Libye: la France mène un double jeu dangereux

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Après avoir, sous Sarkozy, déclenché une intervention militaire qui a plongé la Libye dans le chaos, la France, sous Hollande, y mène deux politiques parallèles. L’une officielle, l’autre secrète. À Tripoli, elle soutient le gouvernement reconnu par la communauté internationale. Dans l’est du pays, elle apporte une aide militaire au principal adversaire du gouvernement, le général Khalifa Haftar.

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Un silence et deux stratégies. Près de six ans après l’aventureuse guerre en Libye de Nicolas Sarkozy, la France de François Hollande y mène une politique souvent illisible, marquée du sceau du secret et brouillée par les tiraillements entre les diplomates du Quai d’Orsay et les militaires de la Défense. Officiellement, elle n’y est plus en guerre. Mais plusieurs officiers français y sont morts en juillet. Officiellement encore, elle soutient le gouvernement d’union nationale à Tripoli. Mais elle apporte son appui discret, par le biais de renseignements et de conseillers militaires français, au général Haftar qui le conteste, depuis son bastion de Benghazi, à l’est du pays.