Portugal : l’électricien EDP ne connaît pas la crise

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Héritier d'une économie portugaise cartélisée qui remonte au moins à la dictature salazariste, l'ancien monopole d'État EDP, désormais contrôlé par un groupe public chinois, accumule les profits dans une économie en récession chronique. Cherchez l'erreur.

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Face au Tage, à proximité de l’ancien marché de la Rivière de Lisbonne, le géant portugais du BTP Mota Engil est lancé dans la construction du nouveau siège social de Energias de Portugal (EDP), l’ancien monopole public de l’électricité dont le gouvernement a achevé la privatisation en cédant sa participation de 21,35 % au groupe d’État chinois Trois Gorges. Cet immeuble futuriste d’acier et de verre, conçu par la grande agence d’architecture Aires Mateus, ne va pas seulement bouleverser tout un quartier d’une ancienne zone portuaire que la mairie de Lisbonne veut rendre à la ville et à ses habitants. Il est aussi le symbole de la richesse insolente du groupe dans un pays où le reste de l’économie et la population en général payent un très lourd tribut à la crise.