Italie: vers une solution «à la sicilienne» ?

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L'impasse restait totale jeudi soir à Rome, au lendemain du refus de Beppe Grillo de s'allier à la coalition de centre gauche de Pierluigi Bersani. Alors que le scénario d'une grande coalition (centre droit, centre et centre gauche) semble toujours aussi peu probable, les regards se tournent désormais vers la Sicile.

Le Mouvement 5 étoiles (M5S) de l'ex-comique a remporté sur cette île le scrutin régional d'octobre dernier. Depuis, le M5S a choisi de rester dans l'opposition, face à un gouvernement constitué du centre gauche (le parti démocrate de Bersani) allié à un parti centriste (les chrétiens démocrates de l'UDC, l'un des trois partis qui soutenaient l'« agenda Monti » lors des dernières élections).

Au coup par coup, les 15 députés du M5S ont soutenu certains des projets présentés dans cette assemblée de 90 élus, raconte le Financial Times. Dans un entretien publié jeudi dans le quotidien napolitain Il Mattino, le gouverneur de Sicile, le démocrate Rosario Crocetta, estime que l'expérience sicilienne peut « aussi fonctionner à Rome » et plaide pour une alliance lâche entre M5S et PD. Grillo en personne a qualifié mardi le test sicilien de « merveilleux ».

L'hypothèse est également défendue par Nichi Vendola, à la tête du SEL (gauche, écologie et liberté), l'un des partis membres de la coalition emmenée par Bersani. Lors d'une conférence de presse en début de semaine, Vendola a une fois de plus exprimé son rejet d'une alliance avec les partis centristes qui soutenaient l'« agenda Monti ».

Parallèlement à ces débats qui risquent de durer, une nouvelle affaire vient déstabiliser Silvio Berlusconi, l'ex-chef de gouvernement dont la coalition de droite est arrivée deuxième du scrutin, et ajoute à la confusion. Il cavaliere est soupçonné par la justice d'avoir « acheté » en 2006 un sénateur, membre de la coalition du gouvernement d'alors, dirigé par Romano Prodi, pour que ce dernier rejoigne l'opposition et accélère la chute de l'exécutif de centre gauche.

Selon Il Corriere della Sera, l'ancien sénateur en question, Sergio de Gregorio, a confirmé les faits lors de récents interrogatoires. L'enquête est de la compétence du parquet de Naples.