En Côte d'Ivoire, «les manifestations ont cessé. Mais ça bout en dessous»

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L'appel à la grève générale, lancé par le président ivoirien Alassane Ouattara, a été peu suivi, lundi à Abidjan, mais la pression reste vive sur le camp de Laurent Gbagbo. Le président sortant doit rencontrer, mardi, les présidents du Bénin, du Sierra Leone et du Cap-Vert, pour une énième médiation de pays africains. Reportage à Grand Bassam, à une trentaine de kilomètres d'Abidjan, théâtre d'affrontements quasi-quotidiens entre les forces de l'ordre et la population depuis la fin novembre. Un article de Philippe Duval, en Côte d'Ivoire.

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L'appel à la grève générale, lancé par le président ivoirien Alassane Ouattara, a été peu suivi, lundi 27 décembre à Abidjan, mais la pression reste vive sur le camp de Laurent Gbagbo. Le président sortant, qui refuse de reconnaître sa défaite du 28 novembre, doit rencontrer, mardi, les présidents du Bénin, Boni Yayi, du Sierra Leone, Ernest Koroma, et du Cap-Vert, Pedro Pires, dépêchés à Abidjan pour représenter la communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). L'organisation menace de recourir à la force si Gbagbo ne quitte pas le pouvoir de lui-même.
Alors que l'issue de la crise politique et diplomatique reste incertaine, nous publions un reportage réalisé à Grand Bassam, à une trentaine de kilomètres d'Abidjan, sur les terres de Simone Gbagbo, théâtre d'affrontements quasi-quotidiens entre les forces de l'ordre et la population depuis la fin novembre.
Correspondance de Philippe Duval, à Grand Bassam (Côte d'Ivoire)
Grand Bassam, l'ancienne capitale coloniale abandonnée en 1900 par les Français qui fuyaient la fièvre jaune. C'est ici, à 30 km d'Abidjan, la capitale économique, que des femmes ont marché à la fin des années 40, pour secouer le joug colonial. C'est là aussi que dans les années 1990, la fureur s'est emparée du lycée local, avant ceux d'Abidjan, pour réclamer la mise en œuvre du multipartisme.
Ville tumultueuse, concentré de toutes les contradictions de la Côte d'Ivoire, Grand Bassam a aujourd'hui les nerfs à vif. Le 28 novembre, elle a voté Alassane Ouattara et depuis, les affrontements quasi-quotidiens avec les forces de l'ordre ont fait au moins deux morts et de nombreux blessés.