Les indépendantistes l'emportent, la Catalogne est fracturée

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Le regain de mobilisation – un taux de participation record à 77,5 %, soit dix points de plus qu’en 2012 – n’a pas fait mentir les pronostics. Comme annoncé depuis des semaines par les sondages, la liste transpartisane Junts Pel Sí (« Ensemble pour le oui »), favorable à l’indépendance de la Catalogne, est arrivée très largement en tête (40 %) des régionales anticipées organisées dimanche. Cette liste, où figure le président sortant Artur Mas (droite), a obtenu 62 des 135 sièges du parlement catalan. Si l’on y ajoute les dix autres sièges remportés par la CUP, une formation anticapitaliste et partisane, elle aussi, d’une « sécession » avec Madrid (elle ne comptait que trois députés jusqu’à présent), l’indépendantisme catalan a réussi son pari : il sort majoritaire, en nombre de sièges (72 sur 135), pour les quatre ans à venir.

En nombre de voix, le tableau est plus nuancé, puisque les indépendantistes ratent la majorité (47,5 %). Or, les indépendantistes emmenés par Artur Mas n’ont cessé de parler de ces élections comme d’un « plébiscite ». Dimanche soir, ils ne l’ont donc pas formellement remporté, et la Catalogne semble plus que jamais divisée, entre tenants et adversaires de la « rupture » avec Madrid. « Les indépendantistes remportent les élections et perdent leur plébiscite », résume El País. Ce qui n’empêchait pas Mas de se réjouir, dimanche dans la soirée : « Le “oui” l’a emporté, mais c’est aussi la démocratie qui a gagné. Nous avons un mandat démocratique (…). Nous avons une énorme légitimité pour aller de l’avant avec notre projet », a déclaré le patron de Convergencia Democratica (droite nationaliste). « Nous disposons du mandat démocratique pour réaliser l’indépendance », a renchéri Oriol Junqueras, patron de l’ERC (indépendantistes de centre-gauche), qui s’était allié à Artur Mas pour l’occasion.