Avant même l'envolée brutale du pétrole ou même la prise de conscience du réchauffement climatique, des experts avaient déjà pointé le danger : l'énergie, selon eux, serait une des questions cruciales du XXIe siècle. La croissance de la population mondiale, qui dépasse désormais 6,7 milliards, la mondialisation économique et les développements techniques, la montée en puissance des pays émergents calquant leurs modes de vie sur ceux de l'Occident, allaient entraîner une consommation énergétique de plus en plus élevée. Depuis les calculs se sont affinés, des études se sont poursuivies. Mais la tendance est toujours la même : une consommation énergétique galopante.

(Tep : tonne équivalent pétrole)

Et cette énergie dans vingt ans sera pour une grand part encore d'origine fossile, c'est-à-dire dégageant du CO2. Pour l'instant, aucun expert ne voit de solutions de substitution radicales. Même le nucléaire ne leur apparaît pas comme une alternative pouvant être mise en œuvre à grande échelle. La période qui s'annonce risque donc de voir l'utilisation de multiples sources d'énergie, allant du charbon au solaire. Mais encore dominée pour un long moment par le pétrole.

 

 

La consommation de brut n'est pas près de s'arrêter. Selon l'Agence internationale de l'énergie, elle devrait continuer à croître entre 1% et 2%. En 2007, elle s'est établie à 3,9 milliards de tonnes, en hausse de 1,1% par rapport à l'année précédente. Comparé à 1979, date du deuxième choc pétrolier, l'augmentation est à peine de 21%. Dans le même temps, la population mondiale a gagné 2,5 milliards d'habitants, le PIB mondial a été multiplié par trois, celui de la Chine par plus de 20. Ce qui amène peut-être à relativiser certaines analyses sur les raisons du déséquilibre actuel entre l'offre et la demande sur le marché pétrolier.