Dossier: Turquie, après le coup d’Etat raté Entretien

L’appareil d’Etat turc est «paralysé», estime le chercheur Hamit Bozarslan

L’État turc est en train de se désagréger. C’est du moins la thèse d’Hamit Bozarslan, directeur de recherche à l’Ehess et auteur de nombreux ouvrages sur la Turquie et le Moyen-Orient. Entretien, quelques jours après l’attentat de Gaziantep qui a fait 51 morts.

Pierre Puchot

24 août 2016 à 08h11

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Depuis le 21 août, la Turquie bombarde l’État islamique à la frontière syrienne, en représailles à l’attentat non revendiqué mais attribué à l'EI, et qui a fait 51 morts à Gaziantep samedi 20 août. Ce mercredi à l'aube, l'armée turque est entrée en Syrie pour repousser l'Etat islamique hors de la ville de Jarablus. Que fera-t-elle ensuite ? Impossible à dire, explique le chercheur Hamit Bozarslan. Pour ce directeur de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales (Ehess), la Turquie est devenue un « bateau ivre » au gré des « virages » pris par le président Erdogan. Derrière l’unité de façade de ce que Erdogan désigne comme la « nation turque », le chercheur, auteur de nombreux ouvrages sur le Moyen-Orient, explique que la Turquie est désormais devenue un acteur « imprévisible » au sein d'une géopolitique régionale instable. Entretien.

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