«Ô mon corps !»: à Alger, la danse est un combat

Par Tënk & Mediapart

Ils sont issus du hip-hop ou du breakdance. Accompagnés par le chorégraphe Abou Lagraa et son épouse, Nawal Aït Benalla-Lagraa, ils seront la première formation de danse contemporaine algérienne. Pendant plusieurs mois, le réalisateur Laurent Aït Benalla a suivi la structuration de ce groupe jusqu’au soir de la première mondiale au théâtre national d’Alger.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Des corps en tension, des corps épuisés, des corps fragiles. Le documentaire de 70 min de Laurent Aït Benalla est un film sur des hommes au travail et en équipe. « Vous êtes onze, comme une équipe de foot », remarque d'emblée le chorégraphe Abou Lagraa face à ces danseurs de rue, « et c'est ensemble que vous gagnerez ». Dans ce documentaire où très subtilement jamais le ballet ne sera montré, le réalisateur s'attache à saisir les moments où ces hommes puisent au fond d'eux le courage de se donner librement, voire de s'affranchir des normes sociales, familiales ou religieuses. De répétitions solitaires en formations plus complexes, ils dansent avec toute leur grâce et leur force afin que toujours « les mentalités s'ouvrent et évoluent ».