Nicolas Sarkozy ou la peur du monde

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Son slogan est “la France forte”, et Nicolas Sarkozy l’a assuré, sur France Inter, « la France forte, elle, n’a pas peur ! ». Tout dans sa campagne montre le contraire : la peur est le moteur du sarkozysme. Celle des étrangers, celle de la crise, celle de l'insécurité. La peur et, pour la conjurer, un président protecteur. Mais là encore, la fable ne résiste pas longtemps aux faits. En fait, c'est lui qui appréhende le reste de la planète.

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Dans l’interview que Nicolas Sarkozy a accordée à France Inter jeudi 26 avril, il y a ce passage curieux où, après avoir justifié les peurs diverses des électeurs du Front national, et les raisons pour lesquelles il faut les écouter, le président candidat assène : « La France forte, elle, n’a pas peur ! » Ah bon ? est-on tenté de dire. Car si elle n’a pas peur, elle le cache bien, et l’on ne parle pas de l’angoisse de perdre l’élection... La campagne de l’entre-deux tours de l’hôte de l’Elysée est en effet en grande partie bâtie sur la peur des étrangers, après avoir été érigée sur la peur de la crise et de l’insécurité avant le premier tour. Tout cela, ce sont des stratégies de campagne, répliquent les analystes, qui y voient des gesticulations électorales visant à capter l’électorat frontiste. Mais ne s’agirait-il pas aussi de l’aboutissement de ce que l’on a pu observer cinq ans durant dans la gestion des affaires internationales, à savoir un certain effroi du monde au-delà des frontières hexagonales ?