«La Ligne de couleur»: comment vit-on en France lorsque l’on est non blanc?

Par Laurence Petit-Jouvet

Des hommes et des femmes, français de culture française, et perçus comme arabes, noirs ou asiatiques, parlent de leur expérience singulière, intime et sociale, d’être regardés comme non blancs et d’avoir à penser à leur « couleur ».

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entretenus par l'oligarchie et la bourgeoisie

s'il n'y avait qu'eux le racisme ne perdurerait pas. Hélas toutes les catégories sociales sont touchées. Comme pour la covid. Mais y a t il un vaccin efficace ?

Hélas toutes les catégories sociales sont touchées.

 

Au cas ou cela vous aurait échappé, ce ne sont pas les prolos ni les français moyens qui programment Zemmour à la télé, ni les débats Darmanin -Lepen sur le service public.....Ceux qui alimentent sont au pouvoir, et depuis un certain temps déjà........ ne rien dire et laisser faire, c'est souvent être d'accord....

Oui, et pour combien de temps encore hélas ?

Sur le fond et l’intérêt du sujet, rien à dire, c’est une belle initiative. Mais c’est quoi ce concept fourre-tout de « non blanc » ? D’abord il faudrait si ça existait vraiment écrire non-Blanc (comme on écrit Noir, Arabe ou Asiatique), mais chacun de ces termes raciaux sont impropres et non-scientifiques. Les Asiatiques comprennent les juifs (des non-Blancs ?) des Indiens qui ont parfois la peau plus blanche que la mienne ? Ou bien plus foncée que la mienne ? des Négritos des Philippines ? Et puis ceux que le Français moyen désigne comme « Chinois ». Que faire des Papous ? des Canaques devenus Kanak ? des Polynésiens ? Les Malgaches sont-ils Noirs ou Jaunes ou entre les deux ? Comme les Blancs n’existent que dans la perception du regard des « Autres » et surtout du Leur, le concept de « non blanc » me semble à prendre avec des pincettes.

Un père d’enfants qui vont du blanc théorique au noir très foncé, en passant par toutes les nuances 

les Kabyles  se définissent pour la plupart comme Blancs par rapport à leurs concitoyens algériens arabes ...

" Indiens qui ont parfois la peau plus blanche que la mienne ? " 

Ces indiens sont souvent ceux qui habitent ou qui sont nés dans la partie nord du pays. Sur le marché des petites annonces matrimoniales, elles et ils ont une plus grande valeur monétaire (la dot) et sont davantage recherchés que les "singes" ou "les paysans" (je reprends le vocabulaire méprisant utilisé dans d'ensemble de l'Asie). 

D'accord avec vous!. Le langage fait sens. 

. Qui est ce blanc fantasmatique? Le modèle bourgeois qu'on voit dans les comédies françaises?... Bel âge, beau minois, belle fortune, bonne éducation, en conformité aussi avec ces figures publicitaires fausses et manipulatrices, qui poussent l'acte d'achat névrotique?..

.Incorpore t'il des français dits de "souche", appellation moderne et assez nauséabonde flirtant avec le parti de Marine? Mais contenant lui même des gens hétéroclites, ruraux, urbains, se disant eux aussi "stigmatisés", par l'âge, le handicap, le chômage, le sexe, la maladie, le poids ! Toutes ces strates de la différentiation sur lesquels s'appuient maintenant de plus en plus de gens, se disant "discriminés", pour expliquer soit leur exclusion, leur sentiment de rejet et d'être envisagé au monde ? La tentation est grande de monter dans un des bus de la différentiation qui est proposé, avec son kit de militantisme, pour affirmer son malheur de se sentir différent, une fois qu'on n'a pas les archétypes du bel homme ou de la belle femme, aussi lisse que sur une couverture de magazine.

Cherchez bien! Arrêtez de vous culpabiliser, de douter de vous! Votre malheur s'explique: Dites moi votre sexe, votre origine, votre âge? Etes vous ménopausées, andropausés ? Il  y a surement un bus de la différentiation dans lequel vous pourrez monter, et des militants qui potentialiseront votre colère, en vous expliquant pourquoi et comment vous vous faites avoir, résolvant par là autant vos questionnements sur votre responsabilité propre, mais aussi, votre part de liberté ! . Le mâle blanc en ce moment n'est pas tendance!. Ne vous défendez pas!. On vous a vu: Hier dans les colonies, aujourd'hui tournant autour des gamines! Votre compte est bon. N'essayer pas de changer de couleur. D'ailleurs c'est même devenu théâtralement interdit.

Tant pis si de loin ou de près vous ne vous sentez en aucune façon attaché à ce portrait robot de vainqueur, que vous trimballez des souvenirs cuisants de mépris comme des gamelles à vos basques, et que certains font la manche dans la rue. C'est de ce sentiment de colère, et d'absence au schéma du pays, qui a abouti au mouvement des gilets jaunes, le retour du refoulé, qu'on ne voulait voir.

C'est un ovni sociologique, qui n'avait pas fait objet d'études, avant qu'il n'apparaisse!. Cela s'est d'abord traduit par un agacement des élites, des journalistes et des intellectuels qui s'est signalé!. Ces blancs là n'avaient  aucune légitimité! Ils ne possédaient pas le profil des discriminés officiels ( banlieues, émigrés et fils et filles d'émigrés) qui les ont d'ailleurs la plupart du temps ignorés, comme s'ils refusaient leur légitimité de révolte autant que le faisaient les élites, pour une fois d'accord!.

Voilà des blancs qui n'entraient pas dans les cases des noirs, et de n'importe quel métissage, et qui ramenaient les mouvements de lutte, bien avant les problèmes dits "identitaires"

"Comment peut on être malheureux quand on est blanc?" faisait écho avec la phrase de Montesquieu "Mais comment peut on être Persan?". Montesquieu que beaucoup gagneraient à relire. "Les lettres persanes" me semblent tout à fait d'actualité. 

"Ces gens de peu" fermant leur gueule jusqu'alors, vivant sur les diagonales du vide, se reconnaissant victimes de la mondialisation, de la désertification du pays refusaient tout à coup leur invisibilité.

"Le concept de transparence", que j'invente pour l'occasion,  me parait avoir de beaux jours devant lui encore, à moins qu'on casse les miroirs, et les leurres de la société du spectacle, qui a toujours besoin de modèles. 

Nos dirigeants, face à ces mouvement insurrectionnels, type "gilets jaunes" rappelant des souvenirs révolutionnaires fâcheux pour eux, préfèrent cent fois les revendications sélectives, et les blessures identitaires, donnant du matériel à tout une frange d'intellectuels et de chercheurs trouvant ce qu'ils cherchaient; Un objet d'études inépuisable, qu'on peut interpréter et alimenter comme on veut, l'histoire et la sociologie n'étant pas sciences exactes, comme le climat actuel le prouve, mais source de déchirement riches en débats sans fin, qu'exploitent habillement nombre de manipulateurs et de démiurges.

Même si évidemment les différences et les clichés  existent,  et que la loi qui fait sens, doit combattre toutes les différentiations, ne vaudrait il pas mieux se concentrer sur ce qui nous unit, au lieu des gratter les croutes, et d'aboutir à une segmentation de la société, avec des clivages et  qui ne pourront que ravir le pouvoir?

 

des Indiens qui ont parfois la peau plus blanche que la mienne

oui! ils sont les descendants, comme les Iraniens, Afghans, Pakistanais, de populations de la Mer Noire qui ont migré vers le SE . Leur nom ? Peuples Aryens. 

Il y a les blancs clairs et les noirs foncés,  être non blanc c'est quoi exactement? dans le monde il y a une variété infinie de couleurs de peau, Alors les non- blancs ils sont quoi ? et  les blancs ils sont tous pareils? il ne seraient désignés que par leur non couleur de peau.

Oui en France et pas seulement il y a du racisme c'est à dire des préjugés contre les gens différents par leur couleur de peau et d'autres choses aussi

La notion de non-blancs a le même  contenu raciste que celle qui pour les racistes désigne les gens différents d'eux 

Le Blanc, c'est le gars qui se pointe à la station Gare du Nord - La Chapelle et qui passe tous les check-points sans être "contrôlé".

C'est vrai mais qu'est ce qu'on fait ? dire que "le blanc" n'est pas contrôlé est un constat, et après , c'est la mise en cause de la police et ce  n'est pas d'aujourd'hui et le clivage non blanc , blanc me paraît ne pas changer grand chose

Oui, c'est un constat que je fais souvent. Parfois je m'arrête devant un de ces "dispositifs" en regardant ostensiblement la scène – à cinq-dix mètres bien sûr, vu que le premier devoir du soldat est de rester en vie –, et il ne m'en jamais rien arrivé d'autre qu'un « Circulez, monsieur ! » poli et "professionnel", sauf une fois : le gradé de la bande a fait mine de fondre sur moi, l'air hyper vénère... comme je revenais de manif syndicale, il m'a suffit d'ouvrir légèrement le blouson en dégageant, mine de rien, mon badge CGT pour que le psychopathe s'arrête net et tourne les talons en grommelant.

Pour faire jouer à plein son privilège blanc, même si on est de la variété des gens qui bronzent à l'ombre (c'est mon cas, lol), il faut se comporter devant les flics comme devant les chiens agressifs : faire front, tout dans le regard... et Insh Allah ! smile

Effectivement. J'ai un ami kabyle qui n'arrête pas de me souler avec ça ... C'est assez déplaisant. 

Remarque qu'on peut appeler de raciste, dans sa simplification outrageuse. Liée sans doute à la frustration et ethno centrée. J'habitais la région de Lorient, ou opère une BAC.  Mes gamins bien blancs n'arrêtaient pas de se faire contrôler. A douze ans la première fois en allant au foot, contrôle du sac, défaire les chaussures;.. Démontage de la bagnole plus tard, mains sur le capot. Je ne suis pas naïf et je nie pas le contrôle au faciès, et nul doute que s'il y  avait plus d'émigrés en Bretagne,  ce seraient eux les plus contrôlés, et que mes gamins auraient été plus pénards. Mais quand il n'y a pas de gens de couleur, on fait avec le blanc. Voilà tout. Cette politique du contrôle est liée à la BAC qui doit faire du chiffre, et obéit à sa manière, selon les archétypes habituels qui devraient bien sûr évoluer....Rappelons que le recrutement d'un flic est sommaire, en France, et se conclut par un diplôme au bout de huit mois d'études, alors qu'il faut plus de trois ans en Allemagne. 

Elle est signifiante des missions de ce service de police, des directives politique, mais en aucune manière des français dans leur ensemble. La gestion policière des gilets jaunes, qui a été le mouvement de protestation le plus opprimé, et de loin, depuis la seconde guerre, et qui est un mouvement de "petits blancs" mais pas que, en est l'exemple type. 

En l’occurrence ici c'est vous qui semblez vouloir à tout prix diviser les gens du documentaire d'avec les gilets jaunes. Le gilet n'est pas une peau, entendons-nous bien!

A nouveau les limites de la méthode journalistique made in MDP

1. Ecraser le sujet par de l'émotion

2. Ca permet d'emporter l'adhésion sans réfléchir ; empathie quand tu nous guide

3. Notamment au fait qu'on a pas besoin d'avoir une couleur de peau pour souffrir du grand capital

4. Parce que, disons la simplement, un cadre black aura toujours une vie plus heureuse qu'un gilet jaune - majoritairement blancs

5. et plus généralement ras-le-bol de ce concours victimaire permanent

6. et son corollaire, le permis de souffrance à points ; tu es méga légitime si tu es femme, black, LGBT etc...

7. il est grand temps de déconstruire cette gauche woke qui a remplacé comme nouveaux damnés de la terre les ouvriers par les immigrés

8. mais pour réfléchir à tout ca, il faut arrêter les reportages bouleversants et sensibles fondés sur l'émotion  (reprendre à 1.)

un cadre black aura toujours une vie plus heureuse qu'un gilet jaune

Aux EU un automobiliste, cadre - Noir, quand il est arrêté pour un contrôle , d'après vous , est il traité comme : un homme ? un cadre ? ou humilié de mille manières parce que Noir ? En France dans une belle voiture il sera soupçonné d'être un vendeur de drogues et connaîtra dans la plupart des cas les mêmes humiliations et il fera attention car il sait ce qu'il risque. (Sauf s'il conduit une voiture diplomatique) . 

"il faut arrêter les reportages bouleversants et sensibles fondés sur l'émotion" : Ah oui !! Evidemment. La censure c'est pratique !! Ces témoignages vous importent peu finalement. Surout ne pas remettre en cause son petit confort personnel. C'est bien plus simple que de se regarder dans le miroir que certains de nos compatriotes nous tendent comme le dit si justement "sergent garcia" ci-dessus .

Avec ce genre de réflexion on va surement avancer !! Ou plutôt : on n'est pas sortis de l'auberge !

Des blancs aussi sont humiliés par la police, dans les manifs les coups de matraque ne choissisent pas, dans les gilets jaunes il y avait des blancs que la police n'a pas ménagé. 

mais pour réfléchir à tout ca, il faut arrêter les reportages bouleversants... ce documentaire m'a permis de réfléchir, ne serait que, au fait de se retrouver "seule" noire, dans une assemblée de blanc, je n'ai jamais pensé à ça...quand au sentiment qui va avec ...impossible de le ressentir en tant que "visage pâle"...Entendre cette jeune femme dire qu'elle attendait de devenir blanche puisqu'elle "travaillait bien" en classe...c'est de l'inimaginable pour un blanc...et merci à Médiapart de nous faire partager cet instant, il faut absolument continuer à informer dans ce sens !!!! Tant pis si ça nous bouleverse ou nous gêne aux entournures !!!L'émotion est ce qui nous reste et la faire resurgir, est une excellente chose !!!Que Médiapart nous "rappelle" les arrestations au faciès" , "le coup sur la g...si le citoyen n'est pas content" il faut le dire, le redire, on oublie bien vite quand on est pas concerné...pour peu qu'on demeure loin de "la grande ville"... provoquer le fait d'être bouleversé, de ressentir un vive émotion ceci s'appelle tout bêtement Être humain...et se souvenir que effectivement l'émotion fait partie de l'humain n'est pas répréhensible !!!

Et vous avez bac+8 parait il avec ce niveaux de reflexions ?

Vous avez du avoir vos diplômes dans une pochette surprise. 

 Il est certain que chaque différence qu'on peut avoir et offrir au monde, peut être transformé en argument victimaire, expliquer aussi de façon facile ses propres difficultés. Pour dire que cette plainte incessante autour de la stigmatisation me fout les glandes. La plus grande discrimination, est elle d'abord sociale, liée au revenu au réseau.

Après, il y aura toujours des cons, de toutes couleurs de peau d'ailleurs. Qui par leur réflexion, en diront plus sur eux que sur ce qu'ils visent. Objectivement, ça me passe dessus. Je refuse d'être conditionné par ces cons, qui vous trouverons trop vieux, trop moche, trop blanc, trop noir, trop petit, trop gros.

Jamais autant de DRH pour vous juger, vous donner une note, dés que vous êtes en maternelle....Jamais autant de soi disant sauveurs pour vous catéloguer, et vous proposer de rentrer dans leur club....Bien sûr, on peut rester dans l'ornière qu'on, qu'ils ont choisi pour vous. . Perso, c'est pas un bon diagnostic pour le reste, car la vie n'est pas tendre pour ceux qui se complaisent en victimes qui grattent les croutes. Le statut de discriminé est intéressant à l'heure actuelle, mais dangereux au niveau ressources propres. C'est certain que les flics font des contrôles au faciès. Ca date pas d'hier.   Le teint mais aussi l'apparence, et l'âge sont les déterminants. Quand on est vieux, on est tranquille. Peut être un peu transparent. Des copines m'ont confié leur trouble, de ne plus être remarqués dans la rue. Je leur ai conseille de faire de la moto.

Il n'y a plus que quand je monte sur ma moto, que je me fais contrôler, une engin lui aussi discriminé. Mais tout est relatif. Prenez tous les jazz men  blacks qui sont venus à Paris dans les années 5O, 60...Ils n'en revenaient pas qu'on leur dise monsieur, qu'ils puissent dormir dans un hotel normal, Miles Davis a écrit de très belles choses la dessus, quand il est venu à Paris,. Le sentiment de respect vient de ce qu'on a vécu avant. Moi qu'est bossé à l'usine à 16 ans, avant plus tard de devenir infirmier, je mesure bien le chemin qu'il faut franchir pour passer du mépris des autres, à leur respect.   

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  • 28/02/2021 10:19
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idem être non noir en Afrique noire , ne pas être asiatique en asie quand on est blanc le problème est partout le même celui de la différence du local !allez voir le racisme anti noir au MAghreb et dans les pays arbes qui les traient en esclave ou sous homme (Libye et Maghreb raciste §°, en Inde , en Asie

 ...vous radotez encore.....la vieillesse, un vrai naufrage......

https://www.liberation.fr/international/moyen-orient/qatar-au-moins-6-750-travailleurs-etrangers-sont-morts-ces-dix-dernieres-annees-20210223_UTURZYPYRVDYTGRSMLHY4CJA3Q/

Les Qataris sont-ils blancs ?

 

Et alors ???? Puis... être anti noir alors que "in" est chez une population majoritairement noire...ça existe aussi !!! L'apartheid n'a pas "tout" résolu en Afrique du sud !!! Et combien de pays où le dominant est l'ancien esclavagiste, l'ex colonisateur qui n'aime pas forcément les "dominés" et que...comme c'est étrange que les dominés" n'aiment pas non plus !!! Résumer au " c'est partout pareille dénote un énorme manque de "savoir"...

Les Qataris sont des "Arabes" ... mais tellement riches que ça ne pose de problèmes à personne. 

 

Le racisme anti-noir au Maghreb justifie le racisme en France ? 

Magnifique, bouleversant

Merci pour ce reportage

Quel film! Sans le savoir, il me manquait!

Merci est un pauvre mot, mais ici, il est extrêmement précieux pour saluer la réalisatrice, les actrices et les acteurs  (Acter, c'est agir).

Ca dépend 

Si vous n'êtes pas pauvre, ça ne pose pas de problèmes. 

Dans les milieux intellectuels, artistiques, ça ne pose aucun problème. 

En fait, le racisme est surtout un problème de niveau social et donc d'argent : si vous êtes perçu comme volant ou faisant baisser des salaires, comme faisant baisser le prix de l'immobilier ou touchant des aides sociales alors que d'autres un peu mieux lotis n'en touchent pas ... alors oui : le "racisme" se déclenche. 

Je me souviens d'un ami, artiste international, qui avait des amis de toutes les couleurs, souvent noirs, qui venaient chez lui ... et les bourgeois du voisinage s'étaient plaints qu'il faisait venir le "tiers monde" dans cette rue ... En fait, de tiers-monde, des artistes américains plutôt riches, pour ne pas dire très riches ... mais les bourgeois de la rue avaient peur que ça ne fasse baisser le prix de leur maison. 

Même problème avec un vestaire pour jardiniers municipaux (en majorité des "Arabes") que la Ville avait voulu installer dans une avenue cossue ... Les riverains ont fait des pieds et des mains pour que la mairie aille installer ses balayeurs plus loin. Dans un quartier dont ils n'entretenaient pas les "zones paysagées" d'ailleurs ... 

La discrimination, je l'ai connu d'abord en pension. Orwell en parle très bien aussi dans ses souvenirs de "saint Cyprien"; En Angleterre, les clivages sociaux ne reposaient pas sur la couleur de peau, mais sur l'accent, cockney, irlandais, de l'east end de London....Les anglais ont une culture de classe et d'exclusion sur fond de mépris qui n'existe pas en France à ce point. Orwell a aussi fait la route, la cloche et les saisons; lire "dans le trimard à Paris et à Londres". Parfois il reprend son accent de la gentry exprès pour mendier deux sous, afin que les gens soient compatissants. La misère vous force à perdre vos pudeurs et votre retenue. Quand je cherchais  du boulot de cueilleur dans le sud, il m'est arrivé de tenter de prendre l'accent de Provence pour que les gens pensent que j'étais du pays et m'embauchent. Tant de naïveté me fait rire maintenant. Mais je préfère toujours me rappeler des bons souvenirs. Le fait d'être étranger est clivant. Beaucoup de gens n'osent pas bouger de leur pays pour ça. La famille, le groupe, les copains, sont des protections au monde. Même si on habite un coin merdique, objectivement, bien des gens s'y cramponnent, ignorant ce qu'ils gagneraient après les épreuves impitoyables

. La route en tout cas est une expérience du contrôle au faciès. Il a fallu que je m'arrête de faire les saisons pour me rappeler que j'étais blanc...Ce qui est vrai c'est que si les gens ont des a priori sur l'origine, l'apparence, la plupart disparaissent au fur et à mesur qu'on les connait, et qu'ils nous reconnaissent dans notre singularité. S'il y a de sales cons, il y a beaucoup plus de braves gens. Mais ce n'est pas marqué sur leur tête. Et l'on est surpris de voir la générosité parfois là où l'on ne l'imaginait pas. Le contraire est fâcheusement vrai aussi. Au delà des postures et du verbe, la réalité de certains est parfois très décevante

"En Angleterre, les clivages sociaux ne reposaient pas sur la couleur de peau, mais sur l'accent, cockney, irlandais, de l'east end de London....Les anglais ont une culture de classe et d'exclusion sur fond de mépris qui n'existe pas en France à ce point."

Cette culture d'exclusion féroce existe aux US, où tu es carrément ostracisé si tu as l'accent sudiste, même (surtout?) si tu es blanc, donc les gens apprennent à le cacher. Tu peux être le plus férocement "de gauche", antifa, si tu as le mauvais accent, tu n'es qu'un plouc incapable, sans avenir aux US, condamné par la petite bourgeoisie de gauche américaine bien-pensante.

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  • 03/03/2021 17:09
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je dirais à ce jeune métis réunionnais que depuis la nuit des temps les êtres humains jugent sur l'apparence, il y quelques décennies être du village distant de 15 kms faisait de vous un étranger , mon cher père breton migrant interne né en 1923 97 ans de vie jusqu'en 2020 , a été traité d'étarnger par mon arrière grand mère née dans l'Oise des campagnes , qu'aurait-elle dit si elle avait vu le reste de la famille des descendants aux multiples origines .

Ainsi va le monde , on juge toujours l'autre , la psychologie ne donne pas du boulot n'en déplaise !

Les castes sociales existent et même en Afrique cela est terrible et là on ne parle pas de racisme , bien qu'il existe profondement , le racisme existe aussi en Afrique du Nord au Sud ne pas être naïf comme en Inde en Asie en Europe de l'Est .. La France n'est pas pire loin de là !

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