Faut-il encenser la «société civile» en Tunisie?

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Le prix Nobel de la paix 2015 a été attribué au « Quartet du dialogue national tunisien », saluant l’exemplarité de la société civile. Mais force est de constater que ce statut de bon élève démocratique ne permet toujours pas à la Tunisie de répondre aux revendications sociales et économiques. Retour sur les enjeux de l’imposition du concept de « société civile » dans le débat politique pour tenter de comprendre pourquoi.

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Le prix Nobel de la paix 2015 a été attribué au dialogue national tunisien dirigé par un quartet regroupant l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica, syndicat patronal), la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et l’Ordre des avocats pour sa « contribution à la transition démocratique en Tunisie depuis la révolution de 2011 ». Plus particulièrement, c’est l’exemplarité de la société civile tunisienne qui a été distinguée par ce prix. Or six ans après le déclenchement du soulèvement populaire, force est de constater que le statut du bon élève démocratique attribué à la Tunisie (remplaçant celui du bon élève économique de l’époque de Zine El-Abidine Ben Ali) ne lui permet toujours pas de répondre aux revendications sociales et économiques des régions de l’intérieur et des chômeurs.