Syrie : la révolte s’amplifie, la répression aussi

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Vendredi, la répression des manifestations hostiles au régime de Bashar El-Assad a fait 90 morts. Samedi, lors des obsèques, les forces armées ont à nouveau tiré sur la foule.

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Les réformes annoncées par Bashar El-Assad n’y font rien, les protestations en Syrie s’amplifient de jour en jour. Et la répression, aussi. Vendredi 22 avril a été la journée la plus sanglante depuis le début du mouvement avec plus de 90 morts et des centaines de blessés, touchés par les tirs des forces de l’ordre. Le pays tout entier a été le théâtre de manifestations hostiles au régime, l’une des journées les plus suivies, et les plus meurtrières aussi.
Le lendemain, lors des obsèques des victimes de la veille, dans un cortège de près de 50.000 personnes à Douma, dans la banlieue de Damas, les forces de l’ordre syriennes ont à nouveau ouvert le feu, faisant au moins cinq morts. Dans la région de Deraa où est né le mouvement de contestation, cinq autres personnes ont été tuées «par les forces de sécurité qui ont tiré à balles réelles sur les habitants se rendant vers Ezreh pour assister aux funérailles ainsi que devant l'hôpital de Deraa», a indiqué un militant. Selon la version officielle syrienne, les forces de l’ordre sont intervenues avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Depuis le début du mouvement, le 15 mars, le pouvoir accuse «des gangs criminels armés» afin de discréditer les manifestants qui ne réclament plus seulement des réformes, mais bien la chute du régime de Bachar El-Assad, comme le rapporte ce reportage de la chaîne Al Jazeera.