Procès de «Cumhuriyet»: les accusés ridiculisent leurs accusateurs

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Istanbul (Turquie), de notre correspondant -. « Quand j’ai lu l’acte d’accusation pour la première fois, j’ai d’abord pensé à l’histoire de la chèvre de Monsieur Seguin, ce joli conte où un loup est décidé à manger la chèvre coûte que coûte et, pour parvenir à ses fins, raconte toutes sortes de mensonges. » Dans la version contemporaine de ce conte, le loup porte la robe noire d’un procureur. La chèvre a différents visages, ou peut-être devrait-on parler d’un troupeau tout entier. Il y a d’abord Mustafa Kemal Güngör, l’auteur de cette analogie, détenu depuis 271 jours, et ses 16 compagnons du journal social-démocrate turc Cumhuriyet, jugés depuis lundi pour avoir soutenu par leurs écrits divers animaux sauvages : les disciples du prédicateur islamiste Fethullah Gülen, impliqués dans le coup d’État sanglant du 15 juillet 2016, les rebelles kurdes du PKK, les militants du groupuscule d’extrême gauche DHKP/C. On peut aussi voir en elle la presse d’opposition, la liberté d’expression, la Turquie tout entière.