A Cuba, les militants LGBT n'ont droit qu'à une voix

Par Bernard Grau

« Comment s'aimer quand on n'a pas de lieu pour aimer ? » Cette question est l'une des nombreuses qui animent les militants LGBT dans l'île. Mariela Castro, la fille de Raúl, dirige le Centre national de la sexualité, qui lutte contre les discriminations. Mais il est aussi accusé de monopoliser le débat et d'oublier certaines promesses.

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Cuba, de notre envoyé spécial.-  S’il est un domaine où Cuba surprend l'observateur, c'est bien sa politique publique en matière de reconnaissance de la diversité sexuelle et de défense des droits de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT). Cuba était connue pour sa politique de répression féroce de la communauté homosexuelle, notamment dans les années 1960 : le souvenir des 25 000 homosexuels encadrés dans la campagne cubaine par des unités militaires spécialisées pour y accomplir des travaux forcés est toujours présent dans les mémoires. La répression fut ensuite plus sourde, comme le veto des autorités universitaires à l'accession aux responsabilités de professeur pour les candidat(e)s qui avaient décidé de ne pas taire leur orientation. On savait la société cubaine profondément conservatrice et ne tolérant pas la diversité. Le Parti unique et le mode de gouvernement qui en découlait ne pouvaient d'un coup s'échapper de ce creuset.