La contestation soudanaise doute de la sincérité des militaires

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Le groupe en pointe dans la contestation au Soudan a déclaré mardi que les militaires qui ont succédé au président Omar Hassan el Béchir ne semblaient "pas sérieux" quant à un transfert du pouvoir aux civils.
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KHARTOUM (Reuters) - Le groupe en pointe dans la contestation au Soudan a déclaré mardi que les militaires qui ont succédé au président Omar Hassan el Béchir ne semblaient "pas sérieux" quant à un transfert du pouvoir aux civils.

"Avec le temps qui passe, les prérogatives du conseil militaire s'élargissent et c'est un grand danger pour la révolution soudanaise", a ajouté Mohammed Naji Elasam, un porte-parole de l'Association des professionnels soudanais (APS).

Le Conseil militaire de transition (CMT) avait déclaré dans la journée être prêt à négocier avec l'opposition sur l'avenir politique du pays tout en demandant l'arrêt immédiat des blocages qui perturbent certaines liaisons ferroviaires et routières.

"Nous sommes prêts à négocier mais plus de chaos après aujourd'hui", a dit Mohammed Hamdan Dagalo, numéro deux du CMT.

Les militaires souhaitent notamment une levée des blocages des trains et de certains ponts par des manifestants qui réclament l'instauration rapide d'un gouvernement civil après la chute du président el Béchir le 11 avril.

Les manifestant observent depuis le 6 avril un sit-in devant le siège du ministère de la Défense à Khartoum, une initiative que les militaires ont promis, mardi lors d'une déclaration devant la presse, de ne pas interrompre.

Cette occupation de rue a été le point culminant de plusieurs mois de manifestations contre Omar el Béchir, poussé au départ après trois décennies au pouvoir.

"Nous n'avons aucun intérêt à disperser le sit-in, l'intérêt du peuple soudanais est d'ouvrir les routes", a commenté le général Salah Abdelkhalek, membre du CMT. "Nous faisons partie de la révolution et non partie de l'ancien régime comme les gens le pensent", a-t-il ajouté, prenant ses distances avec le pouvoir précédent.

L'APS a appelé lundi à une grève générale et à la désobéissance civile à partir de début mai tout en accusant les soldats d'avoir cherché à disperser le sit-in de Khartoum.

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