«Pourquoi je n'irai pas voter dimanche à Bucarest»

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Les Roumains décident ce dimanche par référendum de destituer ou non leur président de centre droit. Monica Macovei, ancienne ministre de la justice, crie au « coup d'État » conduit par le socialiste Victor Ponta.

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À la traîne dans les sondages, la formation qui soutient le président roumain Traian Basescu tente le tout pour le tout : le Parti démocrate-libéral (PDL, centre-droit) a décidé, mardi, d'appeler au boycott du référendum organisé dimanche, pour savoir si les Roumains veulent destituer leur chef d'État. Si le oui est donné gagnant, il est nécessaire que 50 % plus un des inscrits se rendent aux urnes ce jour-là, pour valider le vote. Ce qui est loin d'être acquis.

Cette décision n'est qu'un énième rebondissement d'une crise éclair, qui secoue la Roumanie depuis début juillet, et inquiète l'Europe. Basescu, qui effectue son deuxième mandat à la tête de cet État de 22 millions d'habitants, a été contraint, en mai, à la cohabitation avec un gouvernement de gauche, mené par le socialiste Victor Ponta. Mais, depuis le début du mois, ce dernier multiplie les passages en force pour accroître son pouvoir : il a ainsi démis les présidents des chambres haute et basse, ainsi que le médiateur de la République, et limité les compétences de la Cour constitutionnelle.

Le 6 juillet, les députés ont voté la destitution du chef de l'État, dont la popularité a chuté depuis qu'il s'est converti aux vertus de l'austérité. Mais cette destitution ne sera définitive que si le référendum du 29 la confirme. Des élections législatives doivent par ailleurs se tenir en novembre. La Commission européenne, quant à elle, est montée au créneau, exhortant Victor Ponta à respecter l'État de droit, dans un rapport sévère, publié la semaine dernière.

Pour mieux comprendre les lignes de fracture, nous nous sommes entretenus avec Monica Macovei. Cette ancienne figure de la société civile roumaine fut ministre de la justice, de 2004 à 2007, sous le premier mandat de Basescu. Elle est considérée comme l'artisane d'une réforme radicale du système de la justice, aujourd'hui présentée en exemple par la Commission européenne. Dans un entretien à Mediapart, celle qui est devenue députée européenne au sein du Parti populaire européen (PPE, droite) dénonce le « coup d'État » de Victor Ponta et explique pourquoi elle a choisi, avec son parti, de boycotter le scrutin de dimanche.