Les interprètes et traducteurs crient casse-langue

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C’est l’un des métiers les plus subtils au monde : interprète de conférence. Jocelyne de Viry, qui dirigeait au siècle passé, à l’Unesco, le service de ces intermédiaires essentiels, racontait comment il leur fallait une culture infaillible – pour restituer, à titre d’illustration, les joutes oratoires de l’historien sénégalais Cheikh Anta Diop s’attachant à prouver que les premiers pharaons étaient noirs. Et ce, doublé d’un sens aigu de la diplomatie – par exemple, prendre le risque, en une fraction de seconde, pour éviter l’irréparable, de seulement traduire « chien », sans y ajouter « fils de chien », dans une diatribe détonante d’un orateur libyen, au temps du bouillant colonel Kadhafi…