Les réticences françaises sur le «FMI européen» incomprises en Europe

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Les sénateurs devraient adopter mardi 28 février, sauf surprise, le « mécanisme européen de stabilité » et faire de la France le premier pays de la zone euro à ratifier ce traité. A Bruxelles, les divisions de la gauche française surprennent. Le PS risque-t-il l'isolement en Europe ? Ailleurs en tout cas, les débats sur le MES peinent à prendre. Tour d'horizon.

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Est-ce la fin du feuilleton ? Les sénateurs français devraient adopter, mardi, le « mécanisme européen de stabilité » (MES), une semaine après leurs collègues de l'Assemblée. Les socialistes, majoritaires à la chambre basse, ont reçu pour consigne de s'abstenir. Sauf surprise, la France va donc devenir le premier des dix-sept pays de la zone euro à ratifier ce traité, qui met en place un Fonds commun, censé venir en aide aux pays mal en point, comme la Grèce, à partir de l'été (lire notre décryptage du texte).
Pourtant, les divisions de la gauche française sur ce « FMI à l'européenne » risquent de laisser des traces durables durant la campagne présidentielle, et bien au-delà. Elles devraient surtout compliquer un peu plus la stratégie européenne de François Hollande qui a promis, s'il est élu président, de « renégocier » l'autre traité en chantier à Bruxelles, le « pacte budgétaire ».
«En choisissant l'abstention, il me semble que François Hollande affaiblit sa capacité de négociation avec l'Allemagne. Il brouille son message sur l'Europe. Sa position serait plus forte, pour renégocier, voire remplacer le pacte budgétaire, s'il approuvait le MES», assure Philippe Lamberts, un eurodéputé belge issu des Verts. Comme une très large majorité des élus socialistes et écologistes au Parlement européen, Philippe Lamberts est favorable au MES.