Les crypto-wars (2/3): une drôle de guerre de quarante ans

Par

Depuis plusieurs mois, les autorités américaines multiplient les procédures contre Apple pour tenter de lui imposer d'installer sur ses téléphones un backdoor, une porte dérobée, leur permettant de déchiffrer plus facilement ses téléphones. La société pour l'instant refuse, mais un projet de loi allant dans ce sens est en cours de préparation au Congrès. Derrière ce bras de fer se cache un conflit entre agences et défenseurs des libertés publiques, né à la fin des années 1970.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Le débat sur l’usage du chiffrement, et de son éventuelle limitation, n’a pas lieu qu’en France (voir la première partie de notre série). Bien au contraire, c’est une offensive mondiale. Au mois d’août 2015, le procureur de Paris François Molins, deux de ses collègues, un Américain et un Espagnol, ainsi que le préfet de police de Londres signaient une tribune commune dans le New York Times dénonçant les dangers du chiffrement. « Au nom des victimes de crimes dans le monde entier, nous demandons si le chiffrement vaut vraiment le coup », assenaient-ils. Les auteurs donnaient l’exemple précis d’un fait divers dans lequel les enquêteurs n’auraient pas pu déchiffrer le contenu d’un téléphone retrouvé sur les lieux du crime.