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Mediapart sam. 1 oct. 2016 1/10/2016 Dernière édition

Jeanne Moreau, en soutien aux Pussy Riot, lit la «Lettre du camp 14 de Mordovie»

30 octobre 2013 | Par La rédaction de Mediapart

Pour marquer son soutien aux deux jeunes femmes du groupe Pussy Riot emprisonnées en Russie, Jeanne Moreau a choisi de lire, sur France Culture et Mediapart, la « Lettre du camp 14 de Mordovie » écrite par Nadejda Tolokonnikova, aujourd'hui mise au secret par le régime russe.

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© Mediapart

Depuis quelques jours, ses proches sont sans nouvelles de Nadejda Tolokonnikova, de son lieu de détention, de son sort, de son état de santé. La jeune femme du groupe Pussy Riot, condamnée avec Maria Aliokhina à deux années de camp pour avoir chanté une « prière punk » contre Poutine dans la cathédrale orthodoxe Saint-Sauveur, à Moscou, a disparu sur ordre des autorités. Après deux grèves de la faim, la jeune femme demandait son transfert de la Colony 14, ce camp de Mordovie hérité du Goulag soviétique. Elle semble avoir effectivement été transférée mais les autorités pénitentiaires n'ont pas rendu public le nom de sa nouvelle prison. Des informations font état du centre de Tchéliabinsk dans l'Oural, mais ne peuvent être confirmées.

Cette situation ne rend que plus importante l'intervention de Jeanne Moreau en soutien aux Pussy Riot. L'actrice a choisi de lire la « Lettre du camp 14 de Mordovie », écrite par Nadejda Tolokonnikova fin septembre, alors qu'elle décidait d'entamer une première grève de la faim, lettre publiée dans son intégralité par Mediapart le 25 septembre. Jeanne Moreau, qui a accepté de lire cette lettre sur France Culture et Mediapart, s'en explique en ces termes : « Je suis révoltée par ce qui arrive à cette jeune femme dont la vie est en danger. Malheureusement, elle n’est pas la seule. À mon âge, je ne peux plus monter sur les barricades. Je  prends la parole sur France Culture et Mediapart pour exprimer ma révolte. Je veux toucher le plus de monde possible pour dénoncer la condition des hommes et des femmes dans le monde. Il faut que les Français fassent attention au Front national et à l’extrême droite internationale. »

L'affaire des Pussy Riot, si elle a donné lieu à une large médiatisation internationale, continue de mobiliser très fortement une partie de la jeunesse russe et la galaxie des différents groupes d'opposition. Car au-delà de la situation des deux jeunes femmes emprisonnées, la « Lettre du camp 14 » a permis de dévoiler les conditions déplorables de détention dans les prisons russes (800 000 prisonniers) sur fond d'impunité de l'administration des camps et de travail obligatoire. Ce débat sur le système pénitentiaire russe, fortement présent sur les réseaux sociaux et les médias numériques russes, s'est depuis élargi avec la perspective d'une loi d'amnistie que doit signer Vladimir Poutine d'ici la fin de l'année pour célébrer le vingtième anniversaire de la nouvelle constitution russe.

Cette intervention de Jeanne Moreau a été rendue possible par l'initiative d'une abonnée de longue date de Mediapart, Bérangère Bonvoisin (lire son blog sur Mediapart ici), qui a transmis à l'actrice la « Lettre du camp 14 de Mordovie ». Nous l'en remercions vivement, tout comme Marie N. Pane, qui a traduit du russe cette lettre, et André Markowicz qui en a fait la présentation.

« Nadejda Tolokonnikova parle pour elle-même, et parlant pour elle-même, elle parle avec les autres – elle parle pour nous, et nous donne confiance. Il faut lire ce texte. Il faut le lire », écrit André Markowicz. Et il faut écouter Jeanne Moreau lire cette voix de la liberté.


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La « Lettre du camp 14 de Mordovie » peut être lue dans son intégralité en cliquant ici ou sous l'onglet Prolonger de cet article.

André Markowicz, qui nous présente cette lettre dans sa version intégrale, est l'un des plus grands traducteurs et spécialistes de la littérature russe. Il y a deux ans, Dominique Conil rendait compte dans Mediapart de son dernier livre : Le Soleil d'Alexandre, une extraordinaire anthologie de la poésie romantique russe et le roman d'une génération brisée par la répression. « André Markowicz, auteur de traductions, illumine la littérature russe », écrivait Dominique Conil.

Lire également notre article : Russie: et s’il se passait enfin quelque chose?

Merci à France Culture de s'être associé à cette initiative.