afghanistan dépassent largement l'immédiateté du pauvre peuple afghan. Mais ne pas enquêter sur un théâtre d'opérations où sont engagées nos troupes témoigne déjà d'un désintérêt pour ces hommes considérés comme simples instruments au service d'une obscure politique impérialiste moralement inacceptable pour la patrie des droits de l'homme qui, de surcroît, refuse systématiquement à son parlement de débattre de la situation ! Surtout que ces troupes d'élite, outre leur rôle d'encadrement de la nouvelle armée afghane, se chargent d'exterminer sans vergogne ces Talibans (fellagas ?). Ceux-ci n'ont pas toujours sévi dans ce pays, ils ont plutôt été recrutés parmi les Pachtounes, écervelés dans les madrasas pakistanaises, encadrés militairement par les services secrets occidentaux et pakistanais, pour chasser, dans les années 80, l'armée soviétique d'Afghanistan et épuiser ainsi l'URSS. Tout cela avec les facilités financières saoudiennes et, au passage, les services de notre "honorable correspondant" d'alors, Oussama Bin Laden ! Il faut donc sans cesse contextualiser les événements pour démêler l'écheveau, aller observer le terrain, par respect pour ceux qui y meurent (qui, comment, combien ?), expliquer comment l'Afghanistan produit autant d'opium et d'héroïne avec autant de forces étrangères sur son sol, qui tirent les ficelles de ce diabolique trafic, quelles sont les conséquences sociales de cette économie malsaine ... Bref, ne pas oublier que les Afghans sont nos frères, sinon il faudra accepter le retour de flamme : apprendre à vivre en Europe, au quotidien, avec le terrorisme qui sévit sur les routes afghanes, irakiennes, comme en Israël ! La question mérite d'être posée, débattue dans une soi-disante démocratie, ou bien cela doit-il encore en rester le fait du prince (de la rupture) ? Cela commence donc forcément par une couverture médiatique systématique de ces théâtres d'opérations où nous Français sommes aussi impliqués.
Comme le signale le monde diplo de mars 2008. " mise à l'écart du parlement est la règle pour les opérations extérieures OPEX de l'armée française dans le monde ! Une situation plutôt confortable pour l'exécutif : elle exclut la représentation nationale ! " Merci Media part de nous informer ! Un livre blanc sur la défense et la sécurité doit être remis au président de la République à la fin du mois de mars Media part nous informera ! Comme toujours notre démocratie ! souffre !
Cette guerre, partie prenante de la “guerre contre le terrorisme“ si chère à Georges Bush et aux néo-conservateurs américains, n'est ni plus ni moins qu'une guerre de civilisation, de colonisation, de maîtrise stratégique des avoirs énergétique... Et s'il est vrai que les Talibans sont critiquables sur bien des points, il serait intéressant de savoir ce qui à permis leur existence/ résistance dans cette forme si extrême...
Les responsabilités, telle l'imposition traumatique des batailles Américano-Russes qui ont combattus longuement dans ces vallée durant la guerre froide, permettant des formes de violences d'intégrer la société Afghane, ne font que perpétuer cette vieille pathologie du plus fort, du besoin de trouver un ennemi et de combattre.
Je crois qu'il ne faut aller chercher beaucoup plus loin.
Les aspects de “démocratisations“, de lutte pour la dignité des femmes, de “civilisations“ sont un miroir de fumée qui ne devraient en aucun cas, dans des sociétés équilibrées, s'imposer par la force et encore moins par d'autres... Mais là encore, l'impérialisme américain fait force de loi, et ses “alliés“ européens, israéliens sous traitent cette guerre “contre le terrorisme“, mais surtout pour le maintien de la domination exponentielle occidentale.
Et du soutien militaire français en Afghanistan à celui effectif en Irak, il n'y a que quelques pas de bottes, selon Fox news *:
-“France’s current deployment is its largest since the Afghan campaign’s early days, Michel said from Afghanistan’s Bagram air base (search). It includes some 500 French pilots, air controllers and ground crew who arrived this month at U.S.-operated bases in Afghanistan, Tajikistan, Kyrgyzstan and Qatar. But even as it takes a larger role alongside the United States in Afghanistan, France has not diluted its opposition to the U.S.-led invasion of Iraq, a policy that enraged Americans and led to boycotts of French products.“ -“Le déploiement actuel de la France est le plus grand depuis les premiers jours de la campagne afghane, dit Michel, de la base aérienne de Bagram de l’Afghanistan. Il inclut environ 500 pilotes français, contrôleurs aériens et équipes au sol, qui sont arrivés ce mois-ci dans les bases américaines en Afghanistan, Tajikistan, Kyrgyzstan et au Qatar.“
Cet engagement français a un effet sur le conflit irakien :
-“French and U.S. officials make clear that France still takes no direct role in Iraq. But the French-led sea patrols between Pakistan and the Horn of Africa indirectly bolster the U.S. mission there by preventing sea-borne aid for Iraqi insurgents or Gulf-based terrorists allied with them.“ -“Français et américains précisent que la France ne prend toujours aucun rôle direct en Irak. Mais les patrouilles menées par les français au-dessus de la mer, entre le Pakistan et l’Horn of Africa, soutiennent indirectement la mission des USA là-bas (en Irak), en empêchant l’aide maritime pour les insurgés irakiens ou de leurs alliés terroristes basés dans le Golfe.“
Afin de poursuivre le propos sur l'Irak, je vous propose la dernière analyse parue de M. Chomsky : http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6238
Aussi, la France a franchi un seuil stratégique en obtenant le 15 janvier 2008 l’aménagement d’une base militaire à Abou-Dhabi, face à l’Iran, souscrivant ainsi officiellement au rôle de sous-traitante des Etats-Unis dans la défense occidentale du Golfe arabo-persique.
Il faut bien trouver des ennemis et des combats pour calmer ses propres traumatismes...
* source : http://insidetheusa.net, août 2005
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  • 05/04/2008 16:28
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voir le point de vue de M Todd: http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1879
A la question : quel est le but militaire précis de la guerre des occidentaux en Afghanistan ? le résultat attendu ?, pas de réponse précise, à moins de se leurrer comme on l'a fait au Vietnam. Certes, Al Quaida et les talibans ne sont pas le Vietcong mais la population victime est toujours la même. Hubert Védrine a parlé un jour, si je l'ai bien compris, de solution à envisager par des contacts politiques et une action plus policière que militaire.
A Montebourg vient de dire à Ripostes, qu'il votera "non" demain à l'envoi de troupes en Afghanistan.
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Cet article a été réactualisé dimanche 23 mars, après une première publication le 16 mars.

Le point de départ de cet article est simple : une réaction contre le fait que la France est en guerre mais que personne n'en parle ni ne s'en soucie. Un bref sondage auprès des collègues à Mediapart et dans d'autres rédactions de journaux nous a montré que personne ne connaissait, même de manière imprécise, le nombre de soldats français tués en Afghanistan (les réponses allaient de quatre ou cinq à plusieurs dizaines).

Certains pointeront peut-être l'absence, dans cette enquête, de figures de la majorité présidentielle. Nous en avons contacté plusieurs qui, généralement pour des questions de calendrier électoral (les municipales), n'ont pu se libérer pour nous répondre. Au sein du gouvernement, plusieurs demandes d'entretiens sont restées sans réponse. Précisons également que les citations de Jean-François Bureau ne proviennent pas d'une interview réalisée en propre, mais d'une intervention et d'une session des questions/réponses qu'il a effectuée le 12 mars 2008 à l'Institut français des Relations internationales.

Plusieurs soldats français servant actuellement en Afghanistan ont été contactés par email. La plupart n'ont pas donné suite. Néanmoins, un adjudant, demandant l'anonymat et tout en refusant de s'engager dans le débat politique du pourquoi de sa présence, a répondu : «En Afghanistan, je partage mes connaissances militaires avec de futurs soldats afghans. Je les aide à bâtir une armée garante d'un état stable. (...) Surtout, par rapport à d'autres opérations auxquelles j'ai participé en Afrique, j'ai l'impression de servir à quelque chose d'utile.»