«Les femmes sont-elles mieux traitées en France?»

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  • 28/05/2009 11:32
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Bonjour Merci pour votre entretien. Etant un temps régulièrement allé en allemagne, j'avais eu également cette impression d'une différence entre les deux pays dans la manière d'envisager le travail des femmes et l'éducation des enfants. Mais je ne comprend pas bien votre titre; en tout cas je retiens que ce n'était pas du tout ce qu'avait l'air de dire Madame Schwarzer...Est ce une ironie de votre part? bonne journée
Merci Mathieu pour cet intéressant entretien. En Allemagne, on a longtemps parlé des trois K (Kinder, Kirsche, Küche = Enfants, Eglise, Cuisine) qui ont lourdement marqué l'évolution des femmes. De plus, du moins à l'époque où j'y ai séjourné, les enfants n'avaient généralement école que le matin (l'après-midi étant réservé à des activités sportives ou para-scolaires), ce qui a sévèrement handicapé l'accès des femmes à des emplois qualifiés et leur a fait prendre un sérieux retard en comparaison d'autres pays européens. Et comme en plus l'Allemagne s'est longtemps battue contre un taux de natalité très bas, fort à parier que les femmes n'ont guère été encouragées jusqu'à très récemment à devenir autre chose qu'épouses et mères... D'où, je pense (en réponse à la question de rocapel), l'intérêt de comparer la situation des femmes en Allemagne à celle de la France: si en France, ni équité ni parité ne sont encore respectées dans les faits, en Allemagne, c'est sûrement pire encore car on venait de plus loin !
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  • 28/05/2009 12:50
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Effectivement, Madame Schwarzer, je ne savais pas que l'école à mi-temps était une invention des nazis, honte à moi, car je n'ai pas pu le dire à mes élèves, quand j'enseignais l'allemand, il leur manquait donc une information de taille... Pourrait-on avoir une référence à un ouvrage d'histoire sur ce point? Merci d'avance à qui voudra bien me la donner.
Pour l'école a mi-temps (seulement le matin), il n'y a pas seulement que l'Allemagne : en Irlande, il se passe exactement la même chose. Et aussi peu de crèches et pas d'écoles maternelles du tout - ou alors hors de prix. Les "3K" peuvent s'appliquer aussi ici (ça d'ailleurs été ma 1ere impression en arrivant dans ce pays). Les mères sont mises sur un piedestal au détriment de la "femme". Mais l'Irlande n'a jamais été nazie - et même pas envahie par eux. C'est le modèle de l'Eglise catholique qui joue ici.
Tout à fait Yolaine Maillet, dans d'autres pays catholiques aussi le modèle français d'"abandonner" ses enfants touts-petits dans des crèches est mal vu. Je pense à certains pays d'Europe de l'Est, tout en n'y voyant pas une transposition des 3 K.Mais encore une fois ce modèle français montre sa résistance en période de crise, où les Etats ont du mal à payer de très longs congés maternités. Sur le fond les enfants français sont -ils plus malheureux qu'ailleurs dans l'Europe des 27 ? Il existe des indicateurs, je n'en ai pas sous la main.
“Sur le fond les enfants français sont-ils plus malheureux qu'ailleurs dans l'Europe des 27?”
Mais il y a une autre question que cela pose, peut-être plus importante que celle de savoir si ces enfants qui s'habillent toujours de vêtements aux couleurs sombres et ternes, et qui dès le plus jeune âge ont une approche de critique voire de dénigrement systématique de tout ce qui se présente devant eux, sont plus ou moins malheureux que ceux des autres pays de l'Union:
- Quels adultes deviennent-ils, après qu'ils aient grandi?
Les adultes des autres pays de l'Union, après l'enfance qu'ils ont eue, sont-ils devenus plus ou moins qu'eux, ces éternels adolescents arrogants systématiquement contre tout et qui subissent leurs vies, ou y-en a-t-il parmi ces peuples qui deviennent après une enfance différente, des adultes responsables et tournés vers l'autre et le respect du bien commun plus que du "seul contre tous" français?
La base de la pensée de cette dame est de dire : "les catégories "homme" et "femme" ne sont pas plus "naturelles" que ne l’est la norme hétérosexuelle..." A partir de la comment voulez-vous que la suite ne soit pas chaotique. Un des principaux leitmotiv des leaders féministes est aussi de se plaindre qu'il n'y ai pas assez de femmes au pouvoir dans les entreprises (et ailleurs aussi) et de réclamer des lois pour ça. Par contre comment se fait-il qu'elles n'aient pas les mêmes revendications concernant les mineurs de fond ou les éboueurs par exemple ? Tout les ans dans les "grands" médias on nous dit les femmes ont eu l'an dernier des rémunérations inférieures de 20% à celles des hommes; bien mais c'est vague, volontairement vague; alors je veux bien le croire, mais je le croirai encore plus si on nous disais où, dans quelle corporation, quel métier, etc. Saviez-vous que la moyenne des pensions alimentaires accordées aux hommes (seul 3% en obtiennent une) est inférieure de 25% à celles des femmes ? pourquoi cette différence de traitement... ces hommes là sont-ils plus économes? les enfants qui leurs sont confiés ont-ils moins de besoins? Si l'on faisait une liste des plus et des moins de la réalité bon nombre de gens seraient très surpris et pas forcément dans le sens où l'on voudrait qu'ils aillent Bref on l'aura compris, ces "féministes-cliché" m'indispose.
Interview très intéressante. J'ignorais complètement cette crainte de la "mère corbeau". Et l'origine nazie de l'école pas toute la journée. Et même, j'ignorais ce que l'élection de Merkel avait provoqué dans l'opinion (à l'Ouest ?)
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  • 03/06/2009 19:49
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Je viens de lire les deux premiers articles de cette série, je les ai vraiment trouvé intéressants. Moi aussi je m'aperçois que j'ignore bien des choses sur nos voisins. D'ailleurs Mathieu, je vous suggère d'étendre cette bonne idée de reportage à tous nos pays co-Européens, que nous connaissons probablement tout aussi mal. Pourtant, j'ai moi aussi fait allemand première langue avec échange de correspondants. Lorsque j'étais en 5ème, je suis partie un mois à Bonn. J'allais à l'école avec ma correspondante, et jusqu'à aujourd'hui, je trouvais que la répartition cours le matin / activités (éventuelles) l'après-midi était une répartition judicieuse. Surtout que ma correspondante ne restait pas l'après-midi, ce qui me permettait d'avoir tous les après-midi libres. Je saisis seulement aujourd'hui les conséquences sur la vie professionnelle des femmes allemandes, s'il n'existe pas de moyen alternatif pour l'après-midi.
Mais bien sûr, sherkan qu'il existe des moyens "alternatifs" pour l'après-midi. . J'ai travaillé tous les jours jusqu'à 18h et j'ai recommencé à travailler alors que mon fils avait 4 mois. Je vivais à Hambourg. Et j'avais droit à 2 pauses par jour, que j'avais cumulées pour allaiter, ce que j'ai fait pendant 7 mois, sans autre complément. . L'après-midi, il y avait le "Hort" où les enfants de l'école primaire pouvaient revenir manger et rester jusqu'à 18h. Ils faisaient des activités variées, nous avions organisé des profs de piano et de guitare qui venaient donner des cours dans la salle de musique de l'école primaire, en accord avec la direction. Les enfants n'avaient pas besoin de courir à droite et à gauche... ils faisaient du théâtre etc... Voici une description du "Hort" https://www.elternimnetz.de/cms/paracms.php?site_id=5&page_id=250 que Mathieu a soigneusement évité de mentionner, car son informante, Alice, n'a pas dû lui en parler... toute occupée qu'elle est à démolir les femmes qui ne pensent pas comme elle - et les hommes avec. . Les enfants étant responsabilisés dès l'école maternelle, ils ne vont plus au "Hort" quand ils entrent au lycée - Gymnasium - ou à la Realschule. Ils rentrent chez eux ou vont au sport, ou autres activités. . Mon fils a beaucoup profité de ces moments où il pouvait faire ce qu'il voulait, sa créativité n'avait aucune limite. Puis il est venu en Ile-de-France en 1ère S. Et là, cours jusqu'à 17h... plus de liberté pour pouvoir vivre sa créativité. Une longue pause de midi, il a de loin préféré le système en Allemagne. . Quant à moi, j'ai toujours travaillé à plein temps. Je ne vois pas où est le problème, si on veut, on peut. .
Vous semblez si enthousiaste Etoile66, que l'on pourrait croire que l'Allemagne est un pays idéal, où tout est pour le mieux. Si c'est le cas pour vous, j'en suis sincèrement ravie, et je suis la première à convenir que la France n'a rien du pays idéal en la matière. Cependant je ne peux pas m'empêcher de me demander dans quelle mesure votre cas idyllique est une généralité pour toutes les femmes Allemandes. Votre "Je ne vois pas où est le problème, si on veut, on peut" me laisse un peu pantoise, je vous l'avoue.
Sherkan, il n'y a aucun pays "idéal", loin de là. Mais si l'on compare, effectivement, je trouve que les enfants allemands sont bien mieux lotis. C'est pour moi la raison de la cohésion sociale qui existe dans le pays où il y a le respect de l'autre. C'est encore mieux en Scandinavie.
Tiens, vous avez encore changé le titre de votre article... . Présenter les femmes allemandes à travers Alice Schwarzer, c'est fort, il faut le faire!!! Cette féministe militante ne peut donner une vraie image de la femme en Allemagne, car elle est justement militante féministe. Vous auriez dû interroger d'autres personnes venant d'autres parties de la société, ce qui aurait donné une image plus réaliste... . C'est comme si vous interrogiez Besancenot, Mélanchon ou Le Pen ou de Villiers pour donner à des étrangers ne connaissant pas la France une idée du pays. . Si vous ne vous preniez pas au sérieux ce faisant, ce serait tellement comique... . Les femmes françaises que vous mentionnez maintenant dans le titre, chaque fois que je suis en France, je suis étonnée du stress dans lequel elles vivent. . Le stress permanent de leur corps pour plaire à leur mecs assez machos, le stress permanent de vite apporter leur enfant chez la nounou ou à la crèche pour vite prendre le métro, le RER ou la voiture. . Après le boulot dans le train de banlieue, une grande partie somnole, absolument crevées. Comme elles vivent à ce rythme, elles ne s'en aperçoivent même pas, c'est comme ça la vie... . Les titres des magazines en kiosques frappent quand on arrive de l'étranger, le culte d'un corps idéal pour plaire, la peur de déplaire à son mec, le stress permanent... les régimes recommandés ci et là pour "maigrir"... . C'est fou... Quel "bonheur"...
..Une nouvelle fois un peu VORBEI tout ce que vous décrivez Etoile! Beaucoup d'ados allemands rentrent maintenant à14 heures,prennent un paquet de chips et un Cola et vont traîner à droite et à gauche tout l'après-midi.Beaucoup ont un cours de musique ou de sport mais ils traînent aussi et passent des heures sur internet ou au téléphone. Je le constate de plus en plus lors des échanges avec mes élèves qui sont des ados et les supports que nous utilisons au lycée,livres,dvd,le montrent bien aussi.Tout change! Quant au culte du corps,je suis frappée de voir beaucoup de jeunes allemandes qui picorent pour ne pas prendre un gramme et lisent des magazines qui ressemblent fort à ceux que nous avons. Une nouvelle fois,pas assez de nuances dans ces commentaires,je dirais même que ça fait un peu altmodisch. Pas de problèmes,vous êtes une super nana et votre fameux-quand on veut on peut-si souvent écrit,le prouve une nouvelle fois.
Chère Etoile66, Chacun a sa conception de ce qui est bien, de ce qu'est le bonheur, de ce qu'est l'idéal, etc. Il est évident que votre caractère et votre personnalité se retrouvent mieux dans le modèle allemand et c'est la raison pour laquelle vous avez tendance à le décrire comme préférable. Admettrez-vous un jour qu'on ne partage pas votre façon de voir? Oserais-je vous dire que malgré tous ses défauts et toutes ses imperfections, je préfère en définitive avoir vu mes enfants et petits enfants grandir en France plutôt qu'en Allemagne: question de goût. Point-barre. Relisez-vous, essayez de prendre un peu de recul, que diable! Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous aviez cette préférence qui a, reconnaissez-le, certains caractères lassants à force d'être répétitifs? Vous en devenez provocante ce qui n'est certainement, j'en suis convaincu, votre volonté, au contraire. Tous vos engagements vont dans le sens de la pédagogie. Alors? Excusez-moi, mais, comme dans la chanson à la mode, parfois, chère Etoile66, "vous m'em..."! Sans rancune de votre part, j'en suis sûr!
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  • 04/06/2009 07:20
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J'ai découvert l'expression assez terrible "mamans poules et mères corbeaux", je connaissais "papa poules et mamans coqs". En France après les avancées des années 70 (lois avortement contraception, reconnaissance du viol comme un crime, parité, on est en période de reflus grave. Un des éléments qui accuse ce recul, c'est le travail à temps partiel imposé, mal payé qui concerne essentiellement les femmes mais aussi des hommes dans les professions peu reconnues. En France il faut être la super woman qui assure tout terrain : la bonne mère qui cuisine des légumes frais à ses chers petits et au travail "la collaboratrice idéale, belle et disponible. C'est l'image que nous renvoient les magasines. C'est un peu dur, et finalement c'est au rôle de mère que les femmes sont renvoyées. Je souhaiterais qu'Alice nous parle des femmes dans les entreprises et des femmes dans le syndicalisme en Allemagne : quelles revendications elles portent, comment elles se situent, ça m'intéresserait beaucoup. Merci
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  • 04/06/2009 07:20
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J'ai découvert l'expression assez terrible "mamans poules et mères corbeaux", je connaissais "papa poules et mamans coqs". En France après les avancées des années 70 (lois avortement contraception, reconnaissance du viol comme un crime, parité, on est en période de reflus grave. Un des éléments qui accuse ce recul, c'est le travail à temps partiel imposé, mal payé qui concerne essentiellement les femmes mais aussi des hommes dans les professions peu reconnues. En France il faut être la super woman qui assure tout terrain : la bonne mère qui cuisine des légumes frais à ses chers petits et au travail "la collaboratrice idéale, belle et disponible. C'est l'image que nous renvoient les magasines. C'est un peu dur, et finalement c'est au rôle de mère que les femmes sont renvoyées. Je souhaiterais qu'Alice nous parle des femmes dans les entreprises et des femmes dans le syndicalisme en Allemagne : quelles revendications elles portent, comment elles se situent, ça m'intéresserait beaucoup. Merci
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