Dans les décombres bruxellois d’un «séisme» nommé Brexit

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Bruxelles, Luxembourg, envoyé spécial.- Quand rien ne va plus à Bruxelles, il reste les rituels. Dans l’auditorium feutré du think tank Bruegel, au quatrième et dernier étage de leurs locaux, Jonathan Hill est venu faire ses adieux. Le lord britannique, l’un des commissaires de l’équipe de Jean-Claude Juncker depuis 2014, avait fait campagne pour le maintien du Royaume-Uni dans l’UE. Proche de David Cameron, ce technocrate de 55 ans a choisi de démissionner de son poste après la victoire du Brexit. « Je me serais senti incapable de continuer à siéger à la commission après cela, alors que je n’ai pas même été élu à ce poste. Vous devez montrer que quelqu’un écoute, quand les gens envoient un message aussi fort », a-t-il expliqué.

Face à une centaine d’invités triés sur le volet – dont l’impassible Mario Monti, ex-chef de gouvernement italien, au premier rang –, Hill, grande tignasse grise, fanfaronne ce lundi-là : « À l’heure qu’il est, je devrais être en train de faire mes affaires, plutôt que de venir ici vous parler de régulation financière – ce qui prouve au passage à quel point j’adore faire mes bagages. » L’assistance s’amuse. « Il va falloir réinventer le paradigme qui reliait depuis quarante ans le Royaume-Uni à l’UE », poursuit le lord britannique, avant d’ironiser sur le soulagement qu’il ressent à ne pas avoir à participer aux négociations houleuses qui s’annoncent, entre Londres et Bruxelles. La conversation s’engage vite sur deux des sujets qui taraudent la « bulle » bruxelloise depuis le Brexit : la santé vacillante des banques italiennes, qui pourraient relancer la crise de l’euro, et l’avenir en pointillés de la City londonienne.