Ukraine: viols et violences sexuelles comme armes de guerre

Par Ilioné Schultz avec Marie-Alix Détrie (et Maria Varenikova)

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Quand Léna* se réveille, elle ne voit rien. Un bandeau lui cache les yeux et ses mains sont liées derrière son dos. La jeune femme de 22 ans ignore où elle se trouve, mais perçoit, au loin, des bruits et des cris. Léna sent qu’elle est « peut-être dans une cave ». Elle a soif aussi. La panique la gagne. Au point qu’elle se met à hurler. Un garde entre brusquement et la frappe avec un fusil « jusqu’à ce qu’elle arrête », puis s’en va. Le lendemain, toujours privée d’eau et de nourriture, la jeune journaliste hurle encore. Son garde la frappe encore. De temps en temps, il la saisit pour lui faire une injection. Elle transpire alors à grosses gouttes et « perd la notion du temps ». Quand elle n’est pas harcelée, Léna réfléchit, refait l’histoire. Elle se dit qu’elle aurait dû écouter ses amis.