«Police, illégitime violence», chronique des abus ordinaires contre les «indésirables»

Par Marc Ball (Talweg Production)

En 2015, des adolescents ont porté plainte collectivement pour violences volontaires contre une brigade de police du XIIe arrondissement de Paris. En suivant leur combat, ce film lève le voile sur les mécanismes de cette violence.

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L'Etat de droit n'est pas d'obéir et de se taire mais de respecter la dignité humaine qui commence par ne pas humilier les gens (Affaire Bouyid, CEDH Grande Chambre).

Point barre.

 

Cette décision, malgré un succès qui reste toutefois très relatif et ne doit pas cacher l'importance d'un phénomène persistant, soulève encore une fois la conformité de l'organisation et du fonctionnement des forces de police et de gendarmerie aux standards européens et la responsabilité de la direction des ces institutions à maintenir une organisation qui accumule les contentieux alors qu'elle devrait les modifier d'elle-même en considération de l'arrête de principe de l'Assemblée plénière de la Cour de cassation, de l'obligation de légalité et de conseil des hauts fonctionnaires et de la déclaration unilatéral du chef de l'Etat devant la Cour européenne des droits de l'Homme engageant les autorités publiques à respecter immédiatement la jurisprudence de la Cour.

 

juste avant la 34° minute  lorsqu'un policier témoigne qu'il ne peut dénoncer les agissements fautifs de ses collègues, je cite  "Soit tu fermes ta gueule soit tu fermes ta gueule,  ces policiers là, fort heureusement ils sont minoritaires, ces policiers là il ne savent pas travailler, ils ne savent pas faire la distinction entre un délinquant et un habitant du quartier et il y a une volonté d'aller directement dans ces quartiers là pour lutter contre les habitants de ces quartiers là ces policiers là ..."

pour lutter contre les habitants de ces quartiers là ?  dit il. la question c'est Pourquoi ? Pour faire respecter la loi ?

Une des réponses nous est donnée dans le film de la part de ce "gardien de la paix" lanceur d'alerte resté toute sa carrière  "gardien de la paix" donc sans avancement, responsabilité et paye, puis retraite à minimum.

Une autre par ce policier qui témoigne qu'un policier qui fait son travail reste invisible, les autres se font voir. Reconnaissance.

La question de l'évaluation est évoquée, je m'excuse de ne pas avoir noté les références ni le moment dans le film. Il me semble pourtant qu'elle est cruciale et qu'il serait vraiment intéressant de la documenter rigoureusement.
Est ce que la promotion est faite sur la qualité humaine du travail effectué, sur le respect de la loi, ou sur le nombre de contravention, donne t-elle lieu à des primes ? pour le service , pour le policier lui-même? à du matériel pour le groupe ?

S'ils demandent à aller dans ces quartiers, parce que c'est facile de faire du chiffre qui va accélérer la promotion et la paye,serait ce parce qu'ils seraient racistes au départ, ou parce que ça gagnerait ! Et la problématique c'est le néolibéralisme d'abord, c'est l'organisation néolibérale de ce service publics qui entretiendrait racisme et mépris de l'autre comme terroir productif de ses idéaux: toujours plus. L'individualisme y a une forme particulière puisqu'ils font corps entre eux contre la société qu'ils sont censés protéger en faisant respecter la loi. Ce n'est plus la loi qui importe mais leur ego de groupe et ce que ça leur rapporterait.

s'il est vrai qu'ils ne sont "que" 20% à imposer la peur aux autres collègues, n'est ce pas qu'ils sont protégés en haut de la hiérarchie ? La norme, c'est le chiffre et la norme passe au dessus de la loi.

Dans la recherche c'est "l'impact factor" qui décide de ce qu'est un bon chercheur, à l'hôpital c'est "la tarification à l'acte" ... le chiffre, mais pourquoi ? au service de quoi ? qu'est ce qui vaut aujourd'hui ?

Dézoomer permettrait d’interroger s'il y a un racisme systémique dans la police qui en profiterait et donc le tolérerait.

par prudence j'avais mis certains propos au conditionnel, mais cet autre article de Médiapart vient confirmer hélas

Des policiers témoignent: «On est obligé d’accepter des instructions illégales»

14 mars 2019 Par Pascale Pascariello

https://www.mediapart.fr/journal/france/130319/des-policiers-temoignent-est-oblige-d-accepter-des-instructions-illegales?page_article=2

"

« Il y a une désaffection pour ce que l’on fait. On doit répondre sans cesse à une politique du chiffre, d’affichage, qui vient servir les intérêts des commissaires. Ils peuvent éventuellement finir dans le corps préfectoral. Ils ont des primes qui peuvent être majorées à la fin du mois en fonction des résultats. »

Tous les policiers ont une part indemnitaire dans leur salaire. Pour les commissaires, il s’agit de l’IRP, l’indemnité de responsabilité et de performance, qui a une part variable, pouvant être majorée de 20 à 40 %, en fonction notamment de la charge de travail, de la mise en œuvre de projets ou d’objectifs annuels à atteindre. 

La politique du chiffre n’a rien de nouveau. Seules ses cibles varient. « Par exemple, on a des “opérations cigarettes”, dans certains quartiers de Paris, pour arrêter les vendeurs à la sauvette. Quel intérêt ? On ne s’en prend pas aux organisateurs du trafic. Autant dire que ça ne sert à rien, si ce n’est à gonfler les statistiques. Le commissaire peut s’enorgueillir d’avoir fait 1 000 GAV dans le mois. » 

Pour Thomas*, ces opérations ne contribuent pas à renforcer le maintien de l’ordre public mais l’affaiblissent. Il décrit le jour où « un fou, armé d’un couteau, avait blessé une passante. Nous avions besoin d’envoyer des renforts sur place pour le maîtriser. Or, les effectifs étaient mobilisés pour interpeler des vendeurs à la sauvette. L’état-major du district nous a fait savoir qu’ils n’en bougeraient pas, puisque c'était une priorité. »

Contrôle au faciès : Déplacement professionnel, 10h00,  la gendarmerie est présente à l'entrée d'un village des Alpilles. Nous sommes trois avec chacun son véhicule, plaques 13.  Le premier tire une remorque très chargée et passe sans contrôle, le deuxième, un ouvrier marocain,  est arrêté et doit fournir ses documents, cinq bonnes minutes,  je suis le troisième, blanc de peau, et je franchis le barrage sur un simple signe de la main !

 

 

C'est ça...

Et j'ignore si ça a trait à la Liberté, a l'Égalité ou à la Fraternité...

Hypocrisie...

Voilà, un exemple parmi d'autres et pourtant si fréquent.

Moi je suis dans le XIIème, pas loin des lieux de ce documentaire, entre le quartier Rozanoff et Mediapart (oui c'est aussi dans Paris 12). Je suis métèque et je n'ai pas été contrôlé -même pas pendant le confinement...- mais ça ne se voit pas au premier regard et surtout on ne l'entend pas si je dis rien (histoire d'accent...)

Et ce qu'on voit dans ce documentaire explique bien pourquoi ce comportement de la police (certes une minorité de policiers, mais une minorité active qui applique, en l'amplifiant,  les instructions du Préfet ou du ministre...), suscite la colère, le désarroi, la violence que parfois ce sont les seuls moyens pour se faire entendre.

Et au fond c'est une Scène (banale) de la vie de quartier!*  et nous oublions que ce sont nos enfants, qu'ils ont fréquenté nos écoles, qu'ils ont grandi dans nos quartiers, pas qu'en banlieue mais dans la ville, qu'ils ont été bercés par notre “culture” et nos chaînes de télévision...! Et, apparemment, nous ne savons pas -comme s'ils ne le méritaient pas- quoi en faire?

Résultat de recherche d'images pour "vendeurs à la sauvette images"

C'est classique, la bourgeoisie a besoin de boucs émissaires, donc elle ordonne à sa police de s'en prendre non aux voleurs (la bourgeoisie aux poches pleines), mais à une minorité, qu'elle diabolise afin de détourner l'attention du peuple. Macron et Zemmour, même combat.
Déjà Robespierre, emmerdé avec sa toute neuve constitution légitimant le droit d'insurrection, a été donc obligé d'accuser d'être des aristocrates le peuple insurgé crevant de faim (vendéens, et Enragés qualifiés de petits vendéens) contre la bourgeoisie républicaine voleuse de terres et de biens. Évidemment cette constitution n'a pas fait long-feu, abandonnée par la droite et la gauche.
Dans l'armée républicaine, il y avait proportionnellement 1200% plus de riches! (bourges et aristos aisés) que dans l'armée vendéenne...

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  • 06/06/2020 10:56
  • Par

Les "indésirables", la bonne blague! Parce qu'il y a des gens qui le sont, vice-versa?

Merci pour ce billet, vidéo et le rappel !

J'ai suivi la progression de cette affaire au moment des faits !

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