Cambodge : les ombres du génocide

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La septième édition de Photo Phnom Penh se déroule jusqu'au 28 février 2015 dans la capitale cambodgienne. Parmi la vingtaine d'artistes présentés, un a particulièrement retenu notre attention : Remissa Mak, qui expose à l'Institut français du Cambodge. Il y a tout juste 40 ans, les troupes de Pol Pot entraient dans Phnom Penh. En trois jours, la ville fut vidée de ses habitants. Remissa Mak avait 7 ans et son témoignage aujourd'hui prend la forme de mises en scène de papiers découpés. Un travail en écho à celui du cinéaste Rithy Panh, dont les figurines de terre, dans l'Image manquante, redonnaient corps aux 2 millions de personnes disparues dans ce génocide.

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  1. Mak Remissa appelle ce travail Leave for 3 Days : « C'est un mot-clé pour faire revenir les souvenirs de mon enfance et plus particulièrement ce 17 avril 1975 quand les troupes des Khmers rouges ont pris le contrôle de Phnom Penh. À chaque coup de feu, un tremblement me parcourait le dos. Les soldats, dont beaucoup étaient très jeunes, ordonnaient aux habitants de quitter leur maison pour seulement trois jours, même les malades des hôpitaux devaient partir sans avoir reçu d'informations claires. Ma famille s'est cachée dans notre maison toute la nuit, espérant que la situation évoluerait. Pour notre malheur, la capitale qui jusqu'alors était si vive et animée, est devenue une ville fantôme. » 

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