Aux Etats-Unis, une vague démocrate. Et maintenant?

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  • 26/11/2018 09:18
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Ils vont pouvoir faire du sociale, c'est bonne nouvelle pour ce grand peuple.

Et nous c'est quand notre "Great again", c'est quand que l'on paralyse notre idiot.

Ca supposera d'en finir avec la stratégie d'un "populisme de gauche". Séduisante dans le cadre des présidentielles (où la personnalité d'un candidat importe plus que le reste pour l'essentiel de l'électorat), on en mesure aujourd'hui l'impasse. 

Pourtant au départ, l'idée semblait bonne : cela devait, d'une part, mobiliser ou remobiliser un électorat modeste, sensible aux idées de gauche, mais ne votant pas / ne votant plus, par résignation ou déception, et même de récupérer l'électorat de gauche parti s'égarer au FN.

Mais il en  faut hélas plus pour (re) mobiliser les abstentionnistes, encore plus avec un exécutif qui a tout fait pour écraser toute expression de gauche, soit à l'Assemblée, soit dans les corps intermédiaires. Et côté FN, on est parti sur un mauvais postulat : que l'électorat protestataire, autrefois capté par le PCF, était forcément de gauche, et s'était juste égaré à l'extrême-droite.

Or c'est un peu l'inverse : cet électorat protestataire est plus en phase avec les idées simplistes, vulgaires, repoussantes de l'extrême-droite. Il est allé vers le PCF, parce que longtemps depuis l'après-guerre, c'était la seule option - et le PCF avait des structures suffisantes pour réorienter ce "protestatairisme" vers des idées progressistes, avec l'espoir d'un "socialisme réel" existant). Mais avec la montée électorale du FN (qui a justement commencé dans les cités, j'ai pu voir ça dans ma cité lors de la première ascension avec Papy Le Pen), cet électorat protestataire est allé vers eux sans complexe. Et ne pas compter les séduire avec un quelconque "populisme de gauche", censé réunir des idées de gauche et une base prolétaire. C'est tellement plus simple de continuer à gober que les immigrés sont la cause de tout.

Le seul électorat qu'il faut viser, c'est un électorat modeste, mais instruit, conscient. Il se situe souvent moins à gauche que FI ou PCF, mais actuellement il est en déshérence. Si FI continue dans sa stratégie sectaire suicidaire, cet électorat finira par se porter sur les écolos (tu parles d'écolos ! Il doit bien rester des De Rugy à EELV...), voire sur un PS renaissant de ces cendres. Car, avec l'implantation d'élus locaux, le PS n'a pas encore dit son dernier mot. Il faut à tout prix combler ce vide entre le PS (social-traître qui n'a toujours pas remis en cause le quinquennat Hollande), et le positionnement populiste de FI, qui ne trouve rien de mieux que de manifester aux côtés de gens de DLF et RN.

Mais Mélenchon, qui fut un formidable levier, est en train de devenir un frein.

Excellent post, merci !

Farida Amrani, LFI, a été boulée mais grave à Évry dimanche dernier.

c'est l'abstention de gauche ET de l'extrême gauche qui lui a été fatal. Pas l'abstention tout court. On se demande bien pourquoi ?

Son sectarisme et sa proximité avec les thèses indigénistes ont découragé les électeurs de gauche du 1er tour.

Tout à fait ..

Que vous le vouliez ou non, des Démocrates sont la gauche des USA. Certes, une gauche plus proche du PS (et même souvent plus proches de Valls que de Maurel). Il y eu même longtemps, dans le Sud, des élus démocrates qui n'avaient rien à envier aux Républicains, mais ils étaient élus parce que longtemps, les gens du Sud ont juste voulu punir les Républicains d'avoir, au niveau national, soutenu le Nord anti-esclavagiste !

A l'aune de USA, un Obama était presque considéré comme un socialiste (insulte suprême aux USA, il vaut mieux se déclarer proche de Satan). Et le système électoral US, scrutin en un tour comme au Royaume Uni, divise le monde en deux camps, et pour un parti situé un peu plus à gauche que l'autre, il ne peut espérer l'emporter qu'en lorgnant vers l'électorat centriste.

Mais Trump a eu l'avantage de débloquer partiellement la situation (déblocage entamé, il est vrai, par Sanders) : Clinton, avec son programme très centriste (et très affairiste) a bien montré l'impasse de cette stratégie, aisément enjambée par Trump qui a su séduire les anciens bastions démocrates de la Rust Belt. Et c'est encore là que le système électoral US a permis ce glissement à gauche : parmi les 435 sièges de la Chambre des Représentants, il n'y en a en fait qu'au maximum 80-100 qui sont réellement en jeu. Les autres, du fait de l'extrême polarisation des populations par quartiers, par ville (un peu comme chez nous le 78 et le 9-3), et par le charcutage électoral (le "gerrymandering", véritablement caricatural surtout dan les Etats gouvernés par les Républicains), sont quasiment acquis à un camp ou l'autre.

Ce qui fait que dans ces 300 à 350 circonscriptions, c'est en fait au moment des primaires de chaque camp que tout se joue, car le candidat du parti dominant est à peu près sûr de l'emporter, souvent avec des scores inimaginables chez nous : 70%-30%, 65%-35%...Le Tea Party a su en jouer, en arrivant, ces dernières années, à imposer de plus en plus ses candidats lors des primaires républicaines, et annoncer au final la venue de Trump. Cette fois, c'est chez les Démocrates qu'on assiste à ce phénomène. Qui pourrait avoir une grande influence pour la prochaine décennie.

Quant au Sénat, cette fois les Républicains étaient sûrs de l'emporter. Ils ne remettaient que 9 sièges sur 26 en jeu, et ils disposaient, la veille de l'élection, de 42 sièges sur 100 sans bouger le petit doigt ! En fait, après l'élection de Trump en 2016, les Républicains rêvaient même, pour 2018, d'obtenir 60 sénateurs, une majorité qualifiée bien utile dans certaines situations au Sénat (une minorité peut bloquer certaines choses, si 60 sénateurs ne peuvent s'y opposer). Avec 53 sénateurs, ils en sont loin (en 2016 dans la foulée de l'élection de Trump, avant la chute du sénateur Moore, ils en avaient...52). En 2020, on aura cette fois au contraire un assez fort renouvellement de sénateurs républicains, et sauf surprise, les démocrates devraient rafler 5 sièges, donc obtenir la majorité. En espérant que d'ici là, les juges progressistes (les plus vieux !) de la Cour Suprême tiendront bon - si Trump ne les finit pas lui-même à la hache.

Mais pour le Sénat, peu de chances que l'aile progressiste des Démocrates puissent imposer beaucoup de candidats. Il arrive même que certains Etats ayant voté majoritairement pour des Représentants démocrates, ont voté pour un Sénateur ou un Gouverneur Républicain. Faut pas chercher à comprendre.

*** laughing

10 millions de voix de plus que les républicains. Aux USA cela ne veut rien dire, Hillary Clinton avait obtenu 3 millions de voix de plus que Trump. 50 % de votants c'est beaucoup quand on pense qu'en France tu peux te faire élire avec 82 % d'abstention.

Aux USA le taux de participation est bien inférieur à ce qu'il est en France, en général. La chose étant liée d'une part au fait que les électeurs sont moins motivés pour voter, et d'autre part, au fait que dans de nombreuses zones il est très difficile de voter (peu de bureaux, bureau mal desservis, horaires d'ouverture restreints, les gens travaillent le mardi, lois restrictives du droit de vote dans de nombreux états contrôlés par les républicains - tous ces facteurs favorisant le vote républicain, comme par hazard).

Lors des mid-term elections de ce mois, il a été cependant exceptionnellement élévé pour les USA, proche des 50%.

A la chambre, où toutes les circonscriptions étaient en jeu, les candidats démocrates ont obtenu globalement 53% des voix exprimées et les républicains, 45%. C'est un écart énorme, un record, et même un peu mieux que le score des démocrates juste après le Watergate et la démission de Nixon.  On peut vraiment parler de tsunami bleu. Si cela s'est traduit par une majorité nette mais sans plus en terme de représentants, c'est uniquement en raison de savants découpages des circonsciptions dans les états contrôlés par les républicains d'une part, et d'autre part du fait que les démocrates sont défavorisés par la tendance des électeurs démocrates à vivre dans les centre ville.

Le résultat au sénat peut paraitre paradoxal, mais l'échantillon du sénat est biaisé puisqu'on ne votait que dans un tiers des états, et que le hazard a fait qu'il était quasiment impossible aux démocrates d'emporter la majorité. En effet les sièges en jeu étaient très majoritairement déjà occupés par des démocrates, les sièges républicains en jeu étaient tous dans des états de toute manière ultrarépublicains donc peu menacés, et en revanche deux ou trois sièges démocrates étaient dans des états ultrarépublicains et donc menacés. Normal donc que les républicains conservent et même consolident un peu leur majorité au sénat, c'était considéré comme l'issue la plus probable par le site 538. Ce qui est frappant tout de même, c'est qu'au Texas le républicain Ted Cruz n'a gagné qu'avec une avance de 2% sur le démocrate Beto O'Rourke, ce qui montre que le Texas ne peut plus être considéré comme la chasse gardée exclusive des républicains. Ca devrait inquiéter les républicains...

Au Texas, Dallas, Houston et Austin sont des villes dirigées par les dems.

"Aux USA le taux de participation est bien inférieur à ce qu'il est en France, en général."

Ouais... avec 83% d'abstention ce ouiquende dans l'Essonne, on n'est pas trop bien placé pour la ramener.

Remarque typiquement franco/française. Les ETATS UNIS veulent bien dire qu’il s’agit d’une union d’Etats avec chacun sa législation, son parlement, son exécutif, sa justice, sa cour suprême. Chaque Etat dispose d’une large autonomie : pour le programme scolaire, le permis de conduire, ses lois, et j’en passe … Ce sont les Etats qui votent pour l’élection présidentielle. Les citoyens qui votent dans différents Etats (dont l’organisation est laissée à l’initiative des Etats) répondent le même jour à de multiples questions différentes d’un Etat à l’autre.

Pour comprendre un pays il faut à minima comprendre son histoire, sa culture, ses institutions et leur origine.

Amusant : en France nous avons un mode d’élection similaire pour Paris Lyon Marseille.Bertrand Delanoe a été élu la première fois avec moins de voix que Philippe Seguin car on vote par arrondissement. Cela n’a choqué personne .

Le midterm ne porte que sur 30% des mandats mais au moins il existe alors que nous nous devons attendre tranquillement 5 ans pour exprimer quoique ce soit. Est-ce plus démocratique ? Au moins les démocrates ont pu reprendre la chambre des représentants. Ici impossible à mi-mandat.

En Angleterre, le vote à un tour sans proportionnelle est tout aussi extravagant. Qui en parle ici ?

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Aux USA le taux de participation est bien inférieur à ce qu'il est en France, en général. La chose étant liée d'une part au fait que les électeurs sont moins motivés pour voter, et d'autre part, au fait que dans de nombreuses zones il est très difficile de voter (peu de bureaux, bureau mal desservis, horaires d'ouverture restreints, les gens travaillent le mardi, lois restrictives du droit de vote dans de nombreux états contrôlés par les républicains - tous ces facteurs favorisant le vote républicain, comme par hazard).

Oui mais aux USA, la plupart de ceux qui ne votent pas ont bien compris que Démocrates ou Républicains, c'est grosso modo la même chose. Que ce soit le Parti Républicain ou Démocrate qui est au pouvoir, ils sont tous amis du complexe militaro-industriel et de la guerre perpétuelle, de Netanyahou, de l'Arabie Saoudite, des banques, de Wall Street, des compagnies pétrolières et gaz de schiste, tous pour la doctrine de Monroe, pour payer les travailleurs le moins possible, endetter leurs enfants pour aller à l'université, pour faire que l'accès aux soins soit réservé à ceux qui ont de l'argent.

(Pas très différent de ce qui se passe en France sauf que les acquis sociaux sont (étaient) bien plus ancrés dans le fonctionnement du pays. Heureusement pour nos néo-libéraux, les Sarko, Hollande et Macron-à-fond-les-manettes s'emploient à détricoter tout ça).

Donc pour les élections américaines, la différence entre "motivés" et "non-motivés" est sociale. En gros, ceux qui ont un certain niveau de revenus veulent que ça continue et vont tout faire pour aller voter, et ceux qui galèrent savent que les élections ne changeront rien pour eux quel que soit le résultat, et resteront chez eux. Quant à faire voter le gens le mardi, c'est vrai que ça pose problème (vu l'attente dans beaucoup de bureaux de vote) mais le dimanche, les "classes laborieuses" travaillent aussi. Mais bon, ce serait déjà un petit progrès que de changer le jour de vote.

Ce n'est pas la même chose. Dans le cas des présidentielles, "the winner takes all" : dans chaque Etat (sauf le Maine et ?? le Mississippi ?), le candidat arrivé en tête remporte la totalité des Grands Electeurs. Ainsi, Clinton a remporté les 55 Grands Electeurs de Californie, mais Trump les 39 Grands Electeurs du Texas. Tandis que Clinton emportait largement certains grands Etats (Côte Ouest, Côte Est, les plus peuplés), Trump, en dehors des petits Etats conservateurs, l'a emporté souvent de peu (Floride, Rust Belt)

Par contre, lors de ces midterms, l'élection se fait circonscription par circonscription. Le découpage électoral renforce souvent le parti dominant au sein de chaque Etat, mais malgré tout quelques élus de l'opposition arrivent souvent à se faire élire. Ainsi, même dans le très conservateur Utah (mormons), un démocrate a pu remporter (de justesse) une circo. Idem Kansas.

A l'inverse, en Californie ou à New York, quelques élus républicains ont pu l'emporter (même s'ils y ont laissé des plumes, comme l'indique l'article). Ce qui fait que, globalement, il y a une représentativité un peu moins déformée que lors des présidentielles. Pour un résultat national environ dém-rép 54%-46% (pour simplifier, car il y avait souvent de petits candidats indépendants faisant 1 à 3%), le résultat final est 234-201 sièges - soit environ 53,5%-46.5%. Soit loin, par exemple, du raz-de-marée assez peu démocratique de LaREM à nos législatives.

Donc vous comparez les Etats-Unis à l'Essonne ?

Evidemment, les grandes villes sont presque toujours démocrates. Mais là on parle de l'état dans son ensemble.

Oui mais aux USA, la plupart de ceux qui ne votent pas ont bien compris que Démocrates ou Républicains, c'est grosso modo la même chose.

le fait qu'il y ai eu une participation exceptionnelle cette fois prouve au contraire qu'ils ont bien compris que ce n'était pas la même chose. et la présence de candidats rééllements de gauche n'y est pas non plus pour rien.

Vous dites pas mal de choses vraies, mais n'empêche que le niveau fédéral est très important, surtout dès qu'il s'agit de faire évoluer les législations. Prenons le port d'armes : certains Etats sont plus restrictifs que d'autres. N'empêche que vous pouvez venir d'un Etat voisin, beaucoup plus laxiste, et à moins de particulièrement mal tomber lors d'un contrôle (les contrôles sont quand même rares, si vous ne donnez pas de signe extérieur de "malfaisance" - et bien sûr si vous n'êtes pas black...), vous pouvez entrer dans un Etat restrictif avec des armes autorisées juste quelques dizaines de miles plus loin.

Et la majorité républicaine au Sénat a permis, coup sur coup, à Trump de nommer 2 juges très conservateurs, qui vont en fait définir l'essentiel du droit fédéral pour la décennie à venir - surtout que ces deux derniers, relativement jeunes, sont nommés à vie. Et l'on voit que Trump a bien l'intention de faire remonter un max de conflits entre lui et le reste du monde politique (y compris...les Républicains) jusqu'à cette Cour Suprême, qu'il s'imagine (certes un peu rapidement) à sa botte.

Je comprends parfaitement vos remarques et loin de mon esprit de dire que l'Etat Fédéral n'a pas de pouvoir. Mais l'incompréhension que l'on rencontre dans les commentaires provient d'une part d'un vision française où l'état central est fort depuis longtemps et une méconnaissance absolue des prérogatives des états aux USA.

Il y a deux domaines, et sans doute le savez vous, où les états n'ont aucun regard possible : la défense et la politique étrangère et cela depuis la création des USA. Et, bien sûr, les crimes qualifiés de fédéraux comme par exemple l'enlèvement d'un enfant et bien d'autres choses encore. Il n'en reste pas moins qu'il n'est pas inutile de préciser ce que sont les institutions et combien les états "existent" et y tiennent. C'est souvent une découverte pour les citoyens des pays européens et des français particulièrement..

Oui il y a des Etats où la peine de mort est abolie, pas d'autres ... pas de programme nationale pour l'éducation et donc pour l'histoire ... Dans chaque Etat, les citoyens état élisent leurs procureurs, sheriffs ... une autre planète pour les français.

Pas de consigne de vote pour les partis, cohabitation permanente d'où des transactions entre un président et certains membres de l'opposition. Pas de financement  public des partis etc...Que le droit des pays anglo-saxons, un droit non écrit basé sur la jurisprudence, est bien différent du code Napoléon adopté dans de nombreux pays y compris en Amérique Latine etc...

A la cour suprême chaque président nomme des hommes de sa sensibilité depuis toujours. bien sûr quand c'est Trump cela hérisse. (Même chose en France pour le Conseil Constitutionnel)

Larry Lessig (Démocrate, un des juriste d 'Harvard particulièrement respecté) par exemple avait été sollicité par Obama pour entrer à la cour suprême,. Il a refusé pour se consacrer à sa lutte : faire en sorte que les personnes morales (les entreprises) ne puissent plus financer sans plafond les partis. Il a été éjecté de la candidature aux primaires par des manoeuvres de dernière minute organisées par l'état major de son propre parti. Pas très ragoutant non plus.

Il fut un temps où bien que différents, des accord étaient possibles entre les deux partis. Aujourd'hui la radicalisation atteint le paroxysme d'où la situation tout à fait particulière des dernières années. Les néo-cons qui recrutent dans les deux partis ont radicalisé le débat.

Au moins l'élection de Trump aura permis que les français s'intéressent d'un peu plus près aux institutions américaines et comprennent que leur vision n'est pas universelle.

D'accord avec vos chiffres. En même temps, quand vous prenez certains Etats de la Côte Est ou la Californie, les Républicains y obtiennent un nombre de sièges inférieur au total des votes de l'Etat (Massachussets, ce sont même uniquement des élus démocrates ! - Tant mieux du reste, ça compense des Etats pouraves de la Bible Belt et du Deep South). Cela dit, il est vrai que ce sont les Etats gouvernés par les républicains qui ont le plus tendance à exagérer le charcutage des circonscriptions, à un point caricatural. Mais parfois, les Démocrates ne sont pas en reste dans les Etats qu'ils dirigent !

Les radiations intempestives (et surtout sélectives) opérées dans des Etats conservateurs, qui, comme par hasard, visent les Noirs et les Amérindiens (Georgia par exemple) sont beaucoup plus un souci.

Les Démocrates, qui ne gouvernaient que 17 Etats, en gouvernent désormais 23, et ce, juste au moment où le recensement décennal (2020) va permettre de redessiner (et corriger) les circonscriptions électorales...pour dix ans ! Chose intéressante, les Démocrates vont gouverner, ou continuer à gouverner, non seulement la Côte Est (sauf, bizarrement, le Vermont, Etat de Sanders, et le Maine), la Côte Ouest, de plus en plus les Rocheuses, mais aussi la région des Grands Lacs, qui avaient donné la victoire à Trump en 2016. Un retournement de tendance se prépare pour lui.

Le mardi de vote est jour férié aux USA

Vu d'Europe, la différence entre les deux camps ne saute pas toujours aux yeux (si l'on oublie le phénomène Trump), mais vu des USA, elle importe. Quand vous voyez les Républicains hystériques vouloir revenir sur l'Obamacare (ils ont échoué, juste parce que des Sénateurs Républicains voulaient aller encore plus loin !), sans parler du droit à l'avortement etc, vous vous dites qu'il existe quand même des différences.

Et si les Républicains ne dominaient pas la plupart du temps la politique aux USA (au moins au sein de la plupart des Etats), il y aurait sans doute moins d'armes (même s'il y a aussi des pro-guns chez une minorité de démocrates, qui bénéficient eux aussi de largesses de la NRA - mais côté républicains, ça concerne la plupart d'entre eux).

Ça devrait d'autant plus inquiéter les Républicains, que si les Démocrates finissent par y devenir majoritaires, eh ben pratiquement la Présidence, c'est fini pour eux ! Avec une quarantaine de grands électeurs, et même si les Républicains arrivaient quand même à conserver la Floride (qui est, presque à chaque élection, à 50-50), ils ne pourraient compenser le fait que les 3 plus gros Etats du pays (Californie, Texas, New York) donneraient leurs Grands Electeurs au candidat Démocrate (à eux trois, 126 grands électeurs sur un total de 485)

Le taux de participation "exceptionnel" pour les midterms était de 47%. Même si c'était un peu mieux qu'avant il y a bel et bien plus de la moitié du corps électoral qui ne se déplace pas pour ces élections midterms. 

Il y a effectivement quelques candidats plutôt de gauche, c'est vrai mais la plupart du temps, ce type de candidats se fait couper l'herbe sous les pieds par les instances du Parti Démocrate qui, comme les Républicains veulent garder leurs généreux donateurs. On a vu ce qu'ils étaient capables de faire pour mettre hors d'état de nuire Bernie Sanders.

Votre dernière observation est intéressante : de fait, le résultat des mid-terms de novembre est quasiment conforme à ce qu'aurait donné une élection à la proportionnelle !

Mais cette coïncidence est paradoxale et cocasse : le système électoral américain est uninominal à un tour, c'est donc un scrutin majoritaire comme le nôtre... il donne un avantage énorme au gagnant et, si les dés n'avaient pas été pipés, les démocrates auraient une majorité écrasante à la chambre des représentants.

Et ce n'est pas le cas parce que le "bonus majoritaire" des démocrates est très largement compensé par ce qu'il faut bien appeler un "bonus magouille" des républicains. Pour être parfaitement honnête il faut ajouter que, outre les magouilles républicaines pour faire en sorte que les démocrates ne soient pas représentés, tant par des découpages sur mesure que par des lois limitant sélectivement l'accès au vote, le fait que les américains aient tendance à se regrouper géographiquement selon des critère sociologiques fortement corrélés à l'orientation politique aboutit à une carte où les démocrates sont très concentrés - ce qui facilite grandement la tâche des républicains.

Mais ce phénomène de compensation qui a produit dans ce cas un résultat quasi-proportionnel n'est pas symétrique - si les républicains avaient obtenu les scores que les démocrates ont obtenu, là, on n'aurait quasiment plus de démocrates à la chambre des représentants....

Donc mettre ce résultat tempéré à l'actif du système américain serait quelque peu abusif, selon moi...

Vous dites que le mardi de vote est férié aux USA ? J'ai un gros doute là-dessus, avez-vous des sources ? Les élections aux USA ont quasiment toujours lieu un mardi, et il y a beaucoup de mardis (par exemple lors des primaires, où les états votent "par grappes" et où la primaire démocrate n'est pas forcément le même mardi que la primaire républicaine)... ça ferait beaucoup de jours feriés !

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  • 26/11/2018 11:34
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Ca va pas du tout cet article, mais pas du tout.

Peut-être pourriez-vous développer.

Oui c'est vrai, pas très constructif mon commentaire, désolée.

En l'occurence, je souscris au commentaire de Lonesome cowboy plus bas.

J'ajouterais une chose : vous dites dans l'article que Pelosi sera réélue speaker car elle n'a pas d'opposion. En l'occurance, il y a une dizaine d'élus (Problem Solvers caucus - bipartisans, sous-entendu de drôche) qui se propose de la remplacer et qui se trouvent être encore plus conservateurs. De l'autre côté de l'échiquier, certains progressistes poussent Rep. Barbara Lee (dont le principal fait d'arme est de s'être opposée à la guerre en Irak) à se porter candidate mais en vain. Du coup, pour assurer son maintien, Pelosi se voit dans l'obligation de négocier des places avec les progressistes (Rep. Pramila Jayapal - Justice dems, notamment) auxquels elle a assuré une représentation proportionnelle dans les House committees et donc y compris les comités intéressants (banques, énergies, télécoms, commerce...) alors qu'auparavant ils étaient habitués aux "kittens and hugs committees". Ces places seraient un progrès pour les leftists mais il y a un revers de la médaille s'ils acceptent ce deal : celui d'être parmi ceux qui ont assuré la reconduite de Pelosi alors que certains préfèreraient s'en éloigner le plus possible... 

Du coup, outre-atlantique, du côté de la gauche néomarxiste, on peut observer que la question des stratégies d'union ou de rupture anime aussi les esprits...

J'espère avoir été moins lapidaire.

 

Il est très probable que Pelosi sera le prochain speaker. Elle est trop efficace en terme de maitrise des rouages de l'appareil législatif. En revanche il est aussi probable qu'elle cède son petit marteau à l'approche des prochaines présidentielles pour céder la place à un speaker plus à même de mener les démocrates à la victoire électorale.

C'est drole, vous dites que l'article ne va pas du tout, et ensuite vous dites que vous souscrivez au commentaire qui commence par dire que l'article est excellent sur le plan factuel (ce qui n'est tout de même pas mal, vous en conviendrez)...

Oui j'ai chonchonné...

Mais c'est parce que j'ai accédé à l'article via Facebook et de prime abord j'ai trouvé que le titre, l'accroche et l'illustration (Ilhan Omar) ne fonctionnaient pas du tout. Quitte à montrer un Rep. musulmane autant choisir Rachida Tlaib qui soutient ouvertement le Green New Deal. Mais elle n'est pas voilée donc c'est moins spectaculaire.

C'est vraiment une question de perception, je ne vois pas ce que je peux dire là dessus. La photo est authentique. Et c'est vrai que ces mid-terms représentent un tsunami démocrate, ainsi que je l'ai détaillé dans plusieurs commentaires, et contrairement à la propagande républicaine qui a tout de suite voulu présenter l'affaire comme un succès en demi-teinte - voire, dans le cas de Trump, comme une victoire personnelle. Toujours aussi grotesque. Et je constate que cette propagande républicaine fonctionne même auprès de certains commentateurs de Mediapart. Mais elle ne repose sur rien.

Outre l'ampleur du tsunami démocrate, ce qui est frappant c'est le renouvellement et l'arrivée de représentants jeunes, souvent issus des minorités, ou ouvertement gay ou lesbiens, et aussi assez marqués à gauche, bref, c'est aussi une nouvelle Amerique qui nous rappelle qu'elle est bien là, n'en déplaise à Trump, qu'elle se mobilise, et qu'elle est prête à assurer la relève... ce qui est précisément ce qui fout la trouille à la base électorale de Trump. Donc oui, la photo me semble une bonne illustration de cet aspect qualitatif - et j'ajouterai réjouissant.

« Il faut s’attendre à une série d’auditions, sur toutes sortes de sujets… »

Il me semble que c'est un aspect très important qui pourrait gêner considérablement la suite du mandat de Trump. Ces commissions d'enquête ont beaucoup de pouvoir et un grand retentissement.

Comme, par ailleurs, Trump s'est récemment mis dans une position délicate avec les juges fédéraux et le président de la Cour suprême (institution qui doit prouver qu'elle n'est pas à la solde de Trump après la dernière élection contestée de Kavanaugh), sa marge de manœuvre est bien plus limitée qu'il y a quelques mois.

Tu parles d'une vague. On est bien loin du raz-de-marée que certains attendaient. Et quand bien même les démocrates auraient raflé le Sénat, cela n'aurait pas changé grand chose... Malgré toutes ses extravagances, ses mensonges et son racisme, Donald T. a réussi a préserver l'essentiel. Car pour nombre d'Américains, les dinosaures n'ont jamais existé et Dieu s'est fâché contre les impies californiens en allumant des feux. 

C'est un raz-de-marée. 53-54% de voix pour les démocrates, 44%-45% de voix pour les républicains. On n'avait pas vu ça depuis les élections qui ont immédiatement suivi le Watergate.

entre la soirée électorale et aujourd'hui, les démocrates ont gagné une bonne dizaine de sièges; soit 39 ou 40 en tout (il reste encore au moins un décompte à l'issu incertaine), parce qu'une bonne partie des bulletins par courriers décomptés après coup étaient démocrates.

avec 10 millions de voix d'avance, et un scrutin très favorable aux républicains; les USA sont en grande majorité dans le rejet de Trump et de ses soutiens. et prendre le sénat c'était de la science fiction (surtout qu'il fallait une majorité et non pas l'égalité, puisque c'est la présidence qui tranche).

Eux au moins ils réagissent et vite à ce petit dictateur  des industriels du pétrole et évangélistes,alors  qu ici les fachos fleurissent et personne ne trouvent à redire voir les pays de l’ est ,Italie  ,Turquie,à Autriche  etc , le système  électorale américain est plus Démocratique que le notre, et empêche les dérives, là trop c’est trop.

Effectivement, aucun pays anglo-saxons n'a jamais eu de tentation fasciste et élu un exécutif ou des assemblées de ce type, ni même connu de coup d'état, ce qui n'est pas le cas au XX siècle de nombre de pays du continent. Faut-il les citer ? Et cela continue.

Trump qu'on l'aime ou pas, utilise les institutions à son profit mais n'a en rien violé ces dernières et la constitution permet de réagir.

Quant au découpage des circonscriptions, les français sont habiles également. La transparence n'est pas sa marque de fabrique et demander la consultation d'un document officiel relève du parcours du combattant etc..

Les français qui ont vu leur vote bafoué en 2005 sans réagir ne sont pas en meilleure position pour donner des leçons de démocratie même si comme toute démocratie les USA ne sont pas parfaits et qu'il serait aisé de commenter leur imperfection

 

Je ne dirais pas que le système électoral américain est plus démocratique que le notre. Découpages de circonscriptions ahurissants qui donnent aux républicains un avantage énorme, lois électorales qui varient d'un état à l'autre et qui dans les états républicains empêchent les minorités de voter, élection non démocratique du président (par un collège électoral et non au suffrage direct)... Non, ce n'est pas démocratique, et d'ailleurs c'est ce que revendiquent les républicains : ils disent que le régime politique américain n'est pas démocratique mais républicain, et justifient ainsi qu'une voix n'en vaille pas une autre.

En France, le système électoral est par contraste très démocratique. Les électeurs peuvent voter, tout est fait pour que le vote soit simple et les résultats sont proclamés rapidement et quasiment sans contestation. Il y a une confiance générale dans le système électoral, et à juste titre.

Peut-être que ce qui vous dérange, c'est le mode de scrutin, mais ça c'est autre chose. Mode de scrutin majoritaire, qui aboutit à une représentation déformée de l'opinion. Oui, ça c'est un reproche que l'on peut faire au système français - mais ce n'est pas ancré dans la constitution, c'est défini par la loi et cela a évolué au cours du temps. Mais si c'est ça votre reproche, c'est pas mieux aux USA où le scrutin est tout aussi majoritaire !

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  • 26/11/2018 13:03
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"Aux Etats-Unis, une vague démocrate. "

Vous, vous avez tout compris...

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  • 26/11/2018 14:23
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Le problème c'est qu'une vingtaine d'élus démocrates conservateurs (de droite); s'opposent déjà au programme plus progressiste auquel une grande partie s'est ralliée (avec au minimum l'assurance maladie universelle); et font de l'obstruction à l’élection de Pelosi (sans ces voix les démocrates n'auront pas de majorité). Pelosi n'est pas la plus progressiste mais c'est la mieux placée pour remporter la présidence et parvenir à un consensus qui vire à gauche.

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  • 26/11/2018 14:51
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Un clapotis démocrate, tout au plus !

la propagande médiatique US a bien fonctionné "c'était une vaguelette, que dis-je un petit ploc".

relisez l'article peut-être, probablement 40 sièges remportés, une mobilisation démocrate sans précédent depuis les années 70; 10 millions de voix d'avance coté démocrate et plus de 8% d'avance; mais on continuera à nous bassiner que c'est rien du tout. surtout, l'écart entre la soirée éléctorale et aujourd'hui s'est très largement creusé (je me répète).

Sans compter les sièges de gouverneur, les chambres d'état dont la majorité a basculé…

oui!

Excellent résumé factuel, néanmoins je pense qu’il manque plusieurs éléments.

D’abord le clivage au sein du parti démocrate n’a pas grand-chose à voir avec l’idéologie et beaucoup plus avec un fait qui est constamment ignoré lorsque la presse analyse la politique américaine : l’argent. La majeure partie des élus démocrates l’ont été grâce au financement privé issus des lobbies, super PACS, multinationales et milliardaires. Ils ne vont donc rien entreprendre qui menace trop directement ces intérêts. Faire voter des lois ultra populaire (medicare for all, salaire minimum à 15 dollars, new deal vert pour le climat, garantie universelle à l’emploi…) qui de toute façon ne passeront pas face au Sénat républicain constituerait une excellente stratégie électorale pour 2020, comme l’a bien compris Bernie Sanders, mais ce n’est pas l’approche que semble privilégié Nancy Pelosi et le « leadership » démocrate.

Eux préfèrent la méthode du compromis. Or le compromis avec Trump, c’est une vue de l’esprit.

L’autre élément à prendre en compte, c’est le danger dans lequel se trouve la démocratie américaine, avec une cour suprême désormais acquise à la cause conservatrice de suppression du droit de vote des minorités ethniques, un parti républicain que Noam Chmosky dénonce comme "plus grand danger pesant sur l'humnaité" ouvertement raciste et climatoscpetique, et un président Trump déterminé à se placer aux dessus des lois.

Dans ce contexte, ce qui va se jouer au congrès n’est autre que la survie de la démocratie américaine, et par extension, de la planète. Lire à ce propos cet article de « The intercept » : https://theintercept.com/2018/11/13/nancy-pelosi-speaker-trump/

ce que j'en ai compris c'est que Pelosi (plutôt "social-libérale"on va dire); a répondu favorablement aux appels du pied des progressistes, Ocasio-Cortez en tête; sur le green new deal; et pour ce qui est de l'assurance maladie universelle ça fait déja parti du programme majoritaire démocrate. Par contre il y a une vingtaine d'élus démocrates à la droite de Pelosi qui font pression pour qu'elle revienne sur une partie de ces engagements; et sans ces voix elle ne pourra pas être élue; la partie n'étant pour le moment pas encore jouée. La pression populaire sur les élus concernés pourra aussi pas mal jouer (le lobbying citoyen sur les élus est beaucoup plus pratiqué aux USA et donne souvent des résultats).

https://twitter.com/Ocasio2018/status/1065335143529877505

9 Rep / 24 Rep du Problems solvers caucus.

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  • 26/11/2018 20:00
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"Mais les démocrates ne désespèrent pas de (...) donner un statut aux 700 000 dreamers nés aux États-Unis de parents étrangers".

Ils n'ont aucune raison de désespérer puisque toute personne née aux États-Unis est citoyenne américaine même si ses parents sont étrangers (droit du sol).

Le programme Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA), auquel fait référence le nom "dreamers", ne concernait donc pas les enfants nés aux Etats-Unis de parents étrangers.

Ce programme s’adressait aux enfants immigrés (donc nés à l'étranger de parents étrangers) entrés sur le territoire américain avant l'âge de 16 ans, âgés de moins de 31 ans au 15 juin 2012, présents continuellement aux États-Unis depuis 2007, et n'ayant pas fait l'objet de condamnation grave.

C'est ce programme que Trump a remis en cause et que les démocrates voudraient pérenniser.

Une vaguelette chez des démocrates eux-mêmes  divisés si ce n 'est opposés qui ne changent pas grand chose ,hélas .

Pas de mobilisation sans confiance
Pas de confiance sans vérité
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Correction: les Dreamers sont des enfants nés à l'étranger de parents immigrés, et non nés aux Etats-Unis (où, pour l'instant en tout cas, le droit du sol prévaut), comme affirmé dans une première version de l'article.