La justice interdit de tester l’homosexualité d’un homme qui demande le droit d'asile

Par Michel Henry

La Cour de justice de l’Union européenne a estimé ce 25 janvier qu’un État ne pouvait pas soumettre les demandeurs d’asile qui se disent persécutés dans leur pays d’origine en raison de leur homosexualité à un quelconque test pour confirmer leur orientation sexuelle. En France, ces pratiques ont toujours été rejetées, mais juger de la crédibilité des récits n’en reste pas moins « extraordinairement difficile ».

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Vérifier au moyen d’une expertise psychologique si un demandeur d’asile est bien homosexuel, voilà l’idée qu’ont eue les autorités hongroises en 2015. Et comme l'examen de personnalité basé sur divers tests dont celui de Rorschach ainsi que celui dit du « dessin d'une personne sous la pluie » n'ont pas conclu à l'homosexualité du requérant nigérian, sa demande a été rejetée. Comme, après son recours, un autre « expert » a validé ces tests, la justice hongroise a saisi la Cour de justice de l’Union européenne de deux « questions préjudicielles » : la charte des droits fondamentaux de l'Union autorise-t-elle ces expertises si on n'y évoque pas les « habitudes sexuelles » et si on ne procède pas à un « examen physique » ? Sinon, faut-il en déduire qu’aucune expertise n'est autorisée pour mesurer la crédibilité du demandeur qui craint d’être persécuté dans son pays d’origine en raison de son orientation sexuelle et qui demande le statut de réfugié à ce titre ?