Zara, neuf années d’une vie volées par Poutine

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À 20 ans, Zara Mourtazalieva, étudiante tchétchène, est arrêtée à Moscou. Un dossier est fabriqué contre elle et, après un procès inique, elle est condamnée à neuf ans de camp pour terrorisme. Elle vient d'être libérée au terme de sa peine et témoigne. Un récit comme beaucoup d'autres qui racontent une justice devenue instrument de répression du pouvoir russe. Rencontre et entretien.

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Zara Mourtazalieva découvre Paris. Avec ébahissement et lucidité. « Paris, je ne connaissais que par les livres d’Alexandre Dumas… ça a beaucoup changé », sourit-elle. Mais tant de choses ont été bouleversées dans la vie de cette jeune femme tchétchène, âgée de 29 ans. Il y a moins de deux mois, le 3 septembre, Zara quittait un camp pénitentiaire russe au terme de près de neuf ans de détention. Elle laissait derrière elle l’uniforme des Zek (zaklioutchoniï, détenus), de couleur verte avec son matricule sur la poitrine, pour sortir d’un long cauchemar organisé par le pouvoir russe.