« Être Jérôme Bel », chorégraphe hors norme

Par Tënk & Mediapart

« Je ne juge pas les gens sur leur virtuosité mais sur leur rapport à la danse, leur rapport au monde. » Travailler le corps dans l’espace, c’est la signature de Jérôme Bel, figure majeure de la danse contemporaine depuis le milieu des années 1990. Ce portrait réalisé sur quatre années par Sima Khatami et Aldo Lee souligne sa radicalité, son rapport à la norme et à l’excellence. Ses ambiguïtés aussi. En partenariat avec Tënk, plateforme du documentaire d’auteur.

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« L’opéra, c’est basé sur l’excellence. Toujours. La danse veut que l’on soit toujours meilleur. » Des corps parfaits, majoritairement blancs, souvent blonds, corsetés dans une norme esthétique où s’effacent l’effort, la douleur, le plaisir, les différences. Et voilà Jérôme Bel qui « ne supporte plus le côté normatif de la danse » ; qui veut montrer tout le monde sur scène, voire personne. Et pourquoi pas ? « Je veux qu’on se demande : “Qu’est-ce qui se passe ?” » Cela donne des spectacles où il déconstruit les conventions et où certains crient à l’imposture, quand d’autres saluent l’audace ou le génie.