«Et pourquoi moi je dois parler comme toi», un spectacle d’Anouk Grinberg

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« Quand on parle d’art brut, on pense à la sculpture ou la peinture, mais il y a aussi une littérature brute », souligne pertinemment l’actrice et artiste Anouk Grinberg. Elle a rassemblé des textes. Ce devait être un spectacle, mais les représentations ont été annulées. En voici une captation, afin que ces textes « confondants de tendresse, de rage, de drôlerie et de liberté » puissent être entendus.

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Accompagnée du musicien Nicolas Repac, Anouk Grinberg dit les mots de femmes et d’hommes enfermés dans des hôpitaux psychiatriques. Au cours de leur internement, ils ont écrit des lettres, des poèmes, des suppliques pour que le monde ne les oublie pas. Aucun d’eux ne se prenait pour un auteur, ils écrivaient comme on a la pulsion de la vie. « Nous sommes à la racine de l’art, l’art à l’état brut », souligne-t-elle.
Anouk Grinberg a trouvé ces textes dans les archives de musées, dont celles de la Collection de l’art brut, à Lausanne (Suisse), dans des recueils ou auprès de personnels d’hôpitaux psychiatriques. Pour ce spectacle de 58 minutes qui – avant que n’interviennent les mesures sanitaires liées au Covid-19 – devait être joué au Théâtre de la Colline, à Paris, elle a réuni les textes de (dans l’ordre d’apparition) : Ingeborg Bachmann, Jules Pages, Justine Python, Jeanne Tripier, Samuel Daiber, Marguerite Pillonel, Aloise, quelques auteurs inconnus, Charlotte Morin Jego, Aimable Jayet, Emily Dickinson, Henri Michaux, Laure, Joseph Heuer, Wolfli, Odysseus Elytis.