Migrants: la justice italienne reconnaît les tortures dans les prisons libyennes

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Un tribunal sicilien a condamné à vingt ans de prison trois migrants accusés de tortures, de viols et de meurtres dans les prisons libyennes. Pour la première fois, un tribunal italien condamne des accusés étrangers pour des faits commis à l’étranger sur des victimes étrangères.

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Palerme (Italie). –  Ils étaient enfermés dans l’ancienne base militaire de Zaouïa, une ville côtière située à 45 kilomètres à l’ouest de Tripoli. Un témoin raconte ce qu’il a vécu derrière des hauts murs d’enceinte et un grand portail bleu à l’entrée : « Il y avait des militaires, nous étions peut-être plus de trois cents à l’intérieur de cette prison, personne ne pouvait sortir, on nous donnait à manger une fois par jour et l’eau était rationnée, elle n’était même pas potable parce que c’était l’eau du robinet des toilettes. » Dans le mandat d’arrêt émis par le parquet de Palerme à l’automne dernier et que Mediapart s’est procuré, cinq hommes et une femme racontent en détail leur calvaire dans l’ancienne base militaire transformée en prison pour migrants.