Notre dossier: Birmanie, la démocratie étouffée

Le coup d’État perpétré le 1er février par la junte militaire a mis fin aux espoirs de démocratisation portés par Aung San Suu Kyi, qui avait cru pouvoir collaborer avec les généraux, au point de rester silencieuse devant le génocide des Rohingyas. Nos articles pour comprendre une décennie manquée.

En Birmanie, la crainte de la guerre civile

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Dans la banlieue de Tamwe à Yangon, des protestataires exhibent leurs armes artisanales. © AFP Dans la banlieue de Tamwe à Yangon, des protestataires exhibent leurs armes artisanales. © AFP

Profitant d’une réponse internationale faible et divisée qui laisse la responsabilité de combattre la junte à un gouvernement civil en exil et aux organisations ethniques armées, les militaires confortent leur mainmise sur un pays livré à lui-même mais uni contre l’armée.

Abandonnée à son sort, une Birmanie unie lutte à mains nues contre la junte militaire 

Par et The Myanmar Photo Project
Dans le quartier de Thuwanna à Yangon le 22 mars 2021. © The Myanmar Project/Mediapart Dans le quartier de Thuwanna à Yangon le 22 mars 2021. © The Myanmar Project/Mediapart

Deux mois après le coup d’État, les services de communication et la circulation de l’information ont été réduits au minimum en Birmanie. Personne n’est épargné par le chaos, alors que l’armée a sorti l’artillerie lourde dans les villes et bombarde les zones rurales.

En Birmanie, la répression s’intensifie

Par et AFP
 © Myat Thu Kyaw / NurPhoto via AFP © Myat Thu Kyaw / NurPhoto via AFP

Plus de cent personnes, dont des enfants, ont perdu la vie samedi 27 mars, lors des manifestations pro-démocratie en Birmanie, provoquant de nouvelles condamnations étrangères. Le régime garde cependant des alliés de poids.

En Birmanie, l’armée mène la guerre contre son peuple

Par Guillaume Pajot
Un soldat à Mandalay le 15 février 2021. © STR/AFP Un soldat à Mandalay le 15 février 2021. © STR/AFP

Depuis le putsch du 1er février, l’armée birmane mène une répression sanglante. Ses cadres se voient comme les gardiens de la nation, l’ultime rempart contre des forces séparatistes qui menaceraient le pays, en particulier les minorités ethniques.

L’armée birmane à l’assaut du mouvement de désobéissance civile

Par et The Myanmar Photo Project
Premier jour de répression à Salin, Haute-Birmanie, où deux personnes ont été abattues et plus d'une dizaine blessées lors d'un assaut de la police, le 3 mars 2021. © Collectif The Myanmar Project Premier jour de répression à Salin, Haute-Birmanie, où deux personnes ont été abattues et plus d'une dizaine blessées lors d'un assaut de la police, le 3 mars 2021. © Collectif The Myanmar Project

Un mois après le coup d’État, des dizaines de manifestants prodémocratie ont été assassinés dans les rues du pays et les images que des médias parviennent à transmettre au monde exposent la machine militaire birmane dans sa terrifiante brutalité. Reportage d'un collectif de photoreporters qui documentent la contestation au risque de leur vie.

Birmanie: comment sortir de l’impasse

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Dans le centre de Yangon, le 25 février 2021, un manifestant tient une banderole suggérant l’implication de la Chine dans le soutien au coup d’État au Myanmar. Le mouvement prodémocratie est enragé par le refus de la Chine et de la Russie de condamner ouvertement le coup d’État au Conseil de sécurité des Nations unies et dénonce l’influence régionale de la Chine au sein de l’Alliance du thé au lait. © Collectif The Myanmar Project Dans le centre de Yangon, le 25 février 2021, un manifestant tient une banderole suggérant l’implication de la Chine dans le soutien au coup d’État au Myanmar. Le mouvement prodémocratie est enragé par le refus de la Chine et de la Russie de condamner ouvertement le coup d’État au Conseil de sécurité des Nations unies et dénonce l’influence régionale de la Chine au sein de l’Alliance du thé au lait. © Collectif The Myanmar Project

Désespérés, des millions de citoyens birmans appellent à l’aide pour renverser le régime du général Min Aung Hlaing, qui replonge le pays dans l’isolement et un quotidien fait de terreur et de privations. Soutien international, embargo, boycott, résistance interne et alliances citoyennes transfrontalières : le point sur les potentielles sorties de crise.

The Myanmar Project: de jeunes reporters témoignent du cœur des manifestations birmanes

Par et The Myanmar Photo Project
Birmanie, février 2021 © Collectif The Myanmar Project Birmanie, février 2021 © Collectif The Myanmar Project

Peu après le coup d’État en Birmanie, un collectif de jeunes reporters venus de tout le pays a commencé à documenter la contestation. Alors que la répression s’intensifie, ils évoquent leurs motivations et conditions de travail.

Birmanie: aux origines du «coup de force» de l’armée

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 © Mediapart © Mediapart

Entretien avec Sophie Boisseau du Rocher et Julie Lavialle-Prélois: elles expliquent les rouages du système ethnonationaliste et militariste de la Birmanie et débattent de la stratégie d’Aung San Suu Kyi, figure critiquée de l’opposition à la junte. 

La Chine se place en position de force en Birmanie

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Si les Occidentaux décidaient de sanctions envers les militaires birmans après le coup d’État, les liens entre la grande puissance régionale et le pays d’Asie du Sud-Est seraient renforcés. Le pays devient de fait une nouvelle ligne de front géopolitique entre Chine et États-Unis.

Les Birmans dans la rue contre le coup d’Etat

Par La rédaction de Mediapart avec l'AFP
Manifestation contre le coup d'État militaire, dimanche 7 février à Mandalay. © STR/AFP Manifestation contre le coup d'État militaire, dimanche 7 février à Mandalay. © STR/AFP

Près d’une semaine après le coup d’État du 1er février qui a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pacifiquement dans plusieurs grandes villes de Birmanie contre le putsch des militaires, à Rangoun et Mandalay. La censure d’Internet se poursuit.

Birmanie: pourquoi l’armée se débarrasse d’Aung San Suu Kyi

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Photo d’archive d'une manifestation de soutien à Aung San Suu Kyi en 2019. © Sai Aung Main / AFP Photo d’archive d'une manifestation de soutien à Aung San Suu Kyi en 2019. © Sai Aung Main / AFP

Icône de la lutte pacifique contre la dictature birmane, elle avait cru pouvoir collaborer avec les généraux pour assurer la transition vers la démocratie. Au point de rester silencieuse devant le génocide des Rohingyas. Les militaires la gardent sous les verrous.

A Bangkok, les manifestants birmans expriment leur colère après le putsch contre Aung San Suu Kyi

Par
Plusieurs centaines de travailleurs et étudiants birmans et thaïlandais et une poignée de moines bouddhistes se sont joints à la manifestation anti-coup devant l'ambassade de Birmanie. © LS Plusieurs centaines de travailleurs et étudiants birmans et thaïlandais et une poignée de moines bouddhistes se sont joints à la manifestation anti-coup devant l'ambassade de Birmanie. © LS

Lundi à l’aube, les Birmans se sont réveillés avec effroi à la nouvelle d’un putsch perpétré par l’armée, qui contestait la massive victoire de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) en novembre dernier. À Bangkok, les immigrés se mobilisent. 

Birmanie: la désillusion des minorités à l’heure du vote

Par Guillaume Pajot
Une supportrice du parti d'opposition USDP, le 6 novembre 2020. © Ye Aung THU/AFP Une supportrice du parti d'opposition USDP, le 6 novembre 2020. © Ye Aung THU/AFP

Les Birmans se rendent dimanche aux urnes dans un pays très divisé. Malgré des promesses d’union nationale, le fossé s’est creusé entre le favori aux législatives, le parti d’Aung San Suu Kyi, au pouvoir depuis 2015, et les minorités ethniques. Les Rohingyas sont exclus du scrutin. Malgré ce bilan, la « Dame de Rangoon » reste populaire, seule alternative aux militaires.

Le calvaire des musulmans de Birmanie

Par Guillaume Pajot
Un des panneaux situés à l'entrée de West Phar Gyi. On lit : « Vous entrez dans un village pacifique, habité uniquement par des bouddhistes. » © G. P. Un des panneaux situés à l'entrée de West Phar Gyi. On lit : « Vous entrez dans un village pacifique, habité uniquement par des bouddhistes. » © G. P.

Il y a un an, plus de 700 000 Rohingyas fuyaient un nettoyage ethnique orchestré par l’armée birmane, dans l’ouest du pays. Depuis les massacres, les autres musulmans de Birmanie vivent dans la peur. Les discriminations s’aggravent contre cette minorité, victime de l’islamophobie de la majorité bouddhiste.

Rohingyas: Aung San Suu Kyi défend l’armée birmane

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Manifestation de soutien à Aung San Suu Kyi, mardi 19 septembre 2017, à Rangoon © Reuters Manifestation de soutien à Aung San Suu Kyi, mardi 19 septembre 2017, à Rangoon © Reuters

Dans son discours destiné à la communauté internationale, ce mardi 19 septembre, l’ancienne icône de la démocratie birmane, telle une politicienne ordinaire, a invoqué une transition démocratique en chantier pour expliquer son inaction face à la tragédie subie par les Rohingyas, dont elle conteste encore la dimension. Et elle invite les exilés à revenir, sans leur offrir la moindre garantie.

Birmanie: Aung San Suu Kyi mettra-t-elle fin aux massacres des Rohingyas?

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Des Rohingyas franchissent la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, le 29 août 2017. © Reuters Des Rohingyas franchissent la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, le 29 août 2017. © Reuters

Alors que près de 400 000 Rohingyas ont choisi l’exil pour fuir les tueries, que l’ONU parle de « nettoyage ethnique » et que les condamnations se multiplient, la première ministre birmane annonce qu’elle prononcera mardi un message de « réconciliation nationale ». Mais est-elle encore crédible ?

Birmanie: Aung San Suu Kyi dénonce un «iceberg de désinformation»

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Plus aveugle que jamais face aux persécutions et aux violences infligées à la minorité musulmane des Rohingyas, et sourde aux protestations internationales, l’ancienne icône de la démocratie se déclare décidée à protéger les droits de « tous les habitants ». Sans dire quand, ni comment.

Birmanie: la dernière chance d’Aung San Suu Kyi

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Une commission internationale constituée à sa demande vient de présenter à la première ministre une série de propositions pour mettre un terme au statut de paria et aux violences infligées par l’armée, la police et la majorité bouddhiste à la minorité musulmane des Rohingyas. Après avoir trop longtemps fermé les yeux, saisira-t-elle cette occasion de sauver son honneur perdu ?

Birmanie: l’honneur perdu d’Aung San Suu Kyi

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Aung San Su Kyi en mai 2015. © Reuters Aung San Su Kyi en mai 2015. © Reuters

Hier icône révérée de la démocratie et des droits de l’homme, le prix Nobel de la paix 1991 partage désormais le pouvoir avec ses anciens geôliers militaires. Elle est inactive et silencieuse, au nom de la raison d’État et de la solidarité avec la majorité bouddhiste, face aux violences qu’inflige l’armée à la minorité musulmane des Rohingya.

Aung San Suu Kyi tentée par l'autoritarisme

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Maintenant que le nouveau gouvernement est en place en Birmanie, la prix Nobel de la paix 1991 cherche à centraliser tous les pouvoirs. Déjà ministre des affaires étrangères et ministre de la présidence, elle vient de se faire nommer conseillère spéciale de l’État. Ses premières décisions laissent perplexe.

Birmanie: le premier président civil depuis 50 ans prête serment

Le président Htin Kyaw, premier dirigeant birman à n'avoir aucun lien avec l'armée depuis plus d'un demi-siècle, a prêté serment mercredi devant le Parlement dominé par les élus de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de la lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. 

Le général qui tient le sort de la Birmanie entre ses mains

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Aung San Suu Kyi et le général Min Aung Hlaing, commandant en chef de l’armée birmane. © Reuters Aung San Suu Kyi et le général Min Aung Hlaing, commandant en chef de l’armée birmane. © Reuters

Alors qu’il avait donné des signes d’ouverture après la victoire sans appel d’Aung San Suu Kyi aux législatives du mois de novembre, Min Aung Hlaing, chef d’état-major de l’armée birmane, tente à tout prix d’empêcher la prix Nobel de la paix 1991 d’accéder à la présidence du pays.

Aung San Suu Kyi à l’épreuve du calvaire des Rohingyas

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La prix Nobel de la paix birmane, dont le parti vient de remporter une victoire électorale éclatante, trouvera-t-elle le courage politique d’imposer à la religion dominante – le bouddhisme – et à l’ethnie majoritaire – les Birmans – la reconnaissance des crimes perpétrés contre les musulmans de l’État de Rakhine ?

Aung San Suu Kyi fait face à un énorme défi économique

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Alors qu’elle a peut-être trouvé l’astuce institutionnelle qui lui permettrait de devenir présidente de la Birmanie le 1er avril prochain, la prix Nobel de la paix 1991 prépare avec les cadres de son parti les réformes destinées à sortir le pays de sa grande pauvreté.

Les artistes birmans se méfient de la démocratie naissante

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Les femmes clones du peintre Min Zaw, Studio Square, Rangoun © Guillaume Delacroix Les femmes clones du peintre Min Zaw, Studio Square, Rangoun © Guillaume Delacroix

Alors que le parti d'Aung San Suu Kyi a clairement remporté les élections du 8 novembre, la scène artistique birmane aimerait profiter de cette victoire. Mais à Rangoun, les peintres et plasticiens expriment leur circonspection, compte tenu des difficultés à travailler librement dans un pays officiellement débarrassé de la censure depuis 2012.

Birmanie: vers un raz-de-marée pour Aung San Suu Kyi

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Aung San Suu Kyi. © Reuters Aung San Suu Kyi. © Reuters

Dimanche 8 novembre, des élections libres se sont tenues en Birmanie, les premières depuis vingt-cinq ans. À Mandalay, deuxième ville du pays, les électeurs n'avaient que le nom d'Aung San Suu Kyi sur les lèvres. Mais même en cas de large victoire, « The Lady » a encore bien des obstacles à franchir pour prendre le pouvoir.

En Birmanie, les parias de la démocratie

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Une femme âgée de l'ethnie Chin, visage tatoué. © Guillaume Delacroix Une femme âgée de l'ethnie Chin, visage tatoué. © Guillaume Delacroix

La question ethnique est l'enjeu numéro un des élections qui se déroulent dimanche 8 novembre en Birmanie. Les militaires, pas plus que les partis d'opposition, ne savent comment faire de la place à l'extraordinaire mosaïque de populations qui composent le pays, ces “voisins de l'intérieur” dont beaucoup ne pourront pas voter.

Les musulmans de Birmanie à nouveau persécutés

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Un corps dans une rue de Meiktila (21 mars 2013) © Reuters Un corps dans une rue de Meiktila (21 mars 2013) © Reuters

La région de Sagaing, au Nord de la Birmanie, a été le théâtre ce week-end de nouvelles exactions commises contre les musulmans, une minorité régulièrement persécutée dans ce pays à majorité bouddhiste. Depuis le mois de juin 2012, près de 250 d’entre eux ont ainsi été tués. Nous republions notre enquête du mois dernier sur cet “extrême bouddhisme” anti-musulman. De notre envoyé spécial en Birmanie.

En Birmanie, une démocratisation sous contrôle

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Trois ans après la libération du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, un an après les premières élections législatives libres et la libération de centaines de prisonniers politiques, l'émission Les Pieds sur Terre (de France Culture) et Mediapart se sont rendus en Birmanie pour une série de reportages.

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