Richard Seymour: «Les députés travaillistes mènent une politique de la terre brûlée»

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Ce sont généralement les partis au pouvoir qui pâtissent le plus d’un référendum perdu. Pourtant, même si les conservateurs britanniques se cherchent un nouveau premier ministre après la démission de David Cameron, consécutive au scrutin remporté par les tenants de la sortie de l’Union européenne (UE), c’est au parti travailliste que la crise la plus profonde a éclaté. Une vingtaine de membres du « shadow cabinet », le gouvernement d’opposition, ont quitté leur poste et, mardi 28 juin les députés ont voté à 80% en faveur d'une motion de défiance contre leur chef de file, Jeremy Corbyn, arguant de ce qu’il n’aurait pas mené campagne en faveur du maintien du Royaume-Uni avec suffisamment d’enthousiasme. Mais est-ce la vraie raison de cette rébellion dans les rangs des élus du Labour, ou ne faut-il pas la chercher du côté d’une revanche des hiérarques du parti qui n’ont jamais accepté l’élection de Corbyn, il y a dix mois, en dépit du soutien que continuent de lui apporter les militants ?